Feux de forêt : dans l’Aude, le massif des Corbières ravagé par un incendie historique
Dans la soirée du 6 août, le massif des Corbières (Aude) était toujours en proie à ce qui constitue déjà le plus important incendie de l’été. D’après l’AFP, le feu a parcouru 16 000 ha de garrigue et de résineux sur 15 communes, détruit ou endommagé 25 habitations, ainsi que 35 véhicules, selon un bilan provisoire. « La situation est toujours défavorable » en raison de la sécheresse, de la chaleur et du vent fort, a indiqué la secrétaire générale de la préfecture de l'Aude, Lucie Roesch, à l'AFP. Le vent a changé de direction dans l’après-midi du 6 août et « l'incendie va vers des zones boisées assez inaccessibles ». La préfecture a comptabilisé 13 blessés (dont un grave), une personne morte et une autre disparue. D’après le ministère de la Transition écologique, cet incendie est le « deuxième feu le plus important de ces 50 dernières années » : « Il représente à lui seul l’équivalent de l’intégralité des hectares qui ont brûlé respectivement en 2019, 2020, 2021 et 2024 ». Dans un communiqué, la FNSEA a fait part de « son profond soutien aux sapeurs-pompiers, aux forces de sécurité, à tous les intervenants mobilisés, ainsi qu’aux élus et aux habitants », tout en exprimant « sa solidarité aux agriculteurs et viticulteurs durement touchés ». Après le Premier ministre le 6 août, la ministre de l'Agriculture « se rendra sur place dans les prochains jours afin d’échanger directement avec les viticulteurs touchés », a annoncé son cabinet à la presse.
Chambres d’agriculture : les chambres présidées par la CR se constituent en association
Les 11 chambres départementales d’agriculture présidées par la Coordination rurale* sont désormais regroupées dans l’Association des chambres d’agriculture libres et indépendantes de France (Acalif), annoncent-elles dans un communiqué le 5 août. Cette nouvelle structure vise à « aider les chambres CR et parler d’une seule voix à Paris », précise son président Rémi Dumaure, à la tête de la chambre de Dordogne, auprès d’Agra Presse. Dans le même temps, une association régionale, présidée par Philippe Tabarin (Vienne), a été créée pour la Nouvelle-Aquitaine. À travers ces deux collectifs, les élus déjà aux manettes avant l’élection de janvier 2025 (Lot-et-Garonne, Vienne, Haute-Vienne) pourront « faire part de leur expérience » aux nouveaux arrivants, précise M. Tabarin. Il pourra notamment s’agir de promouvoir « un conseil neutre, non lié à une vente de produit », selon lui. Sur le plan politique, l’initiative est aussi « une façon de montrer notre résistance », résume Rémi Dumaure : arrivée en tête dans 14 départements au scrutin de début 2025, la CR ne préside finalement que 11 chambres et a échoué à ravir la chambre régionale de Nouvelle-Aquitaine. Enfin, les deux associations devraient aussi permettre de ramener des financements en répondant à des appels à projets.
* Ardennes, Charente, Cher, Dordogne, Gers, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Lot-et-Garonne, Tarn, Vienne, Haute-Vienne
Œufs : des importations d’Ukraine bloquées pour cause d’antibiotique interdit
Deux alertes sanitaires portant sur des œufs d’Ukraine contaminés par un antibiotique interdit d’usage dans l’UE ont été notifiées coup sur coup au système européen d’alerte sanitaire rapide (RASFF), le 24 juillet par la Pologne et le 28 juillet par la Slovaquie. Signalant ces faits sur LinkedIn, David Cassin, directeur Relations parties prenantes d’Avril signale que la substance détectée (un métabolite du nitrofurane) est un antibiotique, qu’elle est interdite dans l’Union européenne pour toutes les denrées animales et qu’elle a été retrouvée « à plus de 20 fois la norme » [NDLR plafond de résidu toléré]. « Selon les informations de la Commission européenne, ces œufs non conformes ont bien été distribués jusqu'en France », dénonce-t-il dans son message. Le professionnel réagissait au témoignage sur le réseau du consultant en distribution Olivier Dauvers, qui a découvert dans des grandes surfaces des plateaux d’œufs d’Ukraine. « Il est nécessaire que l'État se saisisse de ce sujet qui démontre le danger d'importation de denrées agricoles produites avec des normes inférieures aux nôtres », conclut David Cassin.
Viande : la Chine prolonge son enquête sur le bœuf importé
La Chine va prolonger son enquête lancée fin 2024 visant à déterminer si les importations de viande de bœuf menacent son industrie nationale, a annoncé le ministère du Commerce le 6 août, selon l’AFP. Le prix de la viande de bœuf a eu tendance à baisser ces dernières années dans le pays, en raison d'une surproduction et d'une consommation en berne, d’après les analystes. Les importations ont dans le même temps augmenté de manière significative, notamment depuis le Brésil, l'Argentine et l'Australie. À la demande des représentants du secteur en difficulté, les autorités chinoises avaient annoncé en décembre 2024 l'ouverture d'une enquête sur les importations de bœuf, préalable à la mise en place éventuelle de mesures de sauvegarde. L'enquête devait durer huit mois mais pouvait être prolongée. « En raison de la complexité de cette affaire, le ministère du Commerce a décidé de prolonger la période d'enquête jusqu'au 26 novembre 2025 », a-t-il indiqué mercredi 6 août. L'affaire a « suscité une large attention » de la part des pays exportateurs, des éleveurs et des associations professionnelles, a ajouté le ministère. Les pays exportateurs comme le Brésil, l'Argentine et l'Australie avaient réagi de manière prudente au lancement de l'enquête chinoise, le Brésil affirmant alors qu'il démontrera que sa viande ne nuit pas à l'industrie chinoise.
Viande : les géants brésiliens Marfrig et BRF fusionnent
Comme pressenti au printemps, les actionnaires des géants brésiliens de la viande Marfrig et BRF ont approuvé le 5 août la fusion des deux groupes sous le nom de MBRF, une opération qui reste soumise à l'approbation de l'autorité brésilienne de la concurrence, comme le rapporte l’AFP. Marfrig contrôlait déjà 60 % de BRF. « Les entreprises restent confiantes quant à la conclusion de la transaction, qui doit encore être approuvée définitivement par le Conseil administratif de défense économique (CADE) », ont-elles indiqué dans un communiqué commun. Le CADE a été saisi par un autre groupe alimentaire brésilien, Minerva, qui s'oppose à cette fusion en estimant qu'elle revient à créer un monopole de fait dans certains secteurs. Si l'opération est finalement approuvée, elle donnera naissance à un groupe de 130 000 employés, distribuant 8 Mt de viande par an dans 117 pays et réalisant un chiffre d'affaires annuel de près de 24 Md€. MBRF deviendrait le numéro quatre mondial du secteur, derrière le brésilien JBS et les américains Cargill et Tyson Foods. Le Brésil est le plus grand exportateur mondial de viande bovine et de poulet, et l'un des pays où la consommation par habitant est la plus élevée.
Miel : récolte 2024 en baisse de 28 % et faible rendement, selon FranceAgriMer
La récolte de miel en 2024 s’élevait à 21 585 t, soit une baisse de 28 % par rapport à 2023, selon l’observatoire 2025 de production de FranceAgriMer-Agrex consulting publié fin juillet. La campagne a été compliquée par « le printemps très pluvieux, froid et venteux », comme décrit par l’Unaf en octobre, même si le syndicat apicole annonçait une récolte bien moindre. Le tournesol (10,9 % des volumes) détrône le colza en tant que première miellée mono-florale, talonné par la lavande (10,3 %). Les miellées « toutes fleurs d’été » pèsent 25 % des volumes et devancent les « très mauvaises » miellées « toutes fleurs de printemps », qui ne représentent que 9,6 % de la production. Le rendement moyen par ruche est de 15,2 kg, contre 22,5 kg en 2023. C’est « l’un des plus bas constaté sur les dix dernières années, seule la campagne 2021 avait été moins bonne (14 kg/ruche) », souligne l’observatoire. Il est toutefois plus élevé pour les exploitations de plus de 400 ruches (18,2 kg). Les stocks étaient de 13 222 t en fin de campagne, après un record à 15 900 t fin 2023. Enfin, le nombre d’apiculteurs déclarés, en progression de 8 %, reflète une régularisation des déclarations plutôt qu’une hausse réelle du nombre d’apiculteurs.
Mirabelles : l’IGP Lorraine devrait atteindre son plein potentiel cette année
Potentiel atteint en volume, qualité au rendez-vous : la récolte des mirabelles de Lorraine IGP a débuté le 30 juillet et va s’étaler sur six semaines, pour un prévisionnel estimé « entre 5 500 t et 6 000 t » (sur 10 à 12 000 t produites en France), indique Quentin Hoffmann, président de l’Association des mirabelles de Lorraine. Environ 90 % des volumes sont mis en marché par l’union de coopératives Vegafruits, qui regroupe quelque 200 producteurs. « On a eu de bonnes conditions depuis la floraison, ce qui amène à des fruits très parfumés cette année, très sucrés, avec une belle couleur jaune dorée. Le calibre est globalement plutôt bon » précise M. Hoffmann. Ces dernières années, le contexte a été globalement favorable à ce segment de marché qui a réussi à tirer son épingle du jeu « dans la famille des fruits d’été et non plus d’automne ». « Quand on regarde les cotations, on gagne de la valeur en mirabelles de Lorraine », poursuit Quentin Hoffmann, pour ce produit à double fin (30 % en frais, 70 % transformés dont les oreillons surgelés IGP, avec une tendance plutôt porteuse). Par conséquent, « les surfaces ont tendance à augmenter sur toute la zone IGP », malgré l’enjeu du renouvellement générationnel, ainsi que le maintien de la qualité du fruit dans les aléas climatiques récurrents. (Florence Rabut)
Espagne : 4,3 M€ euros d’aides pour les activités européennes des syndicats agricoles
Le ministère espagnol de l’Agriculture a publié au Bulletin officiel du 6 août un appel à manifestation d’intérêt auprès des organisations professionnelles agricoles de dimension nationale pour financer leurs activités avec les institutions agricoles de l’Union européenne et des États membres en 2025. L’enveloppe de 4,3 M€ est à la disposition des « organisations professionnelles agricoles les plus représentatives » du pays, qui doivent se manifester d’ici au 28 août, pour des actions à réaliser avant le 20 novembre. Les organisations reconnues à ce jour, précise le communiqué, sont l’Association agricole des jeunes agriculteurs (Asaja), la Coordination des organisations des cultivateurs et éleveurs - Initiative rurale (COAG-IR, principal syndicat), l’Union des petits agriculteurs et éleveurs (UPA) et l’Union des unions régionales d’agriculteurs et éleveurs. Les trois premières organisations citées siègent à la Copa à Bruxelles. En matière de représentativité, le communiqué et le bulletin renvoient à des critères redéfinis en 2025. Les organisations doivent en particulier prouver qu’elles défendent des d’intérêts généraux et non sectoriels, et qu’elles agissent et sont implantées dans au moins sept communautés autonomes.
Enseignement agricole : Romain Jeantet nommé directeur de l’Institut Agro Rennes Angers
Romain Jeantet est nommé directeur de l’Institut Agro Rennes Angers, à partir du 1er septembre et pour cinq ans, comme le stipule un arrêté paru au Journal officiel le 3 août. Il était jusque-là directeur par intérim de l’école d’ingénieurs publique, après y avoir occupé la fonction de directeur des études. Selon sa page LinkedIn, il est également professeur en transformation des produits laitiers. M. Jeantet a obtenu son diplôme à l’Ensa de Rennes (avant qu’elle n’intègre l’Institut Agro), puis son doctorat à l’Institut Agro Rennes Angers. Depuis 2019, l’école de Rennes et Angers fait partie de l’Institut Agro (6 000 étudiants), qui comprend aussi les écoles d’ingénieurs agronomes de Dijon et Montpellier.
À nos abonnés : possible ralentissement des parutions en période estivale
En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.