Ukraine: Bruxelles présente son second paquet de 100 M€ issus de la réserve agricole
À la suite de l'accord conclu le 28 avril avec les pays d’Europe de l’Est affectés par les importations de produits agricoles ukrainiens, la Commission européenne a présenté, le 3 mai aux États membres, sa proposition relative au second paquet de 100 M€ issus de la réserve agricole. Dans le détail, Bruxelles propose d'allouer 9,77 M€ à la Bulgarie, 15,93 M€ à la Hongrie, 39,33 M€ à la Pologne, 29,73 M€ à la Roumanie et 5,24 M€ à la Slovaquie. Ces pays peuvent compléter ce soutien de l'UE jusqu'à 200% avec des fonds nationaux, ce qui représenterait une aide financière totale de 300 M€ pour les agriculteurs dont les marges ont été rognées. L'allocation a été évaluée à la fois en fonction du montant des paiements directs de la Pac et de la croissance relative des importations ukrainiennes de céréales et d'oléagineux dans ces pays. Le 20 mars, Bruxelles avait proposé d’allouer un premier paquet de 56,3 M€. Le second paquet présenté le 3 mai s’inscrit dans un accord passé entre l’UE et ses Etats membres de l’est. Dans ce cadre, Bruxelles a adopté une mesure de sauvegarde exceptionnelle autorisant uniquement le transit de produits agricoles ukrainiens. En retour, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie se sont engagées à lever leur interdiction unilatérale d’importer des produits agricoles ukrainiens.
Climat: la France «doit se préparer à un réchauffement (...) allant jusqu'à +4°C» (CNTE)
Le Conseil national de la transition écologique (CNTE) – qui regroupe représentants des collectivités territoriales, associations, syndicats, patronats et parlementaires –, a adopté «à l’unanimité» une trajectoire d’adaptation à un réchauffement climatique de +4°C en France métropolitaine, rapporte l’AFP. Si, au niveau global, l’augmentation devrait être de 3°C, le réchauffement climatique devrait être plus marqué en France par rapport à la moyenne mondiale, souligne le sénateur écologiste et vice-président de la commission spécialisée du CNTE Ronan Dantec auprès de l'AFP. La situation variera par ailleurs en Outre-mer selon la situation des territoires: «Saint-Pierre-et-Miquelon ira au-delà de +4°C et d'autres territoires, avec l'inertie de l'océan, seront plus proches du +3°C, qui est la moyenne mondiale», précise M. Dantec. L'avis suit les préconisations du ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, qui appelle depuis quelques mois à sortir du «déni» et à préparer la France à un réchauffement possible de 4°C. L'Hexagone prépare actuellement son troisième Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC). La mouture précédente se fondait sur des hypothèses moins pessimistes d'une hausse moyenne des températures de 2°C par rapport à l'ère préindustrielle, rappelle l’AFP.
UE/Mercosur: les députés déposent leur proposition de résolution transpartisane
Comme annoncé en mars, des députés français de tous les groupes politiques (hormis le RN) ont déposé, le 27 avril, une proposition de résolution marquant leur opposition à l’accord de libre-échange UE/Mercosur «tel que conclu en 2019». Alors que Bruxelles compte finaliser l’accord cet été, les élus emmenés par Pascal Lecamp (Modem, Vienne) y formulent trois demandes au gouvernement. Primo, l’exécutif doit «communiquer» aux instances européennes «l’opposition de la France à l’adoption de l’accord» si celui-ci ne comprend ni clause miroir ni «clause suspensive relative au respect (…) de l’accord de Paris», enjoignent-ils. Secundo, ils exhortent le gouvernement à «faire savoir publiquement» que la France refuse le «découpage» de l’accord, qui aurait pour conséquence l’absence de ratification par les parlements nationaux de sa partie commerciale. Tertio, les députés poussent le gouvernement à «généraliser le principe de réciprocité des normes» via des mesures miroirs sur les dispositions à venir du Pacte vert européen. Selon les députés signataires, l’accord UE/Mercosur est «de nature à augmenter la déforestation importée» et pourrait «faciliter l’entrée sur le marché européen de produits alimentaires traités avec des pesticides et des médicaments vétérinaires interdits par la règlementation européenne».
LOA: les Pays de la Loire mettent l’accent sur les PSE et les crédits carbone
La concertation régionale sur le Pacte et la Loi d’orientation et d’avenir pour l'agriculture (LOA) s'est achevée le 4 mai dans les Pays de la Loire. «C’est la première région qui évoque explicitement le sujet des paiements pour services environnementaux (PSE), et la deuxième région – après la Normandie – qui évoque le stockage du carbone», a déclaré le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau en conférence de presse, à l'issue de la plénière de restitution. Sur les PSE, la région propose «d’encourager les pratiques et systèmes favorables à des sols vivants» en rémunérant «le service rendu à la transition», selon une présentation de synthèse qu’Agra Presse a pu consulter. Au sujet du carbone, Lydie Bernard, la présidente de la commission Agriculture du conseil régional, a indiqué que la Région est «prête à se saisir» du dossier pour que le monde agricole «continue à être en ordre de marche» pour proposer des crédits de carbone vert aux entreprises qui souhaiteront compenser leurs émissions. «Aujourd’hui, un agriculteur peut rentrer dans les crédits carbone sur une situation qu’il améliore», a expliqué Lydie Bernard, qui souhaite inclure dans le dispositif «une vraie autre réalité: les exploitations qui n’ont rien à améliorer, ou très peu de choses, et qui peuvent proposer des crédits carbone».
Sainte-Soline: dégradations à la chambre de Haute-Garonne, la FNSEA et les JA visés
Dans un communiqué du 4 mai, la FDSEA 31 informe qu’«une tentative d’intrusion» est survenue plus tôt dans l’après-midi à l’entrée de la chambre d’agriculture de Haute-Garonne, qui accueille les locaux toulousains du syndicat. «Nous déplorons la violence de l’action. De plus, ces locaux ne sont pas à nous, nous les louons à la chambre d’agriculture», déclare sa présidente Laure Serres. Elle précise que le syndicat compte déposer plainte. Selon les faits rapportés par la FDSEA, une trentaine d’individus ont «barricadé l’entrée de l’établissement» avec des poubelles et «tagué des slogans anti-FNSEA et JA (Jeunes agriculteurs, NDLR». Selon Laure Serres, les auteurs auraient déclaré qu’ils étaient «solidaires avec les actions de Sainte-Soline», commune des Deux-Sèvres qui a été le théâtre de manifestations contre des retenues d'eau. «À bas leur vieux monde»; «FNSEA, JA: mégaordure», pouvait-on lire sur les slogans tagués. La FDSEA 31 indique qu’elle «ne cautionne aucun acte de violence». «Nous sommes là pour dialoguer, et nous déplorons largement les méthodes employées par ce groupe qui ne s’est même pas identifié», affirme le syndicat. Il assure son «soutien» et sa «solidarité» avec les JA, également visés par les slogans.
Biocontrôle: Agriodor lève 5 M€ pour développer des alternatives aux néonicotinoïdes
La jeune entreprise française Agriodor vient d’annoncer la clôture d’un tour de table de 5 millions d'euros (M€) mené auprès des institutions financières Capagro, Cap Horn, BNP Paribas développement, Swen Capital Partners et Breizh Up, d'après un communiqué de presse du 27 avril. Depuis 2019, l’entreprise rennaise développe des solutions de biocontrôle composées de substances odorantes – les kairomones (attractifs) et les allomones (répulsifs) – qui modifient le comportement des insectes ravageurs et permettent de réduire les dégâts causés sur les cultures. Avec cette levée de fonds, l’entreprise souhaite notamment s’attaquer à deux cultures «majeures en Europe menacées par les ravageurs»: le colza et la betterave. La solution dont les résultats sont déjà «avancés» concerne les pucerons verts de la betterave sucrière. Depuis 2021, Agriodor est impliquée dans le Plan national de recherche et innovation (PNRI) mené par l’ITB (Institut technique de la betterave) et l’Inrae visant à trouver des solutions de remplacement aux néonicotinoïdes. Cette solution devrait être finalisée en 2023, et sera déployable en Europe (où sont cultivés 1,5 Mha de betteraves sucrières), selon l’entreprise rennaise.
Pollinisateurs: Bee Friendly lance un outil pour guider les cultivateurs avant de traiter
Dans un communiqué publié le 29 avril, l’association de protection des abeilles Bee Friendly a annoncé le lancement de sa plateforme gratuite Toxibees, qui fournit un «outil d’aide à la décision et d’information» pour les cultivateurs qui prévoient de réaliser un traitement phytosanitaire. L’outil détaille «pour chaque molécule le mode d’interaction et le niveau de toxicité vis-à-vis des abeilles et pollinisateurs» grâce à un «ToxiScore» s’échelonnant de A à E, précise l’association. Elle ajoute qu’il ne s’agira pas «de recommander certains pesticides plus que d’autres, mais bien d’informer au maximum les agriculteurs sur les effets de tel ou tel produit, afin qu’ils puissent faire le choix le plus éclairé possible lorsqu’ils ont besoin d’intervenir sur leurs cultures». Pour développer son outil, Bee Friendly s’est appuyé sur un comité scientifique réunissant l’Inrae, le CNRS et l’Institut de l’abeille et de la pollinisation. À l’heure actuelle, les informations consultables sur Toxibees concernent uniquement les molécules et non les produits phytosanitaires. Les «co-formulants peuvent modifier la toxicité finale» de ces derniers, mais «les données sont malheureusement moins disponibles», souligne l’association sur la plateforme Toxibees.
Méthane: Nestlé teste des aliments pour réduire les émissions des vaches laitières
Le groupe Nestlé a inauguré, le 3 mai, un institut de sciences agricoles à Lausanne en Suisse, dont les recherches porteront notamment sur la réduction des gaz à effet de serre de la filière laitière. L’institut travaillera sur les pratiques agricoles durables afin d’améliorer la santé des sols et d’encourager la biodiversité. «Pour continuer à fournir à une population grandissante des aliments savoureux, nutritifs et abordables, nous avons besoin d'une transition vers des systèmes alimentaires plus responsables et plus durables», a déclaré Paul Bulcke, le président du géant agroalimentaire suisse. Les aliments pour les vaches sont testés sur une machine mesurant les émissions de gaz à effet de serre, y compris le méthane. Des compléments alimentaires à base d’algues, entre autres, y sont évalués avant d’être testés en situation réelle dans des fermes. Le groupe Nestlé avait été interpellé, mi-avril, par des militants écologistes au sujet de ses émissions de méthane. L'ONG The Changing Markets Foundation lui reproche de ne pas avoir «d'objectif spécifique» de réduction des émissions de méthane dans son plan de neutralité carbone, alors que sa production laitière représente deux fois plus que les émissions de méthane «de l'ensemble du secteur de l'élevage en Suisse», selon elle.
Retrouvez l'agenda de la semaine agricole du 8 mai 2023
Mardi 9 mai
Les députés examinent en commission la PPL sur le risque d’incendies
Visioconférence de FranceAgriMer et Valhor (interprofession) sur les achats de végétaux
Mercredi 10 mai
Audition plénière de la mission d’information biocarburants, au Sénat
Les députés examinent la PPL «Soutenir les petites entreprises et les collectivités territoriales en cas de crise énergétique»
Les députés se prononcent sur la création d’une commission d’enquête à propos des récentes violences lors des manifestations (Sainte-Soline, réforme des retraites)
Jeudi 11 mai
Les députés examinent la proposition de résolution contre les surtranspositions en agriculture
Conférence de presse de la FNSEA sur ses propositions pour la loi d’orientation agricole
Conférence de presse sur le commerce équitable (Max Havelaar, Malongo)
Colloque «Objectif cultures propres» sur le désherbage (instituts techniques, chambres), en Côte-d’Or