Souveraineté alimentaire : Macron veut pousser pour des objectifs européens «filière par filière»
Le Président Emmanuel Macron a indiqué, le 3 février à l'occasion d'un déplacement dans une ferme en Haute-Saône, vouloir pousser pour «des objectifs de production au niveau européen, filière par filière», afin d’éviter de «dépendre» et de «déléguer notre alimentation à d'autres», sans préciser exactement dans quel cadre ces objectifs pourraient être fixés. Il en existe déjà pour la production protéines végétales dans l'UE assortis d’outils incitatifs, comme les aides couplées à la production, dont les Etats membres peuvent se saisir dans le cadre de leurs plans stratégiques nationaux. Dans ses propositions pour la future Pac, la Commission européenne a décidé de porter le plafond pour ces aides couplées de 15% actuellement 20%. Bruxelles va aussi lancer, dans les prochaines semaines, des discussions filière par filière avec les partie prenantes pour faire le point sur la situation des secteurs. A l'échelle française, des objectifs de production - non contraignants - doivent être fixés pour chaque filière dans le cadre des Conférences de la Souveraineté, dont les groupes de travail livreront leurs premiers résultats au Salon de l'agriculture, avant des synthèses régionales au printemps, et «un plan de production national et territorialisé» d'ici la fin de l'année.
Conférences souveraineté : la Coopération agricole pousse les programmes opérationnels
À l'occasion des Assises du déclin agricole le 2 février, le président de la Coopération agricole, Dominique Chargé, a émis le souhait qu'il y ait « davantage de programmes opérationnels dans la Pac », pour mieux « orienter la production ». Interrogé par Agra Presse en marge de l'évènement, l'éleveur explique qu'il souhaite en faire « un des éléments contributifs des conclusions des Conférences de la souveraineté ». Dans le détail, le vice-président de Terrena mise davantage sur la prochaine programmation de la Pac que l'actuelle, même s'il faut utiliser « toutes les latitudes ». Dans la déclinaison nationale de la Pac actuelle (PSN), la France avait prévu de réorienter 0,5 % des aides directes vers le cofinancement de nouveaux PO (hors filière fruits et légumes), pour un montant de 10 M€. Les secteurs suivants avaient été choisis : fourrages séchés ; plantes vivantes et produits de la floriculture ; veaux sous la mère Label rouge ; oléoprotéagineux et légumes secs ; et cuniculture. De nombreuses autres filières ont lorgné sur ces enveloppes, gérées par les organisations de producteurs (OP) : les filières luzerne, porc, lait conventionnel (Poplait) et bio – cette dernière a obtenu gain de cause en 2025 avec un programme opérationnel de 5 M€. Le secteur du riz avait finalement renoncé au dispositif.
Alimentation : la consommation française à domicile repart à la hausse en 2025
La consommation alimentaire à domicile est repartie à la hausse en France en 2025, à +2,6% sur un an en valeur, selon les données du panel consommateurs Worldpanel by Numerator qui suit les achats de produits de grande consommation (PGC) et de produits frais traditionnels (PFT). Avec 137,5 milliards d’euros dépensés, il s’agit du niveau le plus élevé des dernières années, à +22% par rapport à 2022. Les PGC, qui représentent 71% des achats alimentaires, sont en hausse en volume à +1,2% en 2025 vs 2024, tandis que les PFT progressent de 2,4%. Cette reprise est d’autant plus notable qu’elle fait suite à plusieurs années de baisse de la consommation. Les PGC et les PFT étaient en recul chaque année depuis 2021. Même changement pour les marques nationales dont les ventes redeviennent positives (+0,8%) en 2025 vs 2024, et pour la première fois depuis 2022. Les marques de distributeurs continuent leur progression soutenue à +1,4% par rapport à l’année précédent. Autre évolution notable : la stabilisation des ventes de PGC et de produits frais en libre-service (FLS) bio en GMS, une première après 4 années de recul, selon les données du panel distributeurs Circana. Les MDD bio se renforcent encore par rapport aux marques nationales en 2025, représentant 35,9 % des ventes de produits bio en GMS, soit + 2,5 % vs 2019.
Distribution : la situation d’Auchan due à un taux d’écrasement trop faible
La situation dans laquelle se trouve le distributeur Auchan, actuellement en difficultés, est due pour moitié à des décisions stratégiques et pour moitié à « une faiblesse de ce qu’on appelle le taux d’écrasement » dans le cadre des négociations commerciales fournisseurs-distributeurs, selon Vincent Avignon, directeur des achats d’Auchan Retail. Le responsable, qui s’exprimait le 3 février devant la commission d’enquête sénatoriale sur les marges de la grande distribution et des industriels, et alors que les négociations commerciales entrent dans la dernière ligne droite, a aussi déclaré : « On a été trop gentils chez Auchan en pensant que c’était du partenariat, (…) on n’a pas été assez agressifs ». Vincent Avignon a par ailleurs justifié le recours aux centrales d’achat européennes pour assurer un rapport de force avec des grands industriels pour qui un marché comme celui de la France pèse peu. Remettant en cause l’idée d’un rapport de force toujours favorable aux distributeurs, notamment dans le cas d’Auchan dont la part de marché est d’environ 8%, il a dénoncé le comportement des industriels qui ont reconstitué leurs marges entre 2021 et 2025, pointant leur opacité sur la matière première agricole et la matière première industrielle.
Séquestration de carbone: Bruxelles publie les critères pour la certification du biochar
La Commission européenne a publié, le 3 février, un acte délégué fixant les critères pour la certification de trois premières méthodologies de séquestration permanente de carbone dans le cadre du règlement relatif à la certification des absorptions de carbone notamment agricole. Ces nouvelles règles couvrent trois types d'activités de captage permanent du carbone : le captage direct dans l'air avec stockage, le captage des émissions biogéniques avec stockage et le captage de carbone par le biochar (charbon végétal pouvant être utilisé comme amendement des sols agricoles). Le texte fixe les règles d’éligibilité, les modalités de calcul du carbone séquestré ou encore les critères de durabilité. Il précise notamment, dans le cas du biochar, que le recyclage de la biomasse ne doit pas créer de demande non durable et doit être mené conformément au principe de l'utilisation en cascade. Une fois validées par le Parlement européen et le Conseil de l'UE ces dispositions permettront «aux premiers projets d'être certifiés et reconnus au cours des prochains mois», promet la Commission européenne. Celle-ci a aussi ouvert, le 26 janvier une consultation publique sur un autre acte délégué fixant, lui, les méthodologies retenues pour la certification volontaire du stockage de carbone agricole.
Bien-être animal : l’Efsa recommande plus d'espace pour les dindes
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) recommande dans un avis sur le bien-être des dindes en élevage, publié le 3 février, d’augmenter l’espace disponible pour ces animaux, de proposer des enrichissements environnementaux - notamment des plateformes surélevées -, d’imposer des normes minimales sur la qualité de l’air ou encore d’éliminer progressivement les mutilations (épointage du bec…). Il s’agit du premier avis scientifique publié sur le bien-être des dindes d'élevage, sachant qu’il n'existe actuellement aucune législation européenne spécifique encadrant leurs conditions d’élevage. Elles sont en effet soumises aux dispositions générales relatives au bien-être animal. Suite au report des propositions attendues fin 2023, la révision de la législation européenne sur le bien-être des animaux d’élevage se fait depuis attendre. La Commission européenne s’était engagée à présenter cette révision d’ici fin 2026 mais celle-ci ne figure finalement pas à l’agenda de travail de Bruxelles pour 2026. Le commissaire européen en charge du dossier, Oliver Varhelyi entretient le flou sur la date de présentation tout en assurant que ses services préparent des propositions en la matière.
Bovins/DNC : le Conseil d’État rejette le recours des antivax de Verte France
Via une ordonnance du 2 février, le juge des référés du Conseil d’État a rejeté le recours déposé par le micro-syndicat Verte France demandant la suspension de la vaccination obligatoire contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Verte France attaquait l’arrêté du 11 décembre 2025 qui instaure une obligation de vaccination préventive dans cinq départements (Aude, Haute-Garonne, Gers, Landes et Pyrénées-Atlantiques), en plus des zones réglementées. D’après l’ordonnance, le micro-syndicat pointait une « efficacité diminuée et hétérogène » du vaccin, en raison du « prolongement de la date de péremption ». La plus haute juridiction administrative a rappelé au contraire « l’efficacité, non sérieusement contestée, de la vaccination ». Les plaignants dénonçaient aussi le classement de la DNC dans la réglementation européenne (catégorie A, regroupant les maladies exotiques les plus dangereuses, à éradication obligatoire et immédiate). Ils arguaient que la contagiosité de la DNC « est faible », que « la mortalité est le plus souvent inférieure à 2 % » et que « les bêtes infectées guérissent en grande partie, naturellement sans lésion ni séquelle ». Des arguments balayés par le Conseil d’État, pour qui la validité du règlement d’exécution à l’origine de ce classement « n’est pas sérieusement mise en cause ».
Bovins/DNC : l’Opecst appelle à « renforcer les contrôles » des mouvements d’animaux
Dans un rapport sur la lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) paru le 29 janvier, l’Opecst (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) recommande de « renforcer les contrôles de la circulation des animaux pour mieux garantir leur traçabilité ». L’interdiction des mouvements d’animaux dans les zones réglementées autour des foyers constitue un des piliers de la lutte contre la DNC. « La responsabilité d’un ou plusieurs mouvements illégaux de bovins dans l’expansion de la DNC en Occitanie ne fait pas de doute », soulignent les parlementaires de l’Opecst. D’où leur appel à un « renforcement des contrôles inopinés » (y compris aux frontières) et à « la mise en place d’outils informatiques pour simplifier les processus ». Des demandes également portées par les JA et les chambres d’agriculture. Plus largement, alors que le refus de l’abattage total a été l’un des déclencheurs du mouvement de colère agricole de l’hiver 2025-2026, l’Office exhorte à « imposer le respect du protocole national visant l’éradication de la DNC ». Dans le même temps, l’Opecst pousse les pouvoirs publics à poursuivre le « travail de pédagogie auprès du grand public et des éleveurs ».
Porc : le Canada autorise le porc résistant au SDRP de PIC, obtenu par édition génomique
Trois autorités sanitaires canadiennes* ont approuvé le 23 janvier le porc résistant au syndrome dysgénésique et respiratoire porcin (SDRP) obtenu par édition génomique par l’entreprise PIC (Pig Improvment Company), annonce cette filiale du groupe de génétique Genus dans un communiqué. Les autorités ont conclu que les aliments issus de ces animaux sont aussi sûrs et nutritifs que ceux provenant de porcs classiques, et n’ont pas donc pas requis d’étiquetage spécifique. « L'entreprise et Santé Canada se sont engagés à informer le public lorsque cette nouvelle technologie sera mise sur le marché canadien », promet l’agence publique dans son communiqué. Selon Santé Canada, Genus « n’a pas l’intention de vendre ces porcs avant d’obtenir les autorisations réglementaires nécessaires dans d’autres marchés clés ». Ces animaux ont récemment été autorisés aux États-Unis, ainsi qu’au Brésil, en Colombie, Argentine et République dominicaine. Le SDRP est l’une des principales pathologies sévissant dans les élevages porcins. Les fièvres, gênes respiratoires et avortements qu’il cause font perdre chaque année environ 2,5 Md$ aux producteurs des États-Unis et d’Europe, selon l’université d’Edimbourg, à l’origine de l’innovation.
* Santé Canada, Agence canadienne d'inspection des aliments, Environnement et changement climatique Canada
Vin : la coop catalane GICB, en redressement judiciaire, espère un repreneur (presse)
Déjà en plan de sauvegarde depuis 2014, la coopérative GICB (Groupement interproducteurs collioure banyuls) demande son placement en redressement au tribunal judiciaire de Perpignan, a indiqué Les Echos le 2 février (article payant). Plusieurs difficultés s’accumulent, d’après le journal : unité de production devenue surdimensionnée, baisse de la production viticole, endettement, impact des sécheresses, chute des ventes. Le GICB réalise 13,2 M€ de chiffre d'affaires en 2025 (contre 19,5 M en 2017). Sa surface décline elle aussi, passée de 922 ha il y a dix ans à 533 ha aujourd'hui. Deux solutions vont être proposées au tribunal judiciaire : une restructuration ou l'arrivée d'un repreneur. « Nous sommes sollicités. Des offres vont être présentées », déclare aux Echos le directeur Yves Reiner. Un repreneur pourrait notamment permettre au GICB « d'accéder à d'autres marchés que la seule vente directe ». Héritant d'une lourde dette (20,7 M€ en 2017), due à des erreurs de gestion passées et intégrée au plan de sauvegarde, le GICB est parvenu à la réduire à 17,9 M€. Mais la situation s'est dégradée en 2025, avec une perte comprise entre 1,3 et 1,5 M€ provenant pour moitié de pertes d'exploitation et pour l'autre moitié de la sous-exploitation industrielle, affirme Les Echos.
Bière : le marché se stabilise, la compétitivité des brasseurs «vacille» (industriels))
Dans un communiqué du 3 février, Brasseurs de France estime que le marché de la bière se stabilise en 2025, mais alerte sur le fait que « la compétitivité des brasseurs vacille ». Plus en détail, la stabilisation du marché survient après deux années de baisse, décrochant de 7 % entre 2022 et 2024. Les volumes de consommation à domicile affichent une légère hausse annuelle de 1,2 %, pendant que ceux hors domicile régressent de 1,5 %. Le syndicat souligne le dynamisme du marché de la bière sans alcool, qui marque une hausse de la consommation de 600 000 litres « entre juillet et août 2025 ». Pendant que les volumes de bière consommée stagnent, les coûts de production augmentent, affectant la compétitivité des brasseries, regrette le syndicat. Les raisons sont multiples : augmentation des redevances sur l’eau, de la REP6 emballage ménager, fin de l’ARENH début 2026 etc. Conséquence : 209 brasseries ont mis la clé sous la porte en 2025, un niveau proche de celui des ouvertures, au nombre de 213. « En 2024, les fermetures avaient déjà été plus nombreuses que les ouvertures », pointe brasseurs de France.
Bioéthanol : nouvelle hausse de la consommation française de 15 % en 2025
Lors d’une conférence de presse à Paris le 3 février, la Collective du Bioéthanol a annoncé une hausse de la consommation française de carburant contenant de l'éthanol, ou bioéthanol (produit à partir de betterave, de blé ou de maïs), de 15 % entre 2024 et 2025, atteignant 19 millions d’hectolitres (Mhl). La raison invoquée : la hausse de la consommation d’essence globale de 5,6 % annuellement, qui représente désormais 33 % de parts de marché, le restant étant occupé par le diesel. De son côté, la demande d’E85 (carburant contenant 85 % d’éthanol), ou superéthanol, se stabilise à 860 000 m3 environ. La filière se montre assez optimiste quant à l’avenir, saluant les récentes évolutions réglementaires européennes et françaises. Au niveau européen, la Commission a décidé le 16 décembre de proposer un texte autorisant le moteur thermique post 2035 pour les véhicules neufs, alors que le texte précédent imposait le tout électrique. Un bémol néanmoins : les biocarburants conventionnels (ou de première génération) ne génèrent pas de crédits CO2 pour les constructeurs automobile, le projet limitant cette faculté à ceux produits à partir de déchets/résidus et l’efuel. La Collective du Bioéthanol prévient qu’elle travaille afin de modifier cette position. Au niveau français, elle salue le retrait de la hausse de la taxation du superéthanol dans la loi de finance 2026.
Acétamipride : de la gauche au MoDem, critiques contre la nouvelle PPL de Duplomb
Les groupes de gauche et du MoDem à l’Assemblée nationale ont critiqué le 3 février l’obstination du sénateur Laurent Duplomb qui a déposé un nouveau texte pour autoriser l'acétamipride et du flupyradifurone, quelques mois après que sa première loi a suscité un vaste mouvement de protestation. «Il y a un moment où il faut arrêter de bourriner. Il faut arrêter d’essayer de passer quand on voit bien que ça ne peut pas passer, et alors qu’on va avoir un texte d’urgence agricole» annoncé par le gouvernement, a déclaré le député MoDem Erwan Balanant, interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse de son groupe. Plus tôt, la socialiste Mélanie Thomin a également critiqué ce nouveau texte qui demeure à ses yeux, «une tromperie à l’égard du monde agricole», car il ne porte «rien en faveur d’un meilleur revenu des agriculteurs, rien en faveur d’un rééquilibrage des relations commerciales, rien pour réguler le foncier agricole et rien pour réformer notre système d’aides». La PPL a été cosignée par le sénateur socialiste Henri Cabanel, avait indiqué Laurent Duplomb la veille. Questionné sur le sujet le 3 février, le président de la République a reporté son jugement à l'avis du Conseil d'Etat, qui doit être rendu d'ici deux mois maximum selon Laurent Duplomb. Emmanuel Macron a toutefois rappelé qu'un projet de loi avait été porté dans le même esprit en 2021 pour la betterave par un gouvernement de sa majorité.
Légumes transformés : les producteurs français et belges vent debout contre les baisses de tarifs
Dans une lettre ouverte le 3 février, l’AOPn française des producteurs de légumes pour la transformation (Cenaldi) et l’Organisation agricole flamande (Boerenbond) s’élèvent contre les demande de baisses de tarifs -jusqu’à 10% - demandées dans le cadre des négociations commerciales. Autre signataires de la missive : la coopérative belge Ingro et l’union transnationale de trois coopératives (Vegras, Apligeer, Agoris France). «Si l’indice des prix d’achat des moyens de production se stabilise, il ne reflète pas l’ensemble des charges des exploitations qui, elles, poursuivent leur progression », est-il expliqué. Raréfaction des moyens de protection, difficulté d’accès à l’irrigation, poids des contraintes réglementaires sont les principales raisons affectant les coûts avancées par les producteurs, avec les salaires et d’autres frais (coûts d'assurance, comptabilité, etc.). « Nous ne comprenons pas qu’on nous demande d’évoluer dans nos pratiques et d’investir sans nous accorder les moyens financiers nécessaires pour le faire et reconnaître notre travail », précisent les signataires. Et cela dans un contexte où la demande industrielle en volume, déjà en forte baisse en 2025, s’annonce à un niveau historiquement faible pour la campagne 2026.
Légumes : l'expéditeur breton Pouliquen rejoint le groupe Vitalis
Le négociant et expéditeur de légumes breton, S.A.S Pouliquen basée à Cléder (29), annonce sur son site internet le 2 février, avoir rejoint les rangs du groupe Vitalis, premier groupe privé dans le négoce et le conditionnement de pomme de terre, oignons et condiments. « Ce rapprochement ne change rien à notre identité : Pouliquen reste Pouliquen, ancrée au cœur du Finistère, bassin de production légumière, depuis plus d’un siècle, avec ses équipes, son savoir-faire, et sa relation directe avec les producteurs bretons. Rejoindre Vitalis, c’est d’abord une question de bon sens » explique Gérard Quillévéré, son dirigeant. Pour lui, cette adhésion devrait permettre de créer des synergies notamment sur le pôle échalotes et oignons : en 2025, Pouliquen a conditionné plus de 10 000 tonnes d’échalotes traditionnelles, faisant de l’entreprise un leader du secteur. Gérard Quillévéré reste aux commandes de Pouliquen et de Nédélec, la société spécialisée dans la pomme de terre acquise en 2022. Il intègre par ailleurs la direction du groupe Vitalis en tant qu’associé, et jouera un rôle de coordinateur sur les dossiers alliums et légumes bretons.
Bio : Ecotone double sa croissance mais alerte sur la fragilité de l’amont agricole
Le groupe bio Ecotone (marques Bjorg, Alter Eco, Clipper, Bonneterre, Danival...) enregistre un chiffre d’affaires (CA) en hausse de 4,8% en 2025, s’établissant à 708 millions d’euros (M€), a annoncé son président Christophe Barnouin en conférence de presse le 3 février. « On est assez contents de 2025 (…) puisqu’on réalise une croissance d’à peu près 5%, à peu près le double de ce qu’on avait fait l’année précédente », s’est-il réjoui. En février dernier, Ecotone avait annoncé un CA de 710 M€ en 2024 (+2,4% sur un an), sans compter la cession de la marque Whole Earth (beurre de cacahouètes, boissons) au groupe britannique KP Snacks. A périmètre constant, sans Whole Earth, le CA 2024 était en réalité de 676 M€, explique Ecotone. Dans le détail de la bonne performance 2025, malgré une conjoncture « morose », les « trois catégories de Bjorg (boissons végétales, biscuits et céréales) sont en croissance d’environ 10% », a indiqué Christophe Barnouin. Il s’est aussi réjoui d’« une très forte croissance d’Alter Eco (chocolat bio équitable, NDLR) ». Pour 2026, Ecotone table sur une croissance de CA « de 3 à 5% ». « Notre vision, c’est que la demande de produits bio est bien installée, elle va continuer à croître. Par contre (…) on alerte sur un amont agricole bio qui se fragilise » a souligné M. Barnouin, demandant le maintien de l’Agence bio pour éviter de nouveaux reculs de la SAU bio.
OFB : dans le Loiret, la CR se mobilise contre la nomination d’Anne Le Strat
Une soixantaine d’agriculteurs de la Coordination rurale ont protesté le 3 février à Dry, dans le Loiret, devant le siège régional de l’Office français de la biodiversité (OFB), rapporte l’AFP le même jour. Toute la matinée, les agriculteurs ont déversé des ballots de paille et divers déchets, avant de mettre le feu à une centaine de pneus, créant un panache de fumée visible à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde. Certains venaient des départements de l’Orne et de la Sarthe. Les exploitants protestaient contre la nomination début janvier d’Anne Le Strat, ancienne élue écologiste dans la capitale et ex-dirigeante d’Eau de Paris, au poste de directrice générale déléguée à "la mobilisation de la société" de l’OFB. Le 27 janvier, suite aux critiques dans le milieu agricole et notamment au sein de la CR, le gouvernement a annoncé ouvrir une enquête administrative sur la nomination d’Anne Le Strat. « C’est la personne la plus compétente qui postulait et qui a été retenue sur le poste, tout simplement », a défendu Sandrine Cadic, directrice générale adjointe "territoires et outre-mer" de l’OFB, à l’issue d’un échange avec une délégation d’agriculteurs.
Coopérative : Joël Arnaud élu président de Jacquet Brossard et vice-président de Limagrain
Dans un communiqué du 3 février, le groupe coopératif et semencier Limagrain a annoncé l’élection de Joël Arnaud au poste de vice-président de l’ensemble de l’entité, et de président de sa filiale Jacquet Brossard, spécialisée dans la boulangerie-pâtisserie industrielle. Agriculteur en Limagne, il siège au conseil d’administration de Limagrain depuis 2017. Il exercera ses missions « aux côtés d’Alexandre Raguet, directeur général adjoint de Limagrain en charge des activités filières et d’Éric Lechat, récemment nommé directeur général de Jacquet-Brossard », relate le communiqué. Son objectif sera notamment de mobiliser « son savoir‑faire pour relier sélectionneurs, agriculteurs, industriels, distributeurs et consommateurs ».