Elections européennes: Renaissance publie son projet avec des propositions sur l'agriculture
Après avoir dévoilé certains noms de sa liste, Renaissance, le parti du président Emmanuel Macron, a présenté le 6 mai son programme pour les élections européennes du 9 juin qui prend la forme de 48 propositions. Si l’agriculture qui ne figure pas parmi les principales propositions, le discours s’articule toutefois autour du triptyque: simplifier, produire et protéger. La proposition phare du parti centriste est la mise en place d’un «Egalim européen» devant permettre «d’assurer des revenus dignes à nos agriculteurs». Renaissance souhaite simplifier les procédures et uniformiser les contrôles de la Pac, adopter la «préférence locale» et privilégier les circuits courts dans les marchés publics, mais aussi accélérer la mise sur le marché des nouveaux produits utilisant des mécanismes naturels (biocontrôle) et des nouvelles techniques génomiques (NBT) pour réduire l'utilisation de pesticides. Sur le plan international, la principale mesure concerne la mise en place d’un bouclier commercial européen censé concrétiser les «règles miroirs» et permettre une réponse rapide en cas de différend avec un pays tiers. En outre, les candidats s’engagent à abandonner «l’accord actuel avec le Mercosur» et à créer un «Frontex sanitaire» devant permettre de contrôler le respect des normes sanitaires et environnementales.
Ecophyto: le gouvernement annonce 20M€ pour dépolluer l’eau des pesticides
Dans le cadre de sa stratégie Ecophyto 2030 présentée le 6 mai, le gouvernement a annoncé une enveloppe de 20 millions d’euros (M€) pour aider les collectivités à potabiliser leurs eaux polluées par des pesticides et leurs métabolites. «C’est la première fois (…) qu’on a un budget qui est dédié, sur le curatif, au soutien aux collectivités locales. Un budget de 20M€», a indiqué le cabinet du ministre de la Transition écologique lors d’un brief à la presse. L’enveloppe est allouée à l’année 2024 et pourrait être reconduite dans le prochain projet de loi de finances. «L’idée, c’est quand même de faire perdurer cette mesure dans le temps, et évidemment d’en ajuster le montant au regard de son efficacité et des besoins qui remontent du territoire» a précisé l’équipe de Christoph Béchu. Par ailleurs, le gouvernement attend les conclusions de la mission interministérielle sur le coût de la pollution de l’eau par les pesticides. Cette mission avait annoncée par Christophe Béchu en novembre, alors qu’il était auditionné sur l’échec des plans Ecophyto en commission d’enquête à l’Assemblée. D’après notre enquête, équiper l’ensemble des collectivités pour traiter les métabolites dans l’eau coûterait 5 à 12 milliards d’euros.
Nutrition animale/reprise de Metex: pas d'offre du groupe Avril sans soutien public
Le groupe agroalimentaire Avril a annoncé le 6 mai que le soutien des pouvoirs publics était «indispensable» avant tout dépôt d'offre de reprise de l'usine amiénoise du biochimiste Metex, en redressement judiciaire, seule en Europe à produire de la lysine (alimentation animale). «Les conditions préalables permettant le dépôt d'une offre de reprise de nature à assurer une exploitation pérenne des activités, pour lesquelles le soutien des pouvoirs publics est indispensable, ne sont pas encore réunies», a-t-il expliqué dans un communiqué. Cette usine est confrontée depuis plusieurs mois à un environnement économique difficile, ses coûts de production ayant bondi en raison de l'envol des prix des matières premières, notamment le sucre. Metex a indiqué le 6 mai qu'aucune offre de reprise de ce site, où sont employées 280 personnes, n'avait été déposée avant la date limite fixée à midi. Sur décision des administrateurs judiciaires, le délai a donc été prorogé au 27 mai. Concernant l'autre usine du groupe, qui emploie une cinquantaine de personnes à Carling (Moselle), les administrateurs judiciaires ont reçu la semaine dernière deux offres de reprise portant sur les actifs et les activités.
Vin : la grêle détruit environ 2 000 hectares du vignoble de Bergerac
Environ 2 000 hectares du vignoble de Bergerac (Dordogne) ont été «complètement détruits» le 5 mai lors d'un violent épisode de grêle, a appris l’AFP auprès de l'interprofession locale. «On a subi un orage violent avec énormément de précipitations», a déclaré le 6 mai Éric Chadourne, président de l'Interprofession des vins de Bergerac et Duras (IVBD). La grêle a frappé «la zone la plus dense» de l'appellation, malgré les systèmes anti-grêle. Des techniciens de la Chambre d'agriculture de Dordogne et de l'IVBD se sont rendus sur place pour évaluer l'ampleur des dégâts. Les vignerons avaient déjà dû faire face à un épisode de gelées quinze jours plus tôt. «On s'interroge sur la succession vraiment rapprochée de ces événements», a ajouté le responsable. L'enjeu est désormais de «prendre soin des vignes pour essayer de sauvegarder ce qui va repousser», a-t-il souligné. Pour les ceps abîmés par les grêlons, les conséquences risquent de se faire encore ressentir l'année prochaine. À cela s'ajoute, à l'approche de l'été, la peur d'un retour du mildiou, maladie qui avait touché fortement la région en 2023. «L'hiver n'a pas été assez froid» pour tuer le champignon, qui s'étend par temps doux et humide, et fragilise les vignes en diminuant leur rendement.
Vignes : une PPL pour autoriser et encadrer l’entraide bénévole pour les vendanges
Une proposition de loi présentée par la députée Valérie Bazin-Malgras (LR, Aube) le 2 mai, vise à permettre aux exploitants viticoles de vendanger une petite surface avec l’aide de proches bénévoles sans devoir recourir aux formalités relatives à l’embauche de travailleurs salariés. Les possibilités prévues par la loi pour effectuer des travaux agricoles en recourant à des tiers hors d’une relation salariale sont actuellement limitées : urgence (accident mécanique), entraide via échanges de services, statut d’aide familial. Le texte précise qu’il serait possible de recourir à une entraide bénévole seulement sur des parcelles identifiées, déclarées et ne dépassant pas un hectare. L’exploitant serait responsable des dommages en cas d’accident du travail. «L’aide apportée n’est ni durable ou régulière, ni accomplie dans le cadre de contraintes qui caractériseraient un état de subordination. Elle ne se substitue pas à un poste de travail nécessaire au fonctionnement normal d’une entreprise ou d’une activité professionnelle» est-il expliqué. Pour rappel, le woofing est également vu comme une activité non présumée salariée par la MSA (convention de lutte contre le travail illégal de février 2014).