Engrais, sucre : Macron propose un pacte de décarbonation aux industriels
Emmanuel Macron a proposé le 8 novembre un pacte de décarbonation aux industriels les plus émetteurs de CO2 en France avec un doublement de l'aide publique à 10 milliards d'euros en échange d'un doublement de leur effort en la matière. Parmi ces industries figuraient notamment les fabricants d’engrais Yara et Borealis mais aussi les sites de production de sucre Tereos et Cristal Union, d'ores et déjà engagés dans la décarbonation. «Si des projets et des sites sont identifiés d'ici à 18 mois, si vous doublez vos efforts, si on arrive à passer des 10 millions de tonnes de CO2 évités à 20 millions instruits, nous doublerons les moyens consacrés à cet enjeu et passerons l'enveloppe de 5 à 10 milliards d'euros d'accompagnement», a lancé le chef de l'Etat aux industriels réunis à l'Elysée. Pour arriver à cet effort, le chef de l'Etat, tout juste de retour de la conférence mondiale sur le climat (Cop27) à Charm el-Cheikh en Egypte, a aussi annoncé que le gouvernement allait dérouler une planification précise à six mois et dans les années à venir, «filière par filière». Le 9 novembre, Dominique Faure, secrétaire d’État à la Ruralité, se rendra à Bazancourt, sur le site industriel de Cristal Union. À eux seuls, «les cinquante sites représentent la moitié des émissions de l'industrie, soit 10% des émissions totales du pays», a indiqué l'Elysée à l'AFP.
Engrais : des achats en retard de 20% par rapport à la normale (Unifa)
À l’occasion de leur conférence annuelle le 8 novembre, les industriels de la fertilisation (Unifa) ont présenté les statistiques de livraison d’engrais à usage professionnel (producteurs, importateurs, grossistes et coopératives) pour la campagne de 2021-2022. En tout, ce sont 10,8 Mt d’engrais qui ont été livrées, soit une baisse de 5% par rapport à la campagne précédente, dont 8,14 Mt d’engrais minéraux et organo-minéraux (-7% par rapport à 2020-2021) et 2,641 Mt d’amendements minéraux basiques (+1,8% par rapport à la campagne précédente). La campagne de 2022-2023 semble emprunter la même voie que la précédente, avec en plus des retards dans les actes d’achats des agriculteurs. En septembre, leur taux de couverture était ainsi «inférieur de 20% par rapport à une campagne classique», a précisé Florence Nys, déléguée générale de l’Unifa. Sur 2021-2022, les baisses de livraisons les plus fortes s’observaient en phosphore (-23,2%) et potassium (-23,7%), là où l’azote enregistrait une baisse de 7,7 %. A l’inverse, le magnésium, le soufre et la correction de l’acidité des sols ont enregistré des hausses avec respectivement +5%, +7,8% et +2,4%. Pour rappel, le service statistique SSP du ministère de l’Agriculture délègue depuis 2014 à l’Unifa la réalisation de cette enquête portant sur les livraisons d’engrais minéraux et organo-minéraux.
Transport d’animaux: l’Allemagne cessera l’export de tous les bovins vifs en juillet 2023
Pour des préoccupations de bien-être animal, «les certificats vétérinaires allemands pour les exportations de bovins, ovins et caprins vivants destinés à l'élevage seront retirés à partir du 1er juillet 2023», annonce le ministère fédéral de l’Agriculture dans un communiqué le 28 octobre (document en allemand). Cette décision mettra fin à l’exportation de bovins vifs pour la reproduction (31 000 animaux en 2021), alors que l’Allemagne avait déjà pris une mesure similaire pour l’envoi vers les pays tiers d’animaux destinés à l’engraissement et à l’abattage (591 têtes, selon l’Idele, interrogé par la France agricole). «Au lieu de transporter des animaux vivants pour l'élevage, l'accent sera mis à l'avenir encore plus sur l'échange de matériel génétique», précise l’exécutif allemand. «Aucun animal n'est protégé si les interdictions nationales sont contournées en transportant d'abord les animaux dans un autre État membre pour les exporter ensuite vers des pays tiers», remarque toutefois le ministre fédéral Cem Özdemir, cité dans le communiqué. «Pour que les restrictions nationales ne soient pas contournées, nous avons aussi besoin de toute urgence de meilleures règles communes en Europe», appuie-t-il, alors que la Commission européenne doit présenter en 2023 son projet de révision de la réglementation sur le bien-être animal.
Porc: vers un étiquetage obligatoire du mode d’élevage en Allemagne
En Allemagne, deuxième producteur européen de porcs, le gouvernement fédéral allemand a récemment publié un projet de loi visant à instaurer un étiquetage obligatoire du mode d’élevage sur la viande de porc. Le texte a été approuvé le 12 octobre et «la procédure parlementaire est sur le point de démarrer», précise le ministère fédéral de l’Agriculture sur son site web (page en anglais). Au 8 novembre, elle n’avait toutefois pas encore débuté. L’étiquetage fournira des «informations neutres» sur les conditions d’élevage durant la phase d’engraissement. Il comportera cinq niveaux: bâtiment standard (minimum réglementaire), bâtiment amélioré (+20% d’espace), bâtiment avec accès extérieur, plein air, bio. Il sera obligatoire «si les animaux sont élevés en Allemagne et si les produits alimentaires [qui en sont issus] sont vendus à des consommateurs finaux en Allemagne». Les produits importés en provenance de l’UE ou des pays tiers pourront l’apposer de manière facultative. Dans un premier temps, cet étiquetage s’appliquera à la viande de porc non transformée (fraîche, réfrigérée et congelée), qu’elle soit conditionnée ou non, et ce dans plusieurs canaux de distribution (GMS, grossistes, épiceries, vente en ligne). Le ministère compte l’étendre «rapidement» à d’autres espèces, à la RHD et aux produits transformés.
Porc bio: en crise de surproduction, la filière demande un plan d'aides d'urgences
Les représentants des groupements et coopératives de producteurs de porcs bio de Forebio et de la Coopération Agricole ont demandé, fin octobre, un plan d’aides d’urgence au ministère de l’Agriculture, a appris Agra presse le 8 novembre. Aides aux coopératives, plan de cessation d’activités pour les éleveurs les plus âgés, passage momentané au conventionnel pour d’autres…Tout est sur la table pour tenter de juguler une situation de crise majeure pour une filière de 703 éleveurs et 18 300 truies (chiffres à fin 2021) dont «la production est actuellement supérieure de 25 à 30% à la demande», explique Antoine Forêt, président du groupement Bio Direct et référent de Forebio. La croissance rapide de la production a été fortement ralentie à partir de 2020. Les opérateurs français avaient trouvé en l’Allemagne un marché de substitution. «L’an passé, 15 à 17 % de la production française était destinée à l’Allemagne ou au stockage privé», explique Antoine Roinsard, coordinateur de Forebio. Mais le marché d’Outre-Rhin, lui aussi rattrapé par une baisse de la consommation, s’est fortement ralenti l’été dernier. Le 8 novembre, les professionnels étaient toujours dans l’attente d’un retour du ministère. (Franck Jourdain)
Ours : les constats de prédation repartent à la hausse en Ariège
Près de 820 ovins auraient été déclarés prédatés par l’ours en 2022, contre seulement 627 en 2021 et 768 en 2020, selon des chiffres communiqués par la DDT de l’Ariège (préfecture) fin octobre, et consultés par Agra presse. Les éleveurs ont également déclaré la perte de 37 bovins, contre seulement 15 en 2021 ou 31 en 2020. «Ces chiffres ne sont pas rassurants et traduisent l’impunité de l’ours», réagit Franck Watts, administrateur au sein du syndicat ovin de l’Ariège. Dans le détail, 403 dossiers ont été déposés, mais seulement 326 seraient indemnisables. Dans ce contexte de hausse des dégâts, l’annulation par la justice de l’expérimentation sur les effarouchements risque de «tendre» encore plus les relations entre les éleveurs et les associations de protection, prévient Franck Watts. «L’effarouchement restait une mesure relativement symbolique, mais c’est ce qui nous rapprochait le plus des prélèvements autorisés sur le loup. Et c’est précisément vers cela que nous devons tendre, au risque d’aboutir à une situation intenable», estime Franck Watts.
Cop 27: Macron détaille sa vision du financement des «pertes et préjudices»
À l’occasion de son discours à la Cop27, Emmanuel Macron a promis, aux côtés de la Barbade, de porter, d’ici le printemps 2023, un «choc» de mobilisation des financements concernant les «pertes et préjudices» liées au changement climatique. Quand les pays émergents ou en développements sont frappés par des catastrophes climatiques «nous devons le prendre en compte», et «suspendre» les exigences des bailleurs concernant la dette ou les garanties financières, a proposé le président de la République. Un «groupe de sages de haut niveau» sera chargé de faire des propositions d’évolution des règles du FMI, de la Banque mondiale ou des grands prêteurs sous six mois. Emmanuel Macron a rappelé que les pays développés financeraient actuellement seulement 82 milliards de dollars sur les 100 milliards annuels promis dès 2009 aux pays en développement. Or, selon un rapport publié par le cercle de réflexion américain Brookings et la London School of Economics, près de 2200 milliards de dollars seraient nécessaires d’ici 2030 pour aider les pays en développement et émergents (hors Chine) à faire face au changement climatique. Alors que la Cop15 sur la biodiversité s’ouvrira début décembre au Canada, Emmanuel Macron a aussi suggéré de travailler sur des «contrats pays par pays» afin de préserver les écosystèmes remarquables.
UE-Mercosur: après l'élection de Lula, le Copa s'inquiète d'un «passage en force»
Suite à la victoire de Lula aux élections présidentielles brésiliennes (plus sensible aux questions environnementales que son prédécesseur Jair Bolsonaro), la présidente du Copa (organisation des agriculteurs européens), Christiane Lambert s’inquiète dans une Tribune publiée le 8 novembre, de la tentative menée par la Commission européenne d’accélérer la procédure de ratification de l’accord UE-Mercosur. Alors qu’il s’agissait initialement d’un accord mixte, elle dénonce la tentative de Bruxelles d’isoler la partie «commerce» afin de pouvoir outrepasser l’aval des parlements nationaux des États membres, et de le soumettre seulement à l’approbation du Parlement européen et du Conseil de l’UE. Avant de prévenir que «cela constituerait un précédent dangereux pour l’agriculture de l’UE» et «risquerait de mettre en péril, davantage encore, la durabilité de l’agriculture européenne». Pour justifier sa position, Christiane Lambert explique que dans cet accord le chapitre agricole est déséquilibré, en particulier pour les secteurs sensibles (viande bovine, volaille, riz, jus d’orange, sucre et éthanol). D’autre part, elle souligne aussi le risque des effets cumulatifs difficilement mesurables de tous les accords déjà signés par l’UE.
Grande distribution: Carrefour dévoile sa nouvelle stratégie, entre prix bas et durabilité
Le distributeur Carrefour a dévoilé, le 8 novembre, son plan stratégique à l’horizon 2026 avec l'objectif de développer sa marque propre et d'ouvrir des magasins discount tout en favorisant l'essor des produits durables. En ce qui concerne la production agricole, l’enseigne veut nouer des partenariats avec 11 000 producteurs supplémentaires, pour atteindre 50 000 agriculteurs partenaires. En fruits et légumes, Carrefour projette de doubler ses approvisionnement en circuits «ultra-courts» (moins de 50 km du magasin) en Europe et de lancer une enseigne primeur «Potager City» en France. Le distributeur espère multiplier par cinq ses ventes sur le vrac et augmenter significativement son chiffre d’affaires sur les produits d’origine végétale. Il se fixe l’objectif d’atteindre 8 Md€ de chiffre d’affaires sur des produits certifiés durables, soit une hausse de 40% par rapport à 2022. Un fonds doté de 10 M€ est créé «afin de financer des projets contribuant à la préservation de la biodiversité». Au rayon viande, le distributeur exclura la viande bovine issue des «zones à risque» de déforestation d’ici 2026. Début septembre, deux fournisseurs du groupe Carrefour au Brésil avaient été mis en cause dans un rapport de l’ONG Might Earth pour leur participation à la déforestation (voir Agrafil du 7 septembre).
E-commerce agricole: Agriconomie lève 60 M€ pour croître en Europe
Agriconomie, distributeur en ligne de matériels, semences, produits et services nécessaires aux cultures et à l’élevage, vient de boucler une nouvelle levée de fonds de 60 millions d’euros (M€), «la plus importante levée de fonds d’une plateforme Agtech en Europe», selon un communiqué de l’entreprise diffusé le 8 novembre. Ce tour de table a été co-dirigé par le groupe d’investissement familial Treïs Group, le fonds d’investissement singapourien Temasek et Aliment Capital (anciennement Pontifax AgTech), avec la participation d'Eurazeo. Le site de e-commerce, cofondé en 2014 par Clément Le Fournis, Dinh Ngyuen et Paolin Pascot, actuel p.-d.g., a multiplié les levées de fonds ces dernières années, pour un total de 25 millions d’euros, auprès de plusieurs fonds d’investissements, dont ID Invest. Avec ses nouvelles ressources financières, Agriconomie veut mettre à exécution son projet de devenir en 2027 le leader européen de l’agro-distribution en ligne. Présent commercialement en Belgique, Allemagne et Espagne, Agriconomie vient d’ouvrir un bureau à Munich pour le marché allemand, et va ouvrir des bureaux en Espagne et en Italie pour se développer plus vite sur ces marchés. Des recrutements sont aussi en cours pour passer de 25 commerciaux à 50 commerciaux à terme. (Agra Innovation - Lire plus)
Céréales : les malteries aussi attendent du soutien public face au coût de l’énergie
Dans un communiqué de presse paru le 8 novembre, le syndicat des Malteurs de France a alerté les pouvoirs publics sur «l’explosion des coûts de l’énergie, [qui] met en très grandes difficultés les malteries françaises», et a demandé que des solutions «soient rapidement identifiées» pour passer «ce cap douloureux». Selon la filière, «la part de l’énergie dans les coûts de production a plus que doublé en un an». Aussi craint-elle «des pertes de marché massives liées à une baisse de sa compétitivité sur les marchés internationaux», alors qu’elle exporte 85% de sa production. «Malgré un discours public déterminé, les solutions peinent à se faire jour», affirme le secteur. Il soutient qu’en raison «de critères d’éligibilité extrêmement contraignants», les aides dédiées aux entreprises énergo-intensives n’ont pas permis de l’aider. Et d’ajouter que les récentes annonces sur l’électricité «ne concernent que les PME alors que la malterie est une industrie de volumes». «Nos concurrents américains ou asiatiques ne supportent pas la même flambée des coûts énergétiques que les Européens, précise Jean-Philippe Jélu, président de Malteurs de France, Les conséquences économiques et sociales [d’une perte de la compétitivité NDLR] seraient dramatiques pour nos entreprises et notre agriculture qui perdrait un débouché important».
Pains, viennoiseries: son projet en Bretagne bloqué, Le Duff investit à l'étranger
Le groupe agro-alimentaire Le Duff, dont un projet d'usine en Bretagne est actuellement au point mort en raison d'une contestation environnementale, a annoncé mardi trois investissements à l'étranger. Un des leaders mondiaux de la boulangerie et de la restauration, le groupe Le Duff a initié en 2017 un projet pour une nouvelle usine de viennoiseries et de pain de sa marque principale, Bridor, à Liffré, à une vingtaine de kilomètres de Rennes, avec l'espoir d'une mise en service «fin 2021». Mais «actuellement, la première pierre (...) n'est toujours pas posée«, déplore le groupe dans un communiqué. Le projet fait l'objet d'une vive contestation, notamment en raison de la consommation de terres agricoles et de la quantité d'eau qui sera nécessaire à son fonctionnement. Ne pouvant «avancer sereinement» sur ce projet, «Bridor a concrétisé trois projets complémentaires aux Etats-Unis, au Portugal et en Allemagne» pour alimenter ces différents marchés. «L'ensemble de ces trois sites représente la création de 3.000 emplois, dont près de 1.800 emplois directs et 1.200 emplois indirects». La capacité de l'usine Bridor à Montréal a également été doublée, précise le groupe. Basé à Rennes,le groupe Le Duff livre ses pains et viennoiseries dans une centaine de pays. Il emploie plus de 35.000 personnes, pour un chiffre d'affaires 2019 de 2,05 milliards d'euros.
Amande, miel: le nougat, première confiserie reconnue Label rouge
Le nougat est désormais reconnu Label rouge, suite à la parution d’un arrêté d’homologation au Journal officiel le 4 novembre. C’est la première confiserie à obtenir cette reconnaissance, signe «d’un produit de qualité supérieure comparé à un produit standard», salue l’Inao dans un communiqué le 8 novembre. Le nougat Label rouge est fabriqué avec des amandes non émondées, torréfiées «la veille ou le jour de fabrication du nougat» pour «la préservation des arômes», et les amandes sont «issues de la récolte de l’année en cours ou de l’année précédente». Le second ingrédient principal est «le miel de Provence IGP de lavande, souvent associé au Label Rouge Miel de lavande et de lavandin». D’après l’Inao, les fabricants «souhaitent s’approvisionner en grande partie avec des filières locales d’amandes». En pleine renaissance notamment en Provence, la filière amande produit actuellement 500t d’amandons. Elle espère en produire 1500t en 2023, et travaille aussi sur l’obtention d’un Label rouge et de deux IGP (voir notre dossier dans Agra Hebdo).
Prix du lait: nouvel accord annuel entre Bel et l’APBO, à 471 €/ 1 000 l
Relation commerciale «unique» dans le secteur, l’association des producteurs de lait Bel ouest (APBO) et le groupe Bel ont à nouveau signé un accord de prix à l'année, à 471€/1000l (38/32 primes pâturages et sans OGM incluses) pour 2023, soit 496€/1000l toutes qualités confondues hors bio, informent les deux parties dans un communiqué du 8 novembre. Le prix de base du lait bio est fixé à 530€/1000l. Les producteurs de l’APBO et Bel renouvellent ainsi leur partenariat pour la sixième année consécutive. Un prix fixé à l’année donne de la «visibilité» aux éleveurs, met en avant Béatrice de Noray, directrice générale de Bel France. La durée de cet engagement est «unique» dans le secteur laitier et «remarquable au vu de la conjoncture», souligne de son côté Frédéric Dorilleau, président de l’APBO. En 2022, la forte inflation a conduit les partenaires à réévaluer par deux fois le prix du lait, ce qui l’amène à une moyenne de 433€/1000l sur l’année, contre 377€/1000l dans l’accord initial. Le partenariat entre Bel et l’APBO a pour objectif de bâtir une filière lait bas carbone. «La décarbonation passe d’abord par une juste rémunération», affirme Frédéric Dorilleau. D’ici la fin de l’année 2022, toutes les exploitations auront réalisé une évaluation Cap'2er. L’APBO réunit tous les producteurs de lait livrant à Bel, soit 700 exploitations.
Aide alimentaire: la FNSEA regrette les limites du fonds annoncé de 60M€
Le fonds de 60 millions d’euros annoncé le 3 novembre par Elisabeth Borne est «un pas de plus pour lutter contre la précarité alimentaire» mais ne suffit pas, déclare la FNSEA dans un communiqué le 8 novembre. Le syndicat majoritaire estime «regrettable» que le premier volet du fonds, destiné aux associations d’aide alimentaire pour acheter des denrées, cible en particulier les fruits et légumes. «Flécher les fonds vers les fruits et légumes uniquement risque de créer un appel d’air aux produits d’importation», craint la FNSEA. Lors d’un brief à la presse le 2 novembre, le ministère des Solidarités avait indiqué que les «grandes associations» auraient besoin d’acheter «environ une dizaine de milliers de tonnes supplémentaires chaque année de fruits et légumes» pour «respecter les recommandations du programme national nutrition santé (PNNS)». D’autre part, la FNSEA «regrette que le chèque alimentaire ne puisse être développé qu’avec de potentielles expérimentations locales», comme prévu par le deuxième volet du fonds. Elle espère que le chantier visant à créer un chèque alimentaire durable «d’envergure nationale» continuera d’avancer «conformément à la loi climat et résilience». Matignon avait confirmé le 2 novembre que ce dispositif «est toujours à l’étude».
Agrivoltaïsme : dans les Landes, un démonstrateur ouvre son financement au voisinage
L’opérateur en énergies vertes Valorem lance un financement participatif pour son démonstrateur agrivoltaïque à Losse (Landes), a-t-il annoncé le 8 novembre. D’un montant de 70 000 €, cette levée de fonds sur la plateforme Lendosphere est «ouverte aux habitants du département des Landes, avec des conditions préférentielles pour ceux de la Communauté de communes des Landes d'Armagnac», selon un communiqué. Il est prévu que la collecte s’élargisse à tous si l’objectif n’est pas atteint. Le démonstrateur vise à «tester plusieurs cultures sous panneaux solaires (kiwi, framboise, asperge, luzerne) afin de déterminer celles qui présentent les meilleures performances agronomiques», précise Valorem. Etalé sur 2 hectares (dont 0,6 ha d’agrivoltaïsme et 0,6 ha de zones témoins), ce projet comporte environ 450 panneaux solaires bifaciaux pour une production de 310 MWh.
Social: en zones rurales, l'exploitation par le travail devance le proxénétisme (étude)
Entre 2016 et 2021 dans les communes rurales, la majorité des procédures d'infraction pour traite et exploitation d'êtres humains étaient liées à l’exploitation par le travail (52% des infractions), devant le proxénétisme (36%) et la traite d’êtres humains (12%), selon l’étude Instersats Analyse (n°49) du ministère de l’Intérieur diffusée le 18 octobre. Par contraste, dans les grandes unités urbaines d’au moins 10 000 habitants, plus de la moitié des infractions étaient dues au proxénétisme, devant l’exploitation par le travail, la traite d’êtres humains et l’exploitation de la mendicité. Concernant l’exploitation par le travail dans les zones rurales, les infractions «peuvent notamment être constatées dans des exploitations agricoles par exemple», détaille l’étude. L’âge des personnes mises en cause dans ce type d’infraction, tant en milieu rural qu’urbain, est élevé: «42 % ont 50 ans ou plus. Cela est lié à la particularité de cette forme d’exploitation pour laquelle l’exploiteur peut être le chef d’une entreprise ou d’une exploitation agricole par exemple».
Presse : Hugo Clément lance un nouveau média baptisé Vakita
Le journaliste Hugo Clément devrait prochainement lancer un média en ligne «autour des sujets sociétaux et environnementaux», ont appris nos confrères du Parisien. Baptisée Vakita, en l’honneur d’un animal marin en voie de disparition, la plateforme revendique selon le Parisien «un parti pris». «La situation est trop grave pour rester dans une posture de neutralité», estiment les fondateurs auprès de nos confrères. Vakita proposera une vidéo d’enquête quotidienne pour un abonnement sans engagement à 5 euros par mois. Si la majorité des capitaux appartiennent à Hugo Clément et à Régis Lammanat-Rodat - futur rédacteur en chef -, plusieurs grands groupes privés ont participé au financement, dont l'industriel de la publicité Jean-Sébastien Decaux, le fondateur de ventes-privées Jacques-Antoine Granjon, ou encore Xavier Niel (Free).