NBT: l’Anses dénonce des critères fixés «sans justification biologique»
Dans un avis publié le 21 décembre, l’Anses considère que les critères proposés par la Commission européenne en vue de distinguer les différentes catégories de plantes issues des nouvelles techniques de sélection génomique (NBT) ont été décidés «sans signification ou justification biologique». Dans sa proposition de règlement, toujours en cours de discussion au sein des institutions européennes, Bruxelles prévoit deux catégories de NBT: la première pour des modifications génétiques affectant 20 nucléotides au maximum qui seraient jugées comme équivalentes aux plantes conventionnelles et la seconde couvrant les modifications plus importantes qui relèveraient alors de la directive OGM. Mais pour l’Anses «la seule taille de la modification ne renseigne en rien sur ses conséquences fonctionnelles». Des modifications beaucoup plus courtes que la limite de 20 nucléotides peuvent être à l’origine de changements très important des caractéristiques d’une plante, indiquent les experts de l’Anses. A l’inverse, ils estiment aussi que cette limite devrait être d’autant plus élevée que les génomes sont de grande taille. Des critiques saluées par l’eurodéputé social-démocrate Christophe Clergeau qui rappelle dans un communiqué que «ce sont les conséquences des modifications génétiques qu’il convient d’étudier pour juger de l’innocuité d’une plante issue des NBT». La commission de l’Environnement du Parlement européen, où il siège, doit adopter sa position sur ce dossier le 11 janvier.
Géoingénierie solaire : les recommandations de l'observatoire français Climat et Défense
Dans une note de synthèse, récemment publiée par l'Observatoire Climat-Défense, sur les enjeux de la géoingénierie solaire, l'Iris (cercle de réflexion) et la DGRis (direction générale des relations internationales) mettent en garde contre les risques liés au déploiement de ces technologies, et font six recommandations au ministère des Armées. D'une part, ils plaident pour intégrer cette technologie aux stratégies de défense et au positionnement de la France dans les discussions internationales. D'autre part, ils proposent d'améliorer les connaissances sur le sujet, pour évaluer les «opportunités et risques» pour la France» et «anticiper la capacité de différents acteurs à maintenir une avance technologique leur permettant de déployer unilatéralement la technologie à grande échelle». Le rapport porte sur quatre techniques (éclaircissement des nuages marins, amincissement des cirrus, injection d'aérosols stratosphériques, miroirs spaciaux) - et seul l'éclaircissement des nuages marins n'est pas associé, par les auteurs, à une «réduction des rendements agricoles». Dans une étude parue en 2018 sur les effets de l'injection d'aérosols stratosphériques pour les rendements agricoles mondiaux, des chercheurs avaient calculé que les effets négatifs des techniques (ex. perte de luminosité) annulaient leurs effets positifs (ex. atténuation des hausses de température). Plus largement, le rapport de l'Observatoire Climat-Défense souligne les risques liés à «l'impossibilité» de mettre un terme à leur déploiement sans «provoquer une hausse brutale des températures», telle que «les sociétés humaines, et une partie des écosystèmes ne parviendraient pas à s'y adapter».
Légumes: collaboration entre Space X et les producteurs de Murcie pour produire sur Mars
L’Association des producteurs-exportateurs de fruits et légumes de la région de Murcie, en Espagne (Proexport) a annoncé la signature d’une collaboration stratégique avec SpaceX en décembre, rapporte la revue espagnole Mercados. L’objectif est d’explorer conjointement les possibilités de culture de légumes sur Mars, avant 2030. Des experts en agronomie et en technologie spatiale d'Espagne et des États-Unis rejoindront l'équipe de travail, pour travailler sur les défis posés: composition des sols, disponibilité en eau et en oxygène, rayonnement solaire. «Les conditions extrêmes d'aridité des sols et de sécheresse permanente, ainsi que les fortes restrictions d'utilisation d'engrais et de produits phytosanitaires auxquelles nos producteurs sont confrontés, ont convaincu Elon Musk et Space X. C'est un défi incroyable de produire à l'avenir de la laitue, du brocoli, des tomates ou des poivrons sur Mars », a déclaré le directeur général de Proexport, Fernando Gómez. Les parties prenantes espèrent aussi que leurs travaux bénéficieront à la recherche scientifique sur l'agriculture de précision et les solutions aux effets du changement climatique sur la production de fruits et légumes sur Terre. Plusieurs start-up et équipes de recherche travaillent déjà à travers le monde sur la production agricole sur Mars, dont les start-up françaises Interstellar Labs et Orius, accompagnées par le Cnes pour développer des modules de production autonomes, ou les chiliens de Plantsat qui testent des conditions de culture à faible pesanteur dans un nano-satellite.
Vin : l’aide à la restructuration du vignoble se calcule à la «parcelle culturale» (Conseil d'Etat)
Dans une décision le 22 décembre, le Conseil d’État a validé le recours de Jean-Paul Bernard, viticulteur à Vailhauquès (Hérault), contre FranceAgriMer au sujet de l’aide à la restructuration du vignoble : son montant doit être recalculé à la «parcelle culturale» et non cadastrale. La demande de subvention concernait 3,40 ha, répartis sur deux parcelles cadastrales. Seule une partie des surfaces était primable, le viticulteur n’ayant pas tout replanté. Contestant le taux de sous-réalisation des travaux retenu par FranceAgriMer, M. Bernard avait eu gain de cause le 26 septembre 2019 devant le tribunal administratif de Montpellier. FranceAgriMer avait gagné en appel le 21 octobre 2021. Le Conseil d’Etat donne finalement raison au viticulteur. Pour apprécier l’écart entre les surfaces indiquées dans la demande d’aide et les surfaces effectivement plantées, il convient de «mesurer cet écart à l’échelle de la parcelle culturale» et non de faire une comparaison parcelle cadastrale par parcelle cadastrale, selon la décision du 22 décembre. Une parcelle culturale est «une parcelle en vigne plantée ou à planter d’un seul tenant avec la même variété et les mêmes écartements entre rangs et entre pieds».
Installations : après un rebond post-Covid en 2021, elles se sont maintenues en 2022 (MSA)
Après une dynamique baissière depuis 2017 et un rebond post-Covid en 2021, les installations d’exploitants agricoles ont continué d’augmenter, plus modérément l’an dernier, a indiqué le 19 décembre la MSA. Leur nombre a été de 14 132 en 2022, soit une hausse de 1,6%, après celle de 11,2% en 2021 et les baisses de 2019 et 2020 (respectivement -2,8% et -6,7%). Les jeunes installés (40 ans et moins), à +1,7%, contribuent à cette croissance. Ils représentent 70,2% du total. Encore plus dynamiques, les installations tardives ne résultant pas d’un transfert entre époux affichent +2,9% (+14,8% en 2021), pour atteindre 25,8 % des effectifs. Des disparités existent selon le territoire: si les installations grimpent dans le Grand Est (+12,5 %), la Bourgogne-Franche-Comté (+8,8%), les Hauts-de-France (+8,1%), elles reculent en Ile-de-France (-20,3%) et dans la région Sud (-13,4%). Le taux de féminisation des installés s’établit à 39,6% (39,4% en 2021), avec une hausse chez les jeunes. Autre tendance, la pluriactivité est en augmentation. Cela concerne 39,2% des installés (36,3% en 2021). Le taux de pluriactivité chez les 40 ans et moins représente 37,9% pour les hommes (36,2% en 2021), 35,4% pour les femmes (31,9% en 2021).
Orge : reprise des exportations australiennes vers la Chine, après trois années de froid
Le ministère du commerce australien s’est félicité, dans un communiqué début décembre, de l’importation par Pékin de 314 000 tonnes d’orge australienne, pour une valeur de 139 millions de dollars australiens (environ 85 M€) depuis la levée en août de droits de douane de 80,5 % imposés en 2020. Cette reprise des échanges entre les deux pays a été saluée par les agriculteurs australiens, soulagés de retrouver un marché qui rapportait avant 2020 près d’un milliard de dollars australiens par an et absorbait plus de 50 % des exportations d'orge du pays. CBH Group, coopérative australienne rassemblant plus de 3 500 céréaliers, a ainsi «envoyé deux cargaisons d’orge à la Chine» dans les deux mois suivant la réouverture du marché, souligne un rapport du groupe. Entre la Chine et l’Australie, l’hiver diplomatique a duré près de trois ans. En 2018, le gouvernement australien avait exclu le groupe chinois Huawei du réseau 5G du pays, puis demandé une enquête internationale sur les origines du Covid-19 en 2020. En réponse, la Chine avait notamment imposé des droits de douane élevés sur des exportations australiennes clés (orge, bœuf, vin). L’un des grands perdants de cette réconciliation risque d’être la France, qui avait profité de la brouille pour expédier la majorité de sa production vers la Chine.
Produits laitiers : Danone se sépare de deux marques bio aux États-Unis
Le géant agroalimentaire Danone a annoncé, le 2 janvier, la vente de ses deux marques américaines de produits laitiers bio, Horizon Organic et Wallaby, au fonds d’investissement Platinum Equity. Ces deux marques ont représenté 3% des ventes globales de Danone en 2022. Le groupe a réalisé 27,6 milliards de chiffre d’affaires cette année-là. La vente d’Horizon Organic et Wallaby s’inscrit dans la stratégie du groupe visant à se séparer des activités «non essentielles». Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé. Les deux marques — spécialisées dans le lait, les yaourts, les fromages et le beurre — affichent une rentabilité moindre. Cette cession devrait permettre au groupe de se concentrer sur «des marques fortes, centrées autour de la santé» et de «réinvestir dans les segments de croissance prioritaire», explique un communiqué de Danone. En France, le groupe est en négociation avec CTH Invest (holding belge liée à Ferrero) pour la vente de Michel et Augustin, a-t-il annoncé début décembre. Le bio a connu une forte croissance ces dernières années aux États-Unis et les ventes ont augmenté de 12% en 2021. L’inflation alimentaire freine toutefois la tendance: plus de 20% des Américains envisageaient de réduire leurs achats de produits bio en 2023.
Elevage: ouverture de la campagne de télédéclaration des aides animales
Dans un communiqué paru le 2 janvier, le ministère de l'Agriculture rappelle aux agriculteurs que la procédure de télédéclaration de la plupart des aides animales est ouverte depuis le 1er janvier pour la campagne 2024. Cela concerne les aides ovines, l'aide caprine, l'aide aux petits ruminants en Corse, les aides bovines, l'aide aux veaux sous la mère et aux veaux issus de l’agriculture biologique. Dans le détail, la campagne est ouverte jusqu’au 31 janvier 2024 pour les aides ovines et caprine ou petits ruminants, et jusqu’au 15 mai 2024 pour les aides bovines et l’aide aux veaux sous la mère et aux veaux issus de l’agriculture biologique. Dans les départements d’Outre-mer uniquement, l’aide au développement et au maintien du cheptel allaitant est soumise à un calendrier différent: la télédéclaration sera ouverte du 1er mars et jusqu’au 17 juin 2024.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions durant les fêtes de fin d'année
En raison du ralentissement de l'actualité durant les fêtes de fin d'années, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'au 1er janvier. En vous remerciant de votre compréhension.