Céréales ukrainiennes: Poutine demande le soutien de la Turquie pour exporter
Le président russe Vladimir Poutine a demandé le 2 août le soutien de son homologue turc pour exporter ses céréales et, de facto, contourner les sanctions occidentales, tout en refusant de relancer l'accord d’Istanbul qui permettait les exportations agricoles ukrainiennes. «Compte-tenu des besoins en nourriture des pays les plus nécessiteux, des options sont en cours d'élaboration pour permettre des livraisons de céréales russes. (...) Il existe une volonté de coopérer dans ce domaine avec la Turquie», a indiqué le Kremlin dans un communiqué, résumant la teneur d'une discussion entre M. Poutine et Recep Tayyip Erdogan. D’après l’AFP, qui cite le ministre ukrainien des Infrastructures Oleksandre Koubrakov, de nouvelles frappes russes sur des infrastructures portuaires ukrainiennes sur le Danube ont «endommagé», le 2 août, près de 40 000 t de céréales destinées à l'exportation. Dans un communiqué du même jour, la France a accusé la Russie de faire «délibérément» courir un risque à la sécurité alimentaire mondiale «en détruisant des infrastructures essentielles» aux exportations de céréales. Moscou «ne fait que rechercher son propre intérêt aux dépens des populations les plus vulnérables en faisant monter les prix des produits agricoles et en essayant d'empêcher un de ses principaux concurrents d'exporter ses productions», a réagi le Quai d’Orsay.
Porc: le Vietnam autorise la commercialisation de deux vaccins contre la PPA (presse)
Les autorités vietnamiennes ont approuvé «la commercialisation domestique de deux vaccins fabriqués dans le pays» contre la peste porcine africaine (PPA), indique Reuters le 24 juillet. Ces deux vaccins vivants atténués sont le Navet-ASFVAC (de l’entreprise américano-vietnamienne Navetco) et le Avac ASF Live (du laboratoire Avac Vietnam). Comme le précise l’agence de presse, «plus de 650 000 doses des vaccins ont récemment été testés sur des troupeaux de porcs de 40 provinces, avec un taux d’efficacité de 95%, selon le gouvernement». Ces autorisations pourraient «ouvrir la voie à d'éventuelles ventes à l'étranger», ajoute Reuters, notant que le ministère vietnamien de l’Agriculture a demandé aux fabricants de «préparer des plans de production pour les ventes domestiques et pour l’export». Dans un entretien à l’agence de presse, le secrétaire d’État américain à l’Agriculture Thomas Vilsack s’est dit «probablement intéressé» par des achats de précaution. Le vaccin Navet-ASFVAC a été une première fois homologué en juin 2022, avant d’être suspendu en septembre après la mort de «douzaines de porcs». Selon un autre article de Reuters, le vaccin avait été administré «à des porcs qui n'étaient pas censés être inoculés, comme les truies gestantes», explique le ministère américain de l’Agriculture (USDA), qui a validé les données d’essai vietnamiennes.
Prix alimentaires: vers une «décrue» fin 2023 si l’énergie reste stable (Crédit agricole)
«Si les prix de l’énergie restent stables, on assistera cette année à une modération des prix alimentaires», prévoit une note économique du Crédit agricole publiée fin juillet. «L’inflation alimentaire pourrait ainsi diminuer de moitié d’ici à la fin de l’année», à 7,5% en décembre contre 14,3% en mai (sur un an), indiquent ses analystes, reprenant une récente prévision de l’Insee. Le groupe bancaire «veut croire que les données de mars-avril 2023 [de l’Insee] annoncent le reflux», alors que la croissance des prix alimentaires est passée de 15% en avril à 14,3% en mai. Le Crédit agricole s’appuie également sur l’indice PGC (Produits de grande consommation, calculé par IRI Circana), qui a connu un «premier fléchissement» au mois de mai. Pour la banque, les deux moteurs du reflux sont d’abord l’«effet de base» (pic des prix de l’énergie atteint «fin 2022»), puis des «renégociations de plus en plus actives sur les intrants matières premières». Pour l’heure, celles-ci ont été «lentes», notamment en raison «de la durée de liquidation des stocks constitués au plus haut» de l’inflation. Dans ce contexte de flambée des coûts de production, «les produits agricoles d’origine française ont partiellement bénéficié du dispositif des lois Egalim (non-négociabilité de certains prix agricoles)», notent les économistes du Crédit agricole.
Soulèvements de la Terre: référé suspension déposé, jugement le 8 août
Le mouvement Les Soulèvements de la Terre (SDT) a annoncé sur Twitter avoir déposé, le 28 juillet, deux requêtes devant le Conseil d’État pour contester sa dissolution. Il s’agit d’un référé suspension et d’un recours au fond, détaille le collectif sur son site web. Le référé suspension vise à obtenir en urgence une suspension provisoire de la dissolution, tandis que le recours au fond – dont le traitement prend plus de temps – tranchera sur le sort définitif de SDT. La dissolution du mouvement avait été prononcée en Conseil des ministres le 21 juin, peu après l’arrachage de cultures maraîchères près de Nantes et trois mois après de violents affrontements lors d’une manifestation «anti-bassine» à Sainte-Soline (Deux-Sèvres). L’audience sollicitée par SDT devant le juge des référés aura lieu le 8 août, a annoncé le Conseil d’État le 2 août. Trois autres demandes similaires seront traitées en même temps, dont une portée par le parti politique EE-LV (Europe Écologie - les Verts).
Vin: face au mildiou, le Modef demande à l’État d’activer la solidarité nationale
Face à l'épisode de mildiou qui frappe notamment le vignoble bordelais et au refus des assureurs d'indemniser les exploitants touchés, le Modef a estimé le 2 août que «l'État n'est pas à la hauteur de cette catastrophe». «Plus de 90% du vignoble est touché» en Gironde, et des surfaces sont «déjà condamnées à ne pas être vendangées», selon un communiqué du syndicat réclamant l’intervention de l’État via la solidarité nationale. La fédération des assureurs a fait savoir que la perte de récolte provoquée par la maladie n'était pas couverte par le contrat multirisque climatique en vigueur. Pour le Modef, la réforme de l'assurance récolte introduite par la loi du 2 mars 2022 «montre déjà ses limites». Le syndicat «demande en urgence» d'activer le «troisième étage» du nouveau dispositif, celui des aléas exceptionnels, qui déclenche une intervention de l'État via la solidarité nationale, y compris pour les agriculteurs non assurés. Les difficultés liées au mildiou amplifient «une grave crise économique», poursuit le Modef. En cause, une «surproduction», d’après le syndicat qui fustige «des choix désastreux pris par l’État comme la fin des droits de plantation remplacés par des autorisations permettant l’accroissement du vignoble français et européen».
Sucre: porté par la hausse des cours, Tereos enregistre une hausse de son CA de 23%
Au cours du premier trimestre de son exercice 2023-2024 (avril à juin), le groupe sucrier Tereos a enregistré un chiffre d’affaires de 1,68 Md€, en hausse de 23% par rapport à la même période l’année passée, a annoncé l’entreprise dans un communiqué du 2 août. «Les résultats sont portés par la hausse des prix du sucre, des produits amylacés et dérivés et des produits sucrants et par la bonne exécution de la stratégie de couverture et de pilotage des coûts qui permettent toujours au groupe de protéger ses marges face à un environnement de forte inflation», précise le communiqué. Dans le détail, la division Sucre et renouvelables a vu son chiffre d’affaires progresser de 25% en Europe et de 35% au niveau international. Tereos précise néanmoins que le prix de l’éthanol a quant à lui présenté «une baisse par rapport à l’année dernière liée au niveau de prix mondial du pétrole ainsi qu'à des effets temporaires concernant la politique fiscale locale sur les carburants». Quant à l’activité de la division Amidon, produits sucrants et renouvelables, elle s'affiche en hausse de 15%, le groupe mettant en avant sa «bonne stratégie commerciale qui a conduit à une évolution des prix de vente qui compense celle des coûts de production». La dette nette du groupe est pour sa part en hausse de 381 M€ par rapport au 30 juin 2022, à 2,75 Md€, en raison de «la forte hausse des prix des matières premières et de l'énergie».
Légumes: les ventes de Bonduelle progressent grâce à des prix revalorisés en 2022-2023
Malgré le contexte inflationniste et géopolitique troublé, le chiffre d’affaires de Bonduelle a progressé de 9,2% sur l’exercice 2022-2023, après une croissance de 4,7% au troisième trimestre, a annoncé le groupe dans un communiqué le 1er août. «Les revalorisations de prix obtenues, et rendues nécessaires par l’augmentation des différents postes de coûts, ont supporté la croissance en valeur et permis de préserver les marges», précise Bonduelle. Au 30 juin 2023, les ventes s'établissent à 2,4 milliards d'euros. La progression est portée par les surgelés (+16,5% à taux de change et périmètre constants) et les conserves (+13%). Les activités à marque en conserve affichent une baisse en volume, mais préservent leurs parts de marché. Les activités MDD sont en retrait plus limité. Les surgelés affichent une croissance en volume, grâce à la RHD. Le frais prêt à l’emploi a été plus disputé et recule de 5,4%, à cause des salades quatrième gamme. L’Europe (62,7% de l'activité) progresse de 11,6%. La zone hors Europe affiche un recul de 5,8% pour diverses raisons: repli du frais prêt à l’emploi et «crise agronomique liée à une maladie des végétaux» en Amérique du nord, contexte géopolitique sur la zone Eurasie. Bonduelle confirme «ses objectifs d’amélioration de résultat opérationnel courant ainsi que de marge opérationnelle courante pour l’exercice».
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.