Agrafil du 3 juin 2024

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Viandes/RHD: nouveaux projets de décret en vue sur l’affichage obligatoire de l’origine

Le gouvernement va publier «très prochainement» deux nouveaux décrets instaurant l’obligation d’afficher l’origine des viandes ovines, porcines et de volailles servies en restauration hors domicile (RHD), a indiqué Odile Cluzel, de la DGCCRF (Fraudes), le 30 mai. «Cette obligation est suspendue depuis le 29 février, mais va être rétablie très prochainement», a déclaré la sous-directrice des produits et marchés agroalimentaires lors d’une audition de la commission d’enquête sur la perte de souveraineté alimentaire de la France. Après les viandes bovines en 2002, l’Hexagone avait mis en place, en janvier 2022, l’obligation d’afficher l’origine des autres viandes. Comme le rappelle la fonctionnaire, à l’époque, «la Commission européenne s’apprêtait à réviser le règlement Inco (information des consommateurs sur les denrées alimentaires) et avait demandé que cette obligation soit prévue pour une durée limitée». Deux ans après, «la Commission n’a pas encore lancé les travaux de révision», note-t-elle, poussant Paris à notifier deux nouveaux projets de décret (l’un sur les restaurants, l’autre sur les «dark kitchen»). La période de «statu quo» ouverte par cette notification s’est achevée le 29 mai. Très attendus par les professionnels, ces textes vont donc pouvoir être publiés afin de «maintenir de manière durable cette obligation d’information des consommateurs», selon Mme Cluzel.

Influenza aviaire: aux États-Unis, un troisième cas humain lié aux bovins

Une troisième personne a été infectée par la grippe aviaire aux États-Unis, dans le Michigan, en lien avec une épizootie d’influenza aviaire chez les vaches, ont annoncé les autorités sanitaires américaines le 30 mai, en soulignant que le risque pour la population américaine restait toutefois «faible». Comme pour les deux premiers cas (déclarés le 22 mai et le 1er avril), cette personne travaille dans une ferme et était dans ce cadre exposée à des vaches infectées, ont déclaré les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). Mais alors que les deux premiers patients avaient seulement présenté des symptômes bénins aux yeux, cette troisième personne a en plus rapporté des symptômes «plus typiques» d'une maladie respiratoire, dont de la toux (sans fièvre), ont-ils détaillé. Cette personne a été soignée avec un médicament antiviral (oséltamivir), s'est isolée chez elle, et «ses symptômes sont en voie d'amélioration», ont ajouté les CDC, précisant que ses proches ne présentaient pas de symptômes. Compte tenu de la propagation du virus (69 foyers dans neuf États, selon l’USDA, le ministère américain de l’Agriculture), la découverte de ce nouveau cas n'est «pas surprenante», tout comme le serait celle de cas supplémentaires à l'avenir, selon les CDC.

Nutrition animale: Bruxelles ouvre une procédure antidumping sur les importations chinoises de lysine

Dans un avis publié au Journal officiel de l’UE le 23 mai, la Commission européenne annonce l’ouverture d’une procédure antidumping concernant les importations de lysine, acide aminé utilisé comme complément alimentaire dans la nutrition animale, originaire de Chine. Bruxelles justifie l’ouverture de cette enquête en raison de l’existence de distorsions significatives affectant les prix, les coûts et des éléments provenant de l’industrie européenne mettant en évidence des pratiques anticoncurrentielles par des producteurs chinois. L’enquête portera sur la période comprise entre le 1er janvier et le 31 décembre 2023, et sera menée dans un délai d’un an ou au plus tard quatorze mois après la publication de l’avis. L’ouverture de cette procédure fait suite à une plainte déposée le 8 avril par Metabolic Explorer (MetEx), entreprise française qui est la seule dans l’UE à produire de la lysine sur son site d’Amiens. Metex est par ailleurs à la recherche d’un repreneur en raison de difficultés économiques imputées par la société au dumping exercé par les producteurs chinois.

Climat: objectifs d'aide des pays riches aux pays pauvres remplis avec deux ans de retard

Les pays riches ont atteint en 2022 leur objectif d'aide climatique annuelle de 100 milliards de dollars pour les pays pauvres, avec deux ans de retard sur l'engagement pris en 2009, a confirmé l'OCDE le 29 mai. Les pays riches, principaux responsables historiques des émissions de gaz à effet de serre, s'étaient engagés en 2009, sous l'égide de la Convention des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique (CNUCC), à porter au chiffre rond de 100 milliards de dollars par an leur aide climatique d'ici 2020 et jusqu'en 2025. Ces fonds servent en majorité à financer la décarbonation de l'énergie et des transports, ainsi qu'à aider les pays pauvres à sécuriser leur approvisionnement en eau, notamment pour l'agriculture, à reforester et à des travaux d'assainissements, afin de s'adapter aux conséquences des phénomènes climatiques extrêmes. Mais le retard pris est devenu un motif de tension majeur, voire de blocage, dans les négociations internationales. Nombre de pays en développement conditionnent leur sortie progressive des énergies fossiles aux efforts financiers des pays riches, vus comme «une dette morale».

Blé: face aux aléas climatiques, privilégier la régularité plutôt que la productivité maximale (étude)

Une étude publiée dans la revue scientifique Scientific reports le 8 avril évalue les risques agroclimatiques pour la culture du blé en France, en combinant des données climatiques de haute résolution avec un modèle s’intéressant aux étapes de développement du blé et à leur évolution spatio-temporelle. Résultat: la combinaison de déficit hydrique et de stress thermique, principalement pendant les phases reproductives du cycle, menace la production céréalière dans la moitié sud de la France, tandis que le déficit hydrique devrait affecter la moitié nord du pays (excepté la côte océanique). Pour augmenter la résilience des systèmes agricoles face au changement climatique, l’étude recommande d’orienter la production de blé vers des solutions visant la régularité plutôt que la productivité maximale. En outre, elle invite à développer des variétés de blé résistantes aux stress abiotiques plus fréquents et plus intenses, et ce en fonction de chaque zone climatique. Aujourd’hui, les approches de modélisation décrivent principalement les effets des tendances climatiques – tels l’augmentation moyenne de la température au cours d’une saison de croissance –, sans considérer l'évolution des étapes de développement des plantes sous des conditions climatiques extrêmes. «Néanmoins, ces événements extrêmes devraient devenir plus fréquents et intenses, et leur omission dans les modèles peut conduire à une sous-estimation des pertes de rendement», avertit l’étude.

Sucre: Tereos annonce «renouer avec le profit», résultat net en forte hausse

À l’occasion de sa conférence de presse annuelle le 29 mai, le deuxième groupe sucrier mondial Tereos (marques Béghin Say, La Perruche) a annoncé avoir «renoué avec le profit, la performance», selon les mots de Gérard Clay, président du groupe. Le chiffre d’affaires (CA) de Tereos s’établit à 7,1 milliards d’euros (Mrds €), en hausse de 9%, et l’Ebitda à 1,13 Mrds €, en hausse de 15%. Concernant le résultat net, il passe de 161 à 448 millions d’euros (M€) pour l’exercice 2023-2024, clos fin mars. Des résultats portés par la hausse des prix du sucre, une production qui représente aujourd’hui 45% du CA de Tereos, devant l’alcool et l’éthanol (17%) et les produits sucrants (15%). Parallèlement, M. Clay s’est réjouit de voir la dette structurelle du groupe se réduire, passant de 1,21 Mrd€ en mars 2023 à 1,03 Mrd€ en mars 2024. Dans l’ensemble, cette «solidité financière retrouvée» a permis d’offrir «un prix historique de la rémunération de la betterave», passant de 43,1 €/t en 2023 à 48,16 € en 2024 (dont 2€/t proviennent de dividendes). Afin de poursuivre sa stratégie orientée vers «un modèle bas carbone», notamment agricole, le groupe a décidé de financer 1 000 bilans carbone à l’échelle des exploitations des coopérateurs, à hauteur de 75%, dès 2024. «Un état des lieux important pour identifier les futurs efforts à fournir», selon M. Clay. D’ici neuf ans, Tereos espère ainsi déployer les pratiques de l’agriculture régénératrice (couverts d’interculture, réduction des produits phytosanitaires, biodiversité) sur 20% des surfaces de betteraves de ses coopérateurs. 

Irrigation: en Beauce, des coefficients 2024 encore souvent en dessous de la référence

La Commission locale de l’eau du schéma d'aménagement et de gestion des eaux (Sage) de la nappe de Beauce a fixé le coefficient d’attribution pour la campagne 2024 pour ses différents secteurs, a annoncé la chambre d’agriculture du Centre-Val de Loire à Agra Presse le 30 mai. Dans l’Eure-et-Loir, le coefficient de la Beauce centrale a été fixé à 0,79, soit un volume inférieur de 21% par rapport au volume de référence individuel. «Il est néanmoins plus favorable que celui de 2023 (0,66) grâce à une recharge de la nappe facilitée par l’abondance des précipitations de l’automne hiver 2023-2024», souligne la chambre d’agriculture d’Eure-et-Loir. Concernant les autres secteurs, les coefficients de gestion s’établissent à 0,97 pour le Montargois (contre 0,42 en 2023), à 0,78 pour la Beauce blésoise (contre 0,50) et 0,57 pour le Fusain (contre 0,53). Contacté, le Sage de la Beauce précise que l’irrigation n’a pour l’heure pas démarré, en raison des précipitations. Par ailleurs, le secteur du Fusain ne devrait pas rencontrer de problème, et ce malgré un coefficient plus faible que les autres secteurs. Pour rappel, les irrigants agricoles de la Beauce doivent se référer aux règles qui s’appliquent à leur secteur géographique pour connaitre le volume d’eau qui permettra d’irriguer les cultures en 2024 (grandes cultures ou cultures spécialisées comme les légumes de plein champ).

LOA: jet de peinture sur le ministère de l’Agriculture pour protester contre la loi

L’adoption, le 28 mai, du projet de loi d’orientation agricole (LOA) pour le renouvellement des générations d’agriculteurs, a fait l’objet de vives réactions de la part du collectif écologiste Riposte alimentaire. Alors que le projet de loi a été adopté en première lecture à l’Assemblée par 272 voix contre 232, une militante de Riposte alimentaire a exprimé son mécontentement, dès le lendemain du vote, en jetant de la peinture orange sur les portes du ministère de l’Agriculture. Sur la vidéo relayée par le compte X de l’organisation, on la voit asperger la façade du bâtiment avant de déclarer que cette loi allait «détruire encore plus notre agriculture». L’une des critiques faites par Riposte alimentaire étant la «dépénalisation» des atteintes aux espèces protégées et aux habitats naturels, avec la mise en place de «stages de sensibilisation», lorsque les faits sont commis «sans intentionnalité». Le collectif, qui mène une campagne depuis plusieurs années pour la mise en place d’une Sécurité sociale de l’alimentation – sur le modèle de la Sécurité sociale de 1946 – n’en est pas à son coup d’essai. Cela fait plusieurs mois que ses militants œuvrent, via différents actes de «résistance», pour défendre leur campagne.

Précision sur le programme opérationnel en veau Label rouge

Contrairement à ce que pouvait laisser supposer la brève parue dans l’Agrafil daté du 22 mai, les aides du programme opérationnel pour les veaux Label rouge ne couvrent pas la totalité des surcoûts (achats de reproducteurs, certification), mais seulement 50%.