Blé tendre: la récolte accuse un fort recul, au plus bas depuis 40 ans selon Argus Media
La récolte de blé tendre est estimée à 25,17 Mt, en recul de 27,2% par rapport à la moyenne des cinq dernières années (34,58 Mt), rapporte un sondage de terrain réalisé par Argus Media du 1er au 5 août. Le rendement moyen 2024 s’établit à 59,33 q/ha, soit une chute de 18,7 % par rapport à la moyenne quinquennale. «Les rendements de blé tendre sous les 60 quintaux par hectare avaient disparu depuis la fin des années 80 en France. Mais les aléas climatiques nous ramènent en arrière», déplore Gautier Le Molgat, directeur d’Argus Media France dans un communiqué du 6 août. Selon l’entreprise, les facteurs qui ont conduit à cette chute de rendements sont multiples: mauvaise implantation, asphyxie des racines par excès d’eau, forte pression des maladies et des adventices, températures trop faibles pendant la phase de reproduction ou encore manque d’ensoleillement. Au-delà des rendements, les pluies successives ont également affecté la qualité des blés, rapporte Argus Media. Elle ressort ainsi comme «très hétérogène» à travers le pays, notamment en matière de poids spécifique. Pour rappel, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau avait affirmé lors d’un déplacement dans une exploitation à Sainville (Eure-et-Loir), le 29 juillet, qu’il serait prêt à aider les agriculteurs si les mauvaises récoltes se confirment.
FCO 3: les vaccins «ne peuvent pas être utilisés» pour sortir de la zone régulée (GDS France)
«Au vu des données scientifiques actuelles, les vaccins contre la FCO-3 ne permettent pas d’empêcher la virémie (présence de virus dans le sang, NDLR). Ils ne permettent donc pas de garantir qu’un animal vacciné ne soit pas infecté et source de contamination pour les autres», explique GDS France (groupements de défense sanitaire) dans une note du 2 août. «C’est pourquoi, à ce stade, ils ne peuvent pas être utilisés dans le cadre des mouvements», c’est-à-dire pour sortir de la zone régulée mise en place dans les territoires frontaliers avec la Belgique. Néanmoins, les vaccins sont «très importants pour limiter l’impact clinique et la mortalité», insiste GDS France. Un arrêté du 4 juillet prévoyait d’autoriser les mouvements d’animaux vaccinés contre la FCO-3 (fièvre catarrhale ovine de sérotype 3). Cependant, à ce moment-là, les études n’avaient pas encore montré que les vaccins réduisaient la virémie sans parvenir à la supprimer complétement. Les mouvements restent possibles vers le reste de la France et certains États membres de l’Union européenne, comme la Grèce et l’Italie, pour les animaux désinsectisés et présentant un dépistage PCR négatif. Vers la Croatie, l’Espagne et le Portugal, ce protocole n’est valable que pour les animaux de moins de 90 jours. «Une négociation est nécessaire avec ces pays pour reprendre les envois d’animaux plus âgés (broutards et adultes)», indique GDS France.
LOA: Julien Dive veut «repartir d’une copie blanche» pour écrire une «loi Big Bang»
Alors que le projet de loi d’orientation pour l’agriculture (LOA) a été stoppé net par la dissolution de l’Assemblée, le député Julien Dive (Droite républicaine, Aisne) a plaidé le 3 août pour une «loi Big Bang de l’agriculture». «Repartons d’une copie blanche, écrivons, amendons et votons une loi de programmation pour la compétitivité de notre agriculture», exhorte-t-il dans une tribune parue dans le Journal du dimanche. «Si l’exécutif ne prend pas les mesures nécessaires, de nouveau l’initiative viendra du Parlement», prévient-il dans un contexte de négociations avec le pouvoir macroniste, tout en rappelant que son groupe a «déjà projeté la rédaction d’une loi», comme annoncé fin juillet. Dans le détail, M. Dive souhaite «un inventaire des écarts normatifs franco-européens» d’ici «la fin d’année», afin de «nous aligner sur les mêmes standards que nos voisins», ainsi qu’un «bouclier face à la concurrence déloyale» des importations. Le parlementaire nordiste souhaite aussi une «réforme profonde» afin de «garantir un revenu décent» pour les agriculteurs dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025. «Cadrons les négociations commerciales avec transparence pour chaque partie, une bonne fois pour toutes, sans attendre les résultats d’indicateurs toujours imprécis ou décalés dans le temps», lance-t-il, estimant que les «prix plancher» promis par Emmanuel Macron «sont inapplicables sur le plan fiscal et réglementaire».
Pesticides/eau: l’ARS Hauts-de-France traque un nouveau métabolite du chlorothalonil
L’Agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France a intégré, depuis juillet, un nouveau métabolite du chlorothalonil à son contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine (EDCH), a-t-elle annnoncé le 15 juillet sur son site web. Il s’agit du R417888, un métabolite du fongicide chlorothalonil interdit en France depuis 2020. Ce métabolite a été classé «pertinent» par l’Anses dans un avis publié le 29 avril, car «l’examen des données disponibles n’a pas permis d’exclure l’existence d’un potentiel génotoxique», indique l'avis. Cela signifie que la «limite de qualité» de l’eau est fixée à 0,1 μg/l une valeur environnementale mais non sanitaire. Dans l’attente de l’établissement d’une valeur sanitaire maximale (Vmax) par l’Anses (soit le seuil au-delà duquel l’eau est impropre à la consommation), la valeur sanitaire transitoire (VST) est fixée à 3 μg/L. Dans le même avis publié au printemps, l’Anses avait relevé le plafond de qualité d’un autre métabolite du chlorothalonil, le R471811. Initialement considéré «pertinent» par l’Anses en 2023, l’agence sanitaire a finalement revu sa copie en considérant qu’il est «non pertinent», et donc assorti d’une «limite de qualité» de 0,9 μg/l.
Agrochimie: Bayer replonge dans le rouge au deuxième trimestre
Le groupe pharmaceutique et agrochimique allemand Bayer, qui accumule les problèmes depuis le rachat de Monsanto, a fait état le 6 août d’une perte nette de 34 millions d’euros pour le deuxième trimestre, plombé par sa division agrochimie. Son chiffre d’affaires a augmenté de 3,1% à 11,1 milliards d’euros (Md€) à taux de change constant, mais le choix des clients pour les produits les moins rentables lui a été défavorable, pesant sur son résultat net, a indiqué le groupe dans un communiqué. Le conglomérat bascule ainsi à nouveau dans le rouge après deux trimestres de bénéfices d’affilée. Sous la houlette d’un nouveau patron depuis un an, le groupe tente de sortir d’un long tunnel de difficultés dues notamment au rachat de Monsanto, fabricant du désherbant controversé Roundup, en 2018. Au cours du premier semestre, Bayer a ainsi supprimé 3200 emplois dans le monde, dont les trois quarts au sein de la direction, a indiqué Bill Anderson, p.-d.g. du groupe, à l’AFP lors d’une conférence de presse. Pour l’année 2024, Bayer garde toutefois ses prévisions de résultats inchangées, mais s’attend à atteindre l'extrémité inférieure de la fourchette attendue de marge opérationnelle de la division agrochimie, comprise entre 20 et 22%. Au cours de la même période l'an dernier, Bayer avait subi une perte de 1,8 Md€.
Protéines alternatives: une majorité d’Allemands prêts à tester la fermentation de précision
Selon une étude de l’Université de Göttingen, publiée dans le journal Future Foods (revue à comité de relecture), une grande partie des consommateurs allemands sont prêts à «tester et acheter» du fromage fabriqué à partir de protéines de lait produites par fermentation de précision. Les résultats montrent que les informations sur le mode de production ont peu d’incidence sur l’acceptabilité, à l’exception de celles sur les modifications génétiques de microorganismes nécessaires au procédé de fabrication qui font baisser «significativement» l’envie d’essayer. À noter que les fabricants expliquent que les protéines de lait finales ne sont, en revanche, pas des organismes génétiquement modifiés. Les personnes interrogées ont été confrontées aux potentiels avantages et désavantages de la fermentation de précision. Il ressort que la mise en avant de la «haute qualité» des produits et «leurs avantages en termes d’environnement et de bien-être animal» augmente l’appétence des consommateurs. Au contraire, le fait que des éleveurs puissent perdre leur source de revenu avec l’arrivée de cette technologie rebute les consommateurs. De même que l’idée que de grandes entreprises puissent contrôler le marché. Aucune entreprise n’a pour le moment obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe pour des protéines de lait par fermentation de précision.
Volailles de chair: LDC finalise le rachat d’Indykpol, leader polonais de la dinde
Le numéro un français de la volaille LDC a annoncé, dans un communiqué du 1er août, «la finalisation de l’acquisition d’Indykpol, leader sur le marché de la dinde en Pologne», avec lequel il était en négociations exclusives depuis novembre 2023. Le groupe sarthois (6,2 Md€ de chiffre d’affaires en 2023-2024) a reçu l’autorisation de la Commission européenne le 8 juillet. Employant «près d’un millier de collaborateurs», Indykpol a «réalisé un chiffre d’affaires consolidé en 2023 de plus de 203 M€» (à plus de 60% sur le marché domestique). Le volailler polonais «compte plus de 166 000 m2 de fermes» (soit 30% de ses approvisionnements), et assure aussi l’amont et l’aval de la filière (couvoir, 56 000 m2 d’élevages de parentaux, usine d’aliment et usine de transformation). LDC est déjà présent en Pologne «via ses filiales du groupe Drosed»; le rachat d’Indykpol va lui permettre «d’enrichir [sa] gamme avec des produits frais, de la charcuterie et des produits élaborés à base de dinde». Avec 2,7 Mtéc d’abattages en 2022, la Pologne est de loin le premier producteur de volailles en Europe, en croissance quasi permanente depuis 2013. La France (1,5 Mtéc) est à la quatrième place du classement.
Machinisme: le concessionnaire breton SDMA en liquidation judiciaire
CFHem’Agri, important distributeur de machines agricoles en Bretagne via son enseigne SDMA, a été placé en liquidation judiciaire, selon une annonce parue le 26 juillet au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc). Le jugement du tribunal de Quimper (Finistère) est intervenu le 19 juillet. Un coup de tonnerre dans le secteur. La concession SDMA distribuait les tracteurs Valtra (groupe Agco). Siégeant à Bannalec, elle rayonnait dans les départements du Finistère et du Morbihan. Sa disparition illustre les difficultés du secteur. Le 2 juillet, des chiffres ont été donnés par le Sedima à partir de son enquête de conjoncture auprès de ses adhérents. Plus de la moitié (56%) des sondés ont annoncé un recul d’au moins 3% de leurs prises de commandes de matériels neufs au premier semestre 2024. Ils envisagent au second semestre une nouvelle baisse de 9 à 10%. SDMA ferme ses portes en pleine recomposition des concessionnaires dans l’Ouest. Après une entrée remarquée dans la distribution de machines agricoles en début d’année, le spécialiste de l’automobile Emil Frey a en effet poursuivi ses rachats avec Gabagri en Bretagne et Pays de la Loire, a-t-il annoncé le 31 mai.
Tomates: la récolte de l’italien Mutti débute dans un contexte de «défis climatiques»
L’entreprise italienne Mutti, leader sur le marché européen de la conserve et produits transformés à partir de tomates, a annoncé dans un communiqué du 6 août le début de sa saison des récoltes, alors qu’elle fait face «à de nouveaux défis climatiques». La région occidentale de Parme, bassin de production des tomates de Mutti, a connu de fortes précipitations en avril et mai, entraînant des excès d’eau généralisés et des épisodes de grêle sporadiques, mais intenses. Résultat: la quantité et la qualité des matières premières ont été affectées. À l’inverse, la région des Pouilles, où sont produites les tomates oblongues de Mutti, a été marquée par une incertitude de l’approvisionnement en eau. Afin d’atténuer les difficultés liées au climat, l’entreprise italienne a notamment mis en place un outil en partenariat avec l’IMEM-CNR (Institut des matériaux pour l’électronique et le magnétisme). Baptisé Bioristor, le dispositif «surveille la santé des plants de tomates en temps réel en analysant leurs processus physiologiques fondamentaux». «L’utilisation d’un protocole d’irrigation s’appuyant sur l’IA développé par l’IMEM a permis d’économiser 45% d’eau par rapport aux méthodes conventionnelles» lors d’un essai mené à Parme, précise Mutti.
Fromages: une étude établit un lien entre AOP et diversité microbienne
Il existe un lien entre le facteur «appellation d’origine protégée» (AOP) et la diversité microbienne retrouvée dans les fromages et les laits, a démontré une étude conduite par des chercheurs de l’Inrae, du CEA (commissariat à l’énergie atomique), du Cnaol (51 AOP laitières) et du Cniel (interprofession), dont les résultats ont été dévoilés le 6 août. «Cela démontre la contribution du savoir-faire régional à l’élaboration du microbiote fromager», explique un communiqué de l’Inrae. L’étude porte sur 44 variétés de fromages AOP français. Des échantillons ont été collectés auprès de 386 producteurs fermiers et fromageries, «tout en recueillant des informations détaillées sur les modes de production», indique l’Inrae. Finalement, plus de 2000 échantillons de fromages et les 400 laits associés ont été séquencés au CEA par des chercheurs du Genoscope (centre spécialisé dans la génomique environnementale). Les résultats montrent «une grande diversité d’espèces microbiennes dans les fromages», dont une part importante «pourrait provenir des laits». «Près de 42% des espèces de bactéries et 64% des espèces de moisissures/levures identifiées dans les fromages ont également été identifiées dans les laits», précise le communiqué.
Kenya: le président Ruto promulgue une loi allouant 140 M€ au secteur agricole
Après un passage à l’Assemblée nationale du Kenya le 31 juillet, le président William Ruto a finalement promulgué, le 5 août, une loi de finances supplémentaire (Supplementary Appropriation Bill) qui doit permettre de «préserver les dépenses essentielles» alors qu’un projet de budget 2024-2025 a été retiré en juin. Si le nouveau texte prévoit une réduction de certaines dépenses courantes, il alloue également des fonds supplémentaires destinés à soutenir d’autres secteurs, comme l’agriculture. Le secteur agricole kenyan devrait ainsi recevoir un soutien total de 20 milliards de shillings kenyans (soit environ 141 M€), afin d’améliorer sa productivité. Dans le détail, près de 53 M€ seraient fléchés vers les engrais, 14,1 M€ pour l’annulation de la dette des producteurs de café, et le même montant pour l’achat de refroidisseurs de lait. En outre, 10,5 M€ vont être alloués à la stabilisation du prix du lait, tandis que 5 M€ vont venir soutenir les jeunes agriculteurs dans le secteur du sucre.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.