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Affaire Spanghero : les condamations ne rassurent pas Foodwatch

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Les peines infligées aux dirigeants de Spanghero et aux négociants hollandais ne sont pas de nature à rassurer l'ONG qui déplore l'absence de réglementation européenne efficace en termes de traçabilité.

Les peines infligées aux dirigeants de Spanghero et aux négociants hollandais ne sont pas de nature à rassurer l'ONG qui déplore l'absence de réglementation européenne efficace en termes de traçabilité.

Suite à la tenue du procès Spanghero en janvier et février, le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict le 16 avril. Pour tromperies sur l'origine et l'espèce de la viande, les juges ont condamné Jacques Poujol, ancien directeur général de Spanghero, à deux ans de prison, dont 18 mois avec sursis. Ils ont également ordonné la confiscation de 100 000 des quelques 800 000 euros saisis et lui ont interdit d'exercer dans le secteur de la viande pendant deux ans.

Son ancien bras droit, l’ex-directeur de l'usine Patrice Monguillon, a été condamné à un an de prison avec sursis pour une tromperie liée à l'"origine française ou étrangère" du cheval vendu à Tavola. Mais les juges ont estimé que rien ne permet d'établir qu'il savait qu'il s'agissait de viande chevaline. Le négociant Johannes Fasen a été condamné à deux ans de prison pour tromperies, assortis d'un mandat d'arrêt. Il lui est définitivement interdit d'exercer dans la viande en France. Hendricus Windmeijer a lui été condamné à un an de prison avec sursis pour les mêmes tromperies. Le parquet avait requis des peines plus lourdes.

Les prévenus ont également été condamnés à publier cette décision dans plusieurs journaux et à payer des milliers d'euros de dommages et intérêts aux différentes parties civiles, fabricants ou distributeurs de plats préparés notamment. Les Français et Johannes Fasen ont aussi été condamnés pour l'importation de 65 tonnes de viande de mouton séparée mécaniquement, méthode interdite depuis la crise de la vache folle. Et les deux Français pour altération de preuves.

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Interrogations sur le commerce de viande de cheval

Ces condamnations n’ont pas rassuré l’association Foodwatch qui estime un autre scandale possible, car « rien n’a changé sur le fond », comme elle le souligne dans un communiqué diffusé le 16 avril. L’ONG avance que « le trafic de cheval impropre à la consommation se poursuit à travers l’Europe et trouve preneur en France. Les trafiquants continuent de miser sur des effectifs de contrôle de plus en plus réduits et un système de traçabilité défaillant pour faire entrer des chevaux avec des passeports falsifiés dans la chaîne alimentaire ».

L’ONG souligne qu’en France, « trois alertes en 2017 portaient sur des chevaux présentant de l’oxyphenylbutazone ou du phenylbutazone, un anti-douleur qui comporte des risques sérieux s’il est ingéré par l’homme. ». Elle demande que la transparence des résultats des contrôles sur notre alimentation. L’association « va donc continuer d’exiger des autorités un renforcement de la législation européenne (178/2002), de la traçabilité, des contrôles, des sanctions et, surtout, la transparence des informations pour tout ce qui concerne notre alimentation. »