Agrafil du 8 août 2024

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FCO: un premier foyer de sérotype 3 en France, dans un élevage ovin du Nord

La préfecture du Nord a annoncé, le 7 août, qu’un premier foyer de fièvre catarrhale ovine (FCO) de sérotype 3 avait été identifié dans un élevage de moutons à Marpent. Ce foyer, «confirmé le 5 août» par l'Anses (agence sanitaire), est le premier en France de ce sérotype, «la maladie étant jusqu'alors présente uniquement aux Pays-Bas, en Allemagne et en Belgique», souligne la préfecture. Depuis le 2 août, une zone régulée a été instaurée dans les territoires frontaliers avec la Belgique, avec des restrictions de mouvements d’animaux, dans l’objectif de «freiner la progression» de la FCO-3. La pression s’est accentuée ces derniers jours: après la détection d’un foyer dans une commune belge frontalière avec la France le 29 juillet, deux foyers ont été confirmés au Luxembourg le 2 août, dont l’un dans un élevage situé à 15 km de la frontière française. La FCO, qui n'est pas transmissible aux humains, est déjà présente en France, avec les sérotypes 4 et 8. Un arrêté du 4 juillet prévoit des règles spécifiques pour lutter contre les sérotypes exotiques, comme la FCO-3. L’État mettra des vaccins à la disposition des éleveurs situés en zone régulée, qui s’étend du Pas-de-Calais à la Moselle. Les vaccins ne sont pas aussi efficaces qu’espéré, mais restent «très importants pour limiter l’impact clinique et la mortalité», insiste GDS France.

FCO/MHE: les éleveurs veulent des vaccins gratuits et l’indemnisation de «toutes les pertes»

Alors qu’un premier foyer de FCO-3 vient d’être confirmé en France, la FNSEA et ses associations spécialisées d'éleveurs de ruminants (FNO, FNPL, FNB, Fnec), les JA, Chambres d’agriculture France et la Coopération agricole demandent, dans un communiqué commun du 7 août, des mesures «en urgence» pour les éleveurs qui font face aux conséquences de la fièvre catarrhale ovine (FCO) et de la maladie hémorragique épizootique (MHE). En premier lieu, les organisations professionnelles demandent que l’État prenne en charge «le financement des vaccins pour tout le territoire national», indique le communiqué. Et ce alors que les vaccins mis à disposition gratuitement par l’État seront fléchés vers les éleveurs situés en zone régulée pour la FCO-3, et qu’un premier vaccin contre la MHE pourrait arriver en septembre, selon les informations communiquées par la Direction générale de l'alimentation (DGAL, ministère) aux professionnels. Pour la MHE, la vaccination serait volontaire et à la charge de l’éleveur. Dans le communiqué, les représentants des filières plaident pour que «l’État passe les commandes de vaccins afin de garantir la mise en œuvre rapide et en quantité suffisante». Ils demandent à l’État de négocier «des conditions aux échanges avec tous les États membres et pays tiers» pour les animaux dépistés et désinsectisés. Enfin, ils réclament «l’indemnisation de toutes les pertes» liées à ces deux maladies.

Miel: le guichet de l’aide de crise est ouvert jusqu’au 20 septembre (FranceAgriMer)

Le guichet d’aide de crise aux apiculteurs a ouvert le 5 août, indique FranceAgriMer sur son site web. Les intéressés ont jusqu’au 20 septembre à 14h pour déposer leur demande d’aide. Annoncé le 23 février, puis précisé le 16 juillet par le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau, le dispositif vise à prendre en charge une partie de la baisse du chiffre d’affaires 2023 des exploitations apicoles ayant subi «les conséquences économiques de l’agression de la Russie contre l’Ukraine». «Cette aide nationale sera dotée d’une enveloppe globale de 4,3 M€» a précisé FranceAgriMer à Agra Presse. Pour en bénéficier, les exploitants apicoles doivent avoir subi, en 2023, une perte de chiffre d’affaires supérieure ou égale à 30% par rapport à la période de référence à périmètre équivalent (moyenne olympique 2018-2022). Ils doivent détenir plus de 200 ruches en métropole, 125 ruches en Corse ou 100 ruches en Outre-mer en 2023, et être affiliés à la MSA ou à la CGSS, en qualité de chef d’exploitation agricole ou de non salarié agricole. Le taux de prise en charge de la perte de chiffre d'affaires est de 80%, avec un montant plancher d'aide de 1000 € et un plafond de 80 € par ruche, dans la limite de 25 000 € par entreprise (avec des modulations pour les Gaec, les nouveaux installés, ou les fortes variations du nombre de ruches).

Blé tendre: les prix se redressent légèrement face aux inquiétudes liées à la récole française

Avec la confirmation d’une moisson s’annonçant «catastrophique» en France et une grosse commande égyptienne, les cours du blé tendre sont légèrement remontés le 7 août. Selon des chiffres diffusés par le cabinet Argus Media la veille, la production de blé tendre française devrait chuter cette année à 25,7 Mt, ce qui correspondrait à la pire récolte depuis 1983. Parallèlement, le marché du blé a aussi été revigoré par un «changement radical de stratégie» de la part de l’Égypte, a souligné Sébastien Poncelet, analyste d'Argus Media, auprès de l’AFP. Gros importateur de blé, ce pays passe généralement un appel d’offre tous les quinze jours pour un chargement quelques semaines plus tard. Cette fois-ci, «ils ont lancé un appel d'offres pour plusieurs quinzaines, d'octobre à avril, pour un maximum de 3,8 Mt de blé», a précisé M. Poncelet à l’AFP. l’Égypte ne cherche pas à faire des économies en commandant davantage en une seule fois, car «leur système d'appel d'offre est déjà optimisé», mais ce pays estime probablement que le prix du blé a plus de risques de monter dans les prochains mois que de redescendre, estime l’analyste. Sous la pression d'une offre mondiale a priori plus abondante que prévu, les prix du blé restent toutefois proches de leur plus bas niveau depuis 2020 à la Bourse de Chicago. Côté européen, ils sont redescendus le 6 août autour de 215 €/t pour l'échéance de septembre.

Pac: des lignes directrices pour évaluer l’impact des aides sur le revenu agricole

Le groupe d’experts du Réseau européen de la Pac (EU CAP Network), a publié, le 3 juillet, des lignes directrices sur l'évaluation des instruments de soutien au revenu de la Pac. L’objectif des auteurs, qui ont élaboré ce document en lien avec des experts universitaires, est de fournir aux États membres «les méthodes et les indicateurs appropriés» leur permettant d’évaluer efficacement l'impact net des interventions de la Pac sur les revenus agricoles pour la période de programmation 2023-2027. En effet, dans le cadre du nouveau modèle de mise en œuvre de la Pac, il appartient aux États membres d’évaluer l’efficacité des mesures de soutien au revenu prévues dans leur plan stratégique. Une des approches préconisées vise notamment à calculer l'efficacité du transfert de revenu des interventions de soutien au revenu de la Pac, «car cela permet d'examiner dans quelle mesure le soutien a été effectivement transféré en revenu supplémentaire pour les bénéficiaires». Une autre consiste à «examiner dans quelle mesure les résultats souhaités ont été obtenus à moindres frais». Et de conclure en indiquant que «les États membres sont libres de réfléchir et de choisir l'approche la plus appropriée».

Liquidation du concessionnaire SDMA: des agriculteurs signalent une escroquerie

Peu de temps avant la mise en liquidation de SDMA le 19 juillet, des agriculteurs ont signalé une escroquerie du concessionnaire, a-t-on appris auprès de la FDSEA du Finistère. «Certains détenteurs de prêts bancaires ont reçu des courriers les informant que leur matériel était gagé ou n’appartenait pas à SDMA», explique le président Jean-Alain Divanac'h, alerté par eux courant juin. Une vingtaine de cas sont recensés par le syndicat, surtout dans le Finistère, mais aussi dans le Morbihan. «Les agriculteurs risquent de voir leur matériel saisi, poursuit-il. Un autre problème est l’obtention de la carte grise. Cela n’empêche pas de rouler avec le tracteur, mais peut empêcher le revendre plus tard.» Le préjudice total reste difficile à estimer. Des dossiers peuvent aller «jusqu’à 100 000 €», selon lui, «beaucoup sont de l’ordre de quelques dizaines de milliers d’euros». Parfois, le matériel a été payé, mais sans avoir été livré. La fermeture de SDMA, concessionnaire Valtra, suscite aussi l’inquiétude pour l’entretien et la réparation du matériel de la marque. À la FDSEA du Finistère, on espère que l’entreprise (chiffre d’affaires de 11 M€ en 2023) sera rachetée.

Glyphosate: la pollution des rivières pas seulement liée à l’agriculture (étude)

Une étude allemande publiée le 23 juillet dans le journal Water Research révèle que la présence de glyphosate dans l’eau des rivières européennes ne serait pas uniquement liée à l’usage de l’herbicide controversé en agriculture. L’étude «émet l’hypothèse» que le glyphosate est un «produit de transformation» des aminopolyphosphonates. Ces derniers, des phosphonates très répandus dans les lessives européennes selon l’étude, sont aussi utilisés comme agents anti-tartre dans les circuits de refroidissement, l’industrie du textile et du papier notamment. Ils génèrent un produit de dégradation nommé acide aminométhylphosphonique (AMPA), connu pour être aussi un produit de dégradation du glyphosate. En étudiant la présence de glyphosate et d’AMPA dans les rivières aux États-Unis et en Europe, les chercheurs se sont rendu compte que les concentrations sont corrélées aux usages agricoles sur le continent américain, mais pas sur le continent européen, où elles sont plutôt corrélées aux «schémas de marqueurs d’eaux usées». «Toute action visant à aider les stations d'épuration à éliminer les phosphates réduira également les rejets de glyphosate et de phosphonates», a confié la chercheuse Carolin Huhn à Agra Presse. Elle précise toutefois que cela ne suffirait pas à supprimer le glyphosate de l’eau, vu que «l’apport de l’utilisation urbaine ou agricole prévaut». «Les publications pertinentes indiquent des taux de perte d'environ 1% du glyphosate appliqué dans les champs agricoles dans les eaux de surface», précise-t-elle.

Poulet: levée de boucliers après l'autorisation d'un «méga-poulailler» dans la Drôme

La préfecture de la Drôme a annoncé le 7 août avoir donné son aval à un projet de poulailler géant, malgré l'opposition de riverains et de défenseurs de l'environnement qui ont l'intention de faire appel. L'arrêté environnemental autorise l'agrandissement d'un élevage de poulets situé à Peyrins. Le projet prévoit de porter la capacité de l'exploitation d'environ 30 000 à 142 800 volatiles. Des «prescriptions particulières», inspirées des réserves exprimées par les opposants au projet lors des débats précédant cette décision, ont toutefois été retenues, a souligné la préfecture dans un communiqué. L'arrêté d'autorisation, consulté par l'AFP, mentionne notamment un encadrement strict de l'usage de l'eau, l'interdiction de construire à moins de 100 m de toute habitation et impose un seuil aux émissions sonores. Malgré tout, le maire de Peyrins, qui s'oppose depuis le début à ce projet, s'est dit «très déçu» par cette décision. Par anticipation, il a pris en juillet deux arrêtés «de refus d'autorisation de construction» pour les nouveaux bâtiments. Parmi les associations également contre le projet, L214 «déposera un recours devant le tribunal administratif de Grenoble dans le délai de deux mois que permet la loi», a annoncé à l'AFP une de de ses porte-paroles.

Venaison: une expérimentation pour autoriser les chasseurs à écouler de la viande découpée

Une instruction technique parue le 1er août au Bulletin officiel précise le cadre de l’expérimentation «autorisant certaines associations de chasse à dépouiller et découper le grand gibier sauvage avant fourniture à un commerce de détail local». Un essai préconisé par le CGAAER fin 2021. La phase de test durera du 1er octobre au 1er avril 2025 et pourra concerner «jusqu’à 15 associations de chasse» – ne pourront candidater que celles qui ne sont pas collectées ou sont situées à plus de 80 km d’un établissement de traitement du gibier sauvage (ETG). En plus des circuits de valorisation existants – circuits courts (non agréés) et circuits longs (ETG avec agrément sanitaire, soit 4% du gibier) –, l’expérimentation instaure des «ateliers de traitement du gibier sauvage non agréés» (ATGNA). Gérés par les chasseurs, ils pourront dépouiller «trois grands gibiers maximum par semaine», les découper en «trois morceaux maximum par demi-carcasse» et les livrer à des commerces de détail situés «à moins de 80 km du lieu de chasse». Au niveau sanitaire, entre autres obligations, les opérateurs doivent être formés; la recherche de larves de trichine est obligatoire. Parmi les nombreuses restrictions, les ATGNA ne pourront pas congeler la viande ou la hacher, la vendre en ligne ou à la restauration collective, ni réaliser des prestations de service.

Ours: le parquet classe sans suite une affaire de destruction illégale en Ariège

Le parquet de Foix (Ariège) a annoncé fin juillet le classement sans suite de l’enquête sur la mort de l’ours Gribouille, retrouvé en juin 2020 avec une blessure par balle à Ustou, dans les Pyrénées. Comme le rappelle France Bleu Occitanie, les agents de l’OFB avaient découvert le cadavre du jeune ours de quatre ans, qui «présentait une blessure par balle au niveau de l'épaule droite». «L'auteur du tir n'a finalement jamais pu être identifié», selon le média public, et l’enquête a été close faute d’éléments probants. Dans un communiqué le 29 juillet, l’ONG Ferus appelle l’État à introduire un nouvel ursidé pour «remplacer cet ours (Gribouille, NDLR) mort de causes humaines». «L’État n’a toujours pas honoré ses engagements depuis quatre ans», dénonce l’association de défense des grands prédateurs, rappelant que cette mesure figure dans le plan Ours 2018-2028. L’ours brun est une espèce «strictement protégée» au titre de la Convention de Berne. En droit français, l’arrêté du 23 avril 2007 interdit «la destruction, la mutilation, la capture ou l'enlèvement, la perturbation intentionnelle [de ces] animaux dans le milieu naturel». Selon le dernier comptage, la population d’ours des Pyrénées est estimée à 83 individus. Un effectif en hausse et appelé à progresser dans les prochaines années, malgré «l’augmentation préoccupante de la consanguinité», comme le rappelle Ferus.

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.