Céréales ukrainiennes: les eurodéputés ne renforcent pas les mesures de sauvegarde
Les députés de la commission du Commerce international du Parlement européen (Cominta), compétente au fond, ont adopté (26 voix pour, 10 contre et une abstention) leur position concernant les mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine, sans amender la proposition initiale de la Commission européenne. Par conséquent, les eurodéputés n'ont pas souhaité ajouter les céréales au dispositif de frein d’urgence automatique, au grand dam de la coalition de filières agricoles organisée autour du Copa-Cogeca qui regrette le manque de compréhension des parlementaires. Ce dispositif ne concernera donc que la volaille, les œufs et le sucre. Par ailleurs, ils ne se sont pas prononcés en faveur d’une modification de la période de référence de ces mesures, s’opposant ainsi aux demandes du secteur agricole de l’UE. Le Parlement européen devrait entériner sa position en première lecture lors de la session plénière du 11 au 14 mars, à Strasbourg. En cas d’adoption, le Conseil de l’UE, qui a validé une position identique, le 21 février, approuvera alors formellement le règlement qui entrera en vigueur après sa publication au Journal officiel de l'UE. Dans ce contexte, le Copa-Cogeca organisera une manifestation le 12 mars devant le Parlement de Strasbourg pour mettre la pression sur les eurodéputés.
Pac/simplification: Bruxelles consulte les agriculteurs sur leur charge administative
La Commission européenne a ouvert, comme annoncé, le 7 mars (et jusqu’au 8 avril) une enquête en ligne afin de recueillir directement les points de vue des agriculteurs de l’UE sur la charge administrative à laquelle ils font face. Parmi les questions posées: «Combien de temps consacrez-vous chaque année aux tâches administratives liées aux demandes d’aides et aux obligations de rapport?»; «Utilisez-vous des appareils mobiles pour fournir des photos géolocalisées?»; «Avez-vous eu recours à une aide extérieure pour préparer vos demandes d’aides de la Pac en 2023?». Les résultats préliminaires de cette enquête seront présentés d’ici la mi-avril, promet Bruxelles. L'exécutif européen mènera «en parallèle des entretiens avec les organisations paysannes pour compléter le tableau», afin d'avoir d’ici l’été «une vision plus précise des principaux obstacles administratifs rencontrés par les agriculteurs». Ces informations s'ajouteront à celles issues du Dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture, lancé au mois de janvier, et dont la deuxième réunion se tient les 11 et 12 mars à Bruxelles (les suivantes sont programmées pour les 22-23 avril, 11-12 juin et 9-10 juillet). Sur cette base, la Commission européenne publiera à l'automne une analyse détaillée qui alimentera les réflexions sur la révision de la Pac.
Élections européennes: les partis de gauche esquissent les grands axes de leur programme
Après Renew et les Républicains en début de semaine, un colloque organisé le 7 mars par plusieurs organisations agricoles et agroalimentaires* a été l’occasion pour les partis de gauche d’esquisser les grands axes de leur programme pour les prochaines élections européennes du 9 juin. Sans surprise, ils s’accordent pour plus de régulation des marchés agricoles et une distribution des aides de la Pac à l’actif plutôt qu’à l’hectare. L’eurodéputé PS sortant Christophe Clergeau, candidat à la réélection, appelle à «construire un nouveau pacte pour 20-30 ans» entre la société et les agriculteurs, autour d’une Pac «relégitimée» et «de nouveaux modes de régulation». De son côté, Benoît Biteau (EE-LV), également sortant et candidat, veut «rebâtir la Pac pour retrouver ses fondamentaux»: revenu agricole et accès à l’alimentation. L’élu vert propose de «sortir des accords de libre-échange bilatéraux» et de «réinventer des échanges multilatéraux, à travers une relance de l’OMC qui saurait se réinventer». Enfin, pour la députée française Aurélie Trouvé (LFI), la Pac doit assurer «une alimentation saine pour tous dans un environnement sain», tout en permettant de «maintenir l’agriculture familiale». «Il est faux de dire que les agriculteurs refusent de mener la bifurcation écologique, mais il faut leur en donner les moyens», estime-t-elle. *FNSEA, JA, Adepale (produits élaborés), Ania (agroalimentaire), Ilec (grandes marques) et Fédération des spiritueux
Clauses miroir: des députés de plusieurs partis proposent l'inversion de la charge de la preuve
Dans une proposition de résolution européenne enregistrée par l'Assemblée nationale le 2 février, plusieurs dizaines de députés issus des rangs de la gauche, de la majorité ou du centre – parmi lesquels Dominique Potier (PS), Frédéric Descrozaille (Renaissance), Thierry Benoit (UDI) ou André Chassaigne (PCF) – proposent «l’inversion de la charge de la preuve» dans l'application des clauses miroir incluses dans les accords de libre-échange. Ainsi, «il incomberait à l’exportateur d’apporter la preuve, au moyen d’un certificat délivré par un organisme tiers agréé par l’Union européenne, que ses denrées ont été produites dans des conditions conformes aux normes européennes.» Les députés estiment que ces mesures pourraient s'appliquer aussi bien aux pesticides qu'au bien-être animal. Ils rappellent que l'Union européenne met depuis peu en œuvre des mesures qui s'apparentent aux clauses miroir, notamment dans le cas de l'interdiction des hormones de croissance. Mais «l’application de ces normes impliquerait des contrôles au sein des sites de production agricole et des filières agroalimentaires de ces pays, qui ne disposent pas des mêmes outils de traçabilité», soulignent-t-il.
«Souveraineté alimentaire»: les propositions d'un duo de députés LREM et LFI pour l'Europe
Les députés Rodrigo Arenas (Paris, LFI) et Charles Sitzenstuhl (Renaissance, Bas-Rhin) font dans un rapport, publié le 7 mars au nom de la Commission des affaires européennes, font 27 propositions sur la «souveraineté alimentaire européenne». Ils proposent notamment la création d’un indicateur composite de souveraineté alimentaire au niveau de l’UE et demandent à la Commission européenne de présenter dans les meilleurs délais une stratégie sur les protéines végétale. En terme de législations, ils soutiennent les grandes lignes de la proposition de directive sur les sols, et souhaitent que la future Commission européenne présente rapidement un règlement sur la réduction de l’utilisation des pesticides qui garantisse l’accompagnement du monde agricole via des financements européens dédiés et une législation cadre relative à des systèmes alimentaires durables, deux textes qui ont été abandonnés par la Commission actuelle. Sur le volet du commerce international, les deux députés veulent des clauses miroir (à commencer par le bien-être animal) et s’opposent, en l’état des négociations, à la signature et à la ratification de l’accord d’association entre l’Union et le Mercosur. Rodrigo Arenas ajoute une proposition en son seul nom dans laquelle il plaide pour relever le niveau d’ambition environnementale de l’éco-régime français à partir de 2025 notamment pour en faire profiter le bio.
République tchèque: les agriculteurs protestent contre leur gouvernement et l’UE
Les agriculteurs tchèques ont manifesté le 7 mars dans le centre-ville de Prague (République tchèque) pour protester contre les politiques d'austérité, la bureaucratie excessive, les coûts de production élevés, mais également la législation environnementale de l’UE et les importations de céréales en provenance d'Ukraine, faisant écho au rassemblement qui a eu lieu la veille à Varsovie. Au-delà de ces sujets, certains manifestants ont aussi évoqué la différence de qualité des produits entre les pays de l’ouest et l’est de l’Europe, une problématique récurrente dans cette région de l’UE. «Nous protestons contre notre gouvernement, il retient nos subventions et nous n’avons pas les mêmes conditions qu’en Allemagne ou en France», a déclaré un agriculteur à l’AFP. Toutefois, la foule devant le bâtiment du gouvernement tchèque à Prague était moins nombreuse que les prévisions de la Chambre de l'agriculture, qui espérait la présence d’environ 4000 manifestants et 1000 tracteurs et autres machines agricoles.
Pays basque: action agricole franco-espagnole pour poser un ultimatum à l’UE
Une manifestation agricole commune entre la France et l’Espagne a eu lieu le 7 mars, bloquant l'autoroute A63 dans les deux sens de circulation, au niveau du péage frontalier de Biriatou, dans le Pays basque. L’objectif des quelque 300 manifestants était de mettre la pression sur l’UE à travers plusieurs revendications. Dans un premier temps, ils donnent deux mois à Bruxelles, jusqu’au 1er juin, pour aboutir à une «taxe zéro» sur le gaz, l’électricité, le gasoil ou encore le GNR (gazole non routier). Au-delà de ce sujet, les agriculteurs dénoncent également un prix d'achat trop bas pour leur production dans le cadre de la Pac et un manque d'aides au secteur. «C'est la première fois que nous nous mobilisons ensemble et probablement pas la dernière», a commenté Joseba Pagadizabal, agriculteur espagnol, auprès de l’AFP. Les manifestants ont livré leurs revendications communes, sans toutefois brandir de banderoles syndicales. La France et l’Espagne ont figuré parmi les pays épicentres des protestations agricoles qui ont secoué l’Europe durant le mois de février et qui se poursuivent, notamment en Europe orientale.
Bio: malgré la crise, Biocoop affiche un chiffre d’affaires en hausse et assure être rentable
Malgré la crise du secteur bio, Biocoop a indiqué, le 7 mars en conférence de presse, avoir réalisé 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2023, en légère hausse de 2,3%. Le premier réseau de magasins spécialisés dans la vente de produits bio assure être rentable, «que ce soit au niveau de la coopérative ou sur l'ensemble des magasins», sans souhaiter préciser à quel niveau. Contrairement à certains de ses concurrents comme Naturalia (groupe Casino), Biocoop a fait le choix de conserver une offre 100% bio. «On est restés droit dans nos bottes et on continue à progresser sur un rythme supérieur aux concurrents, on pense que cela nous donne raison», a estimé la direction de Biocoop. L’inflation dans ses rayons a été de 13%, contre une moyenne de 20% sur deux ans dans le secteur alimentaire. Cité par le journal Les Echos (article payant), le nouveau président de l’enseigne, Henri Godron, a expliqué avoir observé «un tournant à la rentrée 2023» avec le retour de clients occasionnels. Toujours selon le quotidien économique, Biocoop a gagné deux points de part de marché chez les spécialistes (à 45%). Les magasins indépendants ont «souffert», Biocoop aussi. En 2023, 39 magasins de l’enseigne ont fermé leurs portes, pour 13 ouvertures. En tout, l'enseigne revendique 739 magasins, approvisionnés par 9000 «fournisseurs locaux».
Légumes de plein champ: 3,9 M€ pour la recherche sur les alternatives aux pesticides
Dans un communiqué de presse du 7 mars, l’interprofession des légumes transformés (Unilet) a annoncé le lancement d’un programme de recherche dédié à la gestion de l’enherbement des cultures de plein champ spécialisées (légumes, légumineuses, pommes de terre et pavot médicinal). Baptisé «1er Decclic», le programme bénéficiera d’une enveloppe de 3,9 millions d’euros (M€) sur cinq ans, accordée dans le cadre de la Planification écologique. Selon l’interprofession, les travaux de recherche qui seront déployés pour 20 cultures permettront «d'établir des références agronomiques inédites pour ces productions spécialisées», «d'innover avec des matériels guidés par l'imagerie et l'intelligence artificielle pour réduire l'usage des herbicides», mais aussi «de travailler à la gestion des enherbements en actionnant des leviers à l'échelle du système agronomique et pour l'ensemble de la rotation». Soutenue par le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau et la ministre déléguée à l’Agriculture Agnès Pannier-Runacher, le programme s’inscrit dans le cadre plus général du Parsada, qui vise notamment à anticiper le potentiel retrait européen des substances actives.
Fibres végétales: un premier forum mondial pour décarboner la construction, le chanvre à l'honneur
Alors que s’enchaînent les records de chaleur sur le globe, les ministres chargés de la construction ou de l’environnement se sont réunis le 7 février à Paris, afin de déterminer comment rendre le secteur du bâtiment moins émetteur et plus résilient. La Chine et les États-Unis, les deux pays les plus émetteurs de CO2, étaient représentés. L’ONU prévoit un doublement des surfaces construites sur le globe d’ici 2060. Or, la construction est «un secteur où les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter», relève le cabinet du ministre français de la Transition écologique Christophe Béchu, co-organisateur de l’évènement avec l’Unep, l’agence onusienne chargée de l’environnement. Le secteur est notamment responsable de 21% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, de 37% des émissions de CO2 liées à l’énergie. «On sent nettement qu’il y a une prise de conscience internationale de plus en plus grande des effets du bâtiment sur le réchauffement», a indiqué Frédéric Vallier, secrétaire général de la Fédération du chanvre (FIHO), à l’AFP. Et d’ajouter que «le chanvre poussait partout dans le monde jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, et a été évincé (…) depuis, mais le monde est en train de redécouvrir ses extraordinaires possibilités pour l'agriculture et pour décarboner la construction».
Fibres végétales: à Rosny-sous-Bois, une école maternelle construite avec de la paille
Dans le quartier des Marnaudes à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), un projet de construction d’une école maternelle a recours à un mélange de bois, de paille et de terre. Ce projet vise à rendre «la ville plus résiliente face au changement climatique tout en accueillant confortablement de plus en plus d’élèves», souligne Charlotte Picard, l’architecte chargée du suivi du chantier, auprès de l’AFP. Cinq bâtiments publics – trois écoles et deux centres de loisirs – ont d’ores et déjà été construits dans cette ville selon des préceptes d’éco-construction encouragés par l'ONU. L’isolation et la construction en paille ont été développées aux États-Unis à la fin du 19e siècle, avec les premières botteleuses à paille. En France, la première maison à ossature bois et isolée en paille, construite en 1920, tient toujours debout à Montargis (Loiret). Aujourd'hui, «quelque 10 000 bâtiments sont isolés avec de la paille» en France, précise Christophe Benoit, artisan et formateur en construction terre-paille. Depuis 2012, la France est l'un des rares pays au monde à disposer de règles professionnelles reconnues et d'assurances permettant la construction-paille, grâce au travail du Réseau français de la construction paille réunissant artisans, constructeurs, architectes et ingénieurs.
Horticulture: lancement en avril d’une filière de collecte et recyclage des pots
Annoncée il y a quelques semaines, la filière de collecte et de recyclage des pots horticoles professionnels usagés (PHUS) sera opérationnelle dès le mois prochain, ont indiqué le 7 mars ses initiateurs Valhor (interprofession de l’horticulture, fleuristerie et paysage) et Adivalor (organisme de valorisation des déchets agricoles). «L’objectif est de recycler 60% des PHUS en polypropylène à horizon cinq ans», selon un communiqué commun. Le dispositif de collecte sera déployé dans les entreprises, et son «efficacité» sera évaluée (volumes collectés, taux de recyclage atteint…). Un organisme financeur, Vadeho, a pour cela été créé entre Valhor et huit de ses organisations professionnelles adhérentes. «Le recyclage vient compléter d’autres actions telles que l’écoconception, dans une démarche globale volontaire d’amélioration des impacts environnementaux de la filière du végétal et de maintien de la compétitivité des entreprises en proposant des produits plus vertueux», selon le communiqué. Ces services seront financés par une «éco-contribution volontaire» versée par les metteurs en marché de plants et plantes, allant de 0,17 ct€ par pot de moins de 0,5 l à 5 ct€ par pot de plus de 4 l.
Élevage: vers un ralentissement de la baisse de production dans l’UE (Eurostat)
Dans un article publié le 6 mars, l’office européen de statistique Eurostat anticipe une «légère baisse des production animales en 2024» après une forte chute l’année précédente. En bovins, la production indigène brute est attendue en recul de 1% au second semestre 2024 (à 12,1 millions de têtes), par rapport à la même période en 2023. L’année précédente, elle avait perdu 4%. Des chiffres comparables avec les évolutions attendues en France, premier producteur européen. Eurostat prévoit une tendance similaire en porcs, avec une érosion prévue de 1% sur un an au quatrième trimestre 2024 (à 57,7 millions de têtes). En revanche, les petits ruminants devraient continuer à subir des baisses plus importantes: -7% pour les ovins (à 15,6 millions de têtes) au second semestre 2024, -9% pour les caprins (à 2,4 millions de têtes) à la même période. Eurostat ne prévoit pas de changement dans le classement des principaux producteurs pour 2024: la France resterait premier producteur bovin, l’Espagne se maintiendrait à la première place en porcs et ovins, et la Grèce resterait numéro un pour les caprins.
Porc: enquête ouverte après une plainte de L214 pour «mauvais traitements» en élevage
Une enquête a été ouverte après la plainte de L214 pour «mauvais traitements» sur animaux dans une exploitation porcine du Morbihan, a annoncé le parquet de Vannes à l'AFP le 6 mars. L'association a déposé plainte contre un éleveur possédant deux élevages à Malansac et Trédion, dont «l'état catastrophique laisse penser qu'[ils sont] à l'abandon», indique-t-elle dans un communiqué. Sur les images transmises par L214, on peut voir des cochons aux plaies béantes, des morceaux de cadavres gisant dans une mangeoire, mais aussi des truies cohabitant avec leurs porcelets morts et portant encore des sondes d'insémination artificielle dans leur système reproducteur. «La préfecture [du Morbihan] est au courant de la situation depuis presque deux ans», accuse L214, qui exige la fermeture immédiate de l'exploitation. Les cochons étaient abattus entre autres à l'abattoir Kermené, filiale de E.Leclerc. Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a dit sur X le 7 mars que l'abattoir a arrêté de travailler avec cet éleveur «depuis plusieurs semaines [à la suite d’une] alerte des responsables de la protection animale de l'abattoir». Une décision que «les images de L214 viennent conforter», souligne-t-il, avant de regretter que «ce type d'élevage sabote le travail de tous les éleveurs» porcins et en «bousille l'image».
Porc: l’élevage mis en cause par L214 constitue «une exception», pour la chambre
Réagissant dans un communiqué du 7 mars à une enquête de L214 sur un élevage porcin du Morbihan (lire ci-dessus), la chambre d’agriculture de Bretagne estime que l’exploitation mise en cause constitue «une exception» et «n’est en aucun cas le reflet des élevages porcins bretons». La chambre consulaire «déplore qu’une telle situation puisse exister», tout en insistant sur le fait que «les images diffusées ne doivent (…) pas jeter l’opprobre sur l’ensemble des éleveurs ni sur une filière». Et de rappeler qu’il existe des «cellules opérationnelles de prévention de la maltraitance en élevage», qui sont «composées entre autres de la DDPP (préfecture, NDLR), des chambres d’agriculture, des GDS, de la MSA, du conseil départemental». Leur mission est «d’identifier les situations de détresse des éleveurs et des conséquences sur les conditions d’élevage, la santé et le bien-être des animaux». La chambre de Bretagne admet que, «dans ce cas précis, la cellule n’a pas été en capacité d’identifier suffisamment tôt la situation dégradée dans cet élevage». Elle promet «d’en identifier les raisons et d’en tirer les enseignements de façon concertée entre les acteurs concernés par ce dispositif».
Porc: condamnation confirmée en appel pour le «cartel du jambon», sanctions réduites
La cour d'appel de Paris a confirmé le 7 mars la condamnation d'industriels du jambon et de la charcuterie pour des ententes sur les prix, mais a réduit à quelque 39 millions d'euros (M€) la sanction de 93 M€ prononcée par l'Autorité de la concurrence, selon l'arrêt consulté par l'AFP. Le 16 juillet 2020, l'Autorité de la concurrence avait lourdement sanctionné une douzaine d'industriels pour avoir formé un «cartel» afin de s'entendre sur les prix du jambon et de la charcuterie entre 2010 et 2013. Les amendes les plus lourdes avaient été prononcées respectivement à l'encontre de la Cooperl (35,5 M€), du groupe de distribution Les Mousquetaires (31,7 M€), et du groupe Fleury Michon (près de 14,8 M€). La cour d'appel a sensiblement réduit l'amende de la coopérative Cooperl, passée à 13 M€. Dans leur décision, les magistrats expliquent avoir pris en compte «les difficultés financières particulières dont justifie le groupe». La situation financière alléguée par Fleury Michon n'est quant à elle pas établie, a estimé la cour, qui prononce à l'encontre du groupe une amende de 12,9 M€. Le groupe Les Mousquetaires (Intermarché, Netto) voit lui sa sanction diminuer en appel à 5,6 M€.
Services en élevage: l’intelligence artificielle est l’une des «pistes prioritaires» d’Eliance
À l’occasion de l’assemblée générale d’Eliance le 7 mars, son président Dominique Davy a déclaré que l’exploration des «opportunités offertes par l’intelligence artificielle» pour développer des services aux éleveurs est l’une des «pistes prioritaires» du réseau, qui rassemble toutes les entreprises françaises de conseil et de services en élevage, de sélection et de mise en place pour les ruminants. Cette thématique était mise à l’honneur ce jour-là par Eliance, qui s’y intéresse «depuis des années», rappelle son président. Le réseau a notamment développé un outil d’intelligence artificielle (Res’previ) permettant de «d’aider les organisations de producteurs dans les négociations commerciales avec les industriels» en estimant la production de lait sur les douze prochains mois. L’écart entre la prévision et les volumes réellement livrés s’établit «entre 0,5% et 1%», revendique Eliance. Treize organisations de producteurs et coopératives, soit 3500 exploitations, utilisent Res'previ. Eliance travaille aussi sur la mise en place d’une «base d’échange de données» à l’échelle du réseau pour permettre le développement de nouveaux outils d’intelligence artificielle.
Retrouvez votre agenda de la semaine agricole du 11 mars 2024
Lundi 11 mars
2e réunion du Dialogue stratégique sur l'avenir de l'agriculture (Bruxelles), jusqu'à mardi
Visioconférence sur les conditions de travail en élevage de poules pondeuses (RMT Travail en agriculture)
Mardi 12 mars
Vote du Parlement européen sur la directive Émissions industrielles
Le Sénat examine la PPL sur les Conflits de voisinage
Début du salon CFIA (agroalimentaire) à Rennes, jusqu'à jeudi
Conférence de presse du Crédit agricole sur un service dédié au marché du carbone
Conférence de presse de Lactel
Conférence Agridées sur le concept Une seule santé
Conférence du syndicat des vins des côtes-du-Rhône
Mercredi 13 mars
Présentation d'un rapport parlementaire sur les PFAS
Présentation d'un rapport parlementaire sur la loi Descrozaille
Journée organisée par Végéphyl dédiée à la réglementation de la protection des végétaux
Jeudi 14 mars
Colloque du collectif les Z'homnivores (industrie de la viande) sur l'agriculture
Vendredi 15 mars
Congrès de l'association des salariés agricoles, à Vannes, jusqu'à samedi