Abonné

Administration : nouvelle réforme en vue pour les Ipef

- - 3 min

Un récent rapport remis à Jean Castex préconise une réforme de la gouvernance des « grands corps techniques » de hauts fonctionnaires, dont les ingénieurs des Ponts, eaux et forêts (Ipef).

Dans un rapport remis mi-février au Premier ministre, trois hauts fonctionnaires, Vincent Berger, Marion Guillou, Frédéric Lavenir, ont livré leur vision de ce que pourrait être une réforme des grands corps techniques de l’État. Elle viserait principalement à mieux gérer le recrutement et l’affectation des ingénieurs au sein de la haute fonction publique, ce qui inclut, dans le secteur agricole, le corps des Ingénieurs des Ponts et forêts (Ipef) dans lequel on recense environ 3 100 personnes. Ces réflexions interviennent après qu’une première étape de la réforme de la haute fonction publique a été mise en œuvre en début d’année, avec la réforme de l’Ena et la création d’un corps unique des administrateurs de l’État, qui aura pour conséquence, dans le secteur agricole, l’extinction du corps des inspecteurs généraux de l’agriculture (trente-cinq membres).

La principale conclusion des auteurs est que le recrutement des ingénieurs dans ces corps ne correspond pas aux besoins des pouvoirs publics. Pour parvenir à ce constat, la mission a défini sept domaines, dont « Environnement, climat, et alimentation » et « Infrastructures et aménagement ». Selon les auteurs, les pouvoirs publics recrutent encore trop de spécialistes des « infrastructures et aménagement » (23 % des ingénieurs de moins de 35 ans). En cause : une « probable rémanence de la situation antérieure à la décentralisation ». Et à l’opposé, le recrutement serait insuffisant dans le domaine « Environnement, climat, alimentation » (12 %), compte tenu des « enjeux majeurs qu’il recouvre ».

Un responsable par domaine

Pour ajuster le tir, les auteurs proposent donc de « renouveler la gouvernance des corps ». Ils plaident ainsi pour qu’un « responsable de haut niveau » soit affecté à chaque domaine, qui proposera notamment chaque année « la volumétrie des besoins de recrutement et les prévisions d’affectation dans les administrations ». Pour mettre en œuvre cette mesure, trois scénarios sont mis sur la table.

Première hypothèse : le maintien des quatre corps techniques tels qu’ils existent, en révisant leur gouvernance. Ainsi le corps des Ipef recouvrerait les deux domaines précités (« infrastructures et aménagement » et « Environnement, climat, alimentation »). Et le vice-président du CGAAER deviendrait chef de corps « à part entière », assurant notamment la gestion individuelle des ingénieurs, assortie de moyens matériels et juridiques. Deux autres scénarios de simplification sont proposés, qui conduisent à la disparition du corps des Ipef. Soit la création d’un corps commun des ingénieurs d’État, qui comprendrait les Ipef, les Mines, l’Insee, l’Armement. Soit, l’incorporation – plus large encore – au tout nouveau corps des administrateurs d’État, qui intégrera déjà à partir de 2023 les inspecteurs généraux de l’agriculture.

Trois scénarios de gouvernance sur la table