Signé le 10 juin, l’accord de partenariat entre l’UE d’une part, le Botswana, le Lesotho, le Mozambique, la Namibie, le Swaziland et l’Afrique du Sud d’autre part, va instaurer un libre-échange « asymétrique », orienté vers le développement. Il assure aussi un meilleur accès des produits agricoles européens au marché de l’Afrique du Sud ainsi que la protection réciproque des indications géographiques.
L’Union européenne et six des quinze membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) (Botswana, Lesotho, Mozambique, Namibie, Swaziland, Afrique du Sud) ont signé le 10 juin à Kasane, au Botswana, un accord de partenariat économique (APE) qui prévoit une libéralisation des échanges asymétrique, favorable, selon Bruxelles, au développement de cette région d’Afrique. L’accord, qui doit encore être ratifié par le Parlement européen et les Vingt-huit, garantira l’accès sans droits de douane au marché de l’UE pour la totalité des produits du Botswana, du Lesotho, du Mozambique, de la Namibie et du Swaziland, qui, de leur côté, ouvriront le leur à hauteur de 86,2 % (74 % dans le cas du Mozambique).
Il supprime par ailleurs la possibilité pour l’Union d’utiliser des subventions à l’exportation des produits agricoles.
Protection des indications géographiques
L’Afrique du Sud, qui est liée à l’UE par un accord de commerce, de développement et de coopération depuis 2000, bénéficiera de la suppression totale ou partielle des droits de douane pour 98,7 % de ses exportations sur le marché européen, dont le sucre, l’éthanol, les produits laitiers et les fruits. En échange, l’accès préférentiel octroyé par ce pays à l’Union sera élargi pour inclure des produits agricoles tels que le blé, l’orge, les fromages et le porc.
L’accord comporte également un important protocole sur les indications géographiques des produits agroalimentaires et des vins entre l’UE et l’Afrique du Sud. 251 IG européennes seront protégées sur ce marché, 105 sud-africaines le seront dans l’Union, dont 102 dénominations viticoles (Stellenbosch, Paarl, Cape…), la viande d’agneau Karoo et le thé Rooibos.
Enquête sud-africaine sur les exportations européennes de poulet
La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, confirme, dans sa réponse datée du 10 juin à une question écrite parlementaire, que l’Afrique du Sud a ouvert une enquête de sauvegarde, en vertu de l’accord bilatéral de commerce, de développement et de coopération, au motif que les exportations par l’UE de poulet pourraient avoir entraîné une perturbation grave de son marché. Une procédure qui fait suite, précise-t-elle, à une importante augmentation de ces exportations qui sont passées de 60 000 tonnes en 2011 à près de 200 000 tonnes en 2015.
L’enquête est en cours, explique la commissaire européenne, et, une fois qu’elle aura été achevée, ses résultats seront adressés au comité de coopération mixte UE-Afrique du Sud afin de trouver une « solution adaptée ». En attendant, poursuit-elle, des mesures provisoires pourraient être prises, des droits de douane de 37 % étant demandés par l’industrie locale.
Cecilia Malmström précise que « la Commission est déjà intervenue au cours de l’enquête afin d’attirer l’attention des autorités sud-africaines sur certaines faiblesses relevées à ce jour ».