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Edito Agriculture locale

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C’est indéniable, la crise alimentaire de 2008 dans les pays pauvres a conforté et amplifié les efforts de la communauté internationale à soutenir plus encore le développement des agricultures locales. Les déclarations du récent G8 réuni en Italie en sont un signe parmi d’autres. L’aide alimentaire devient une action d’urgence tandis que, sur le moyen terme, on aide les paysans à produire localement pour les besoins des populations locales, urbaines ou rurales. Cela prendra du temps pour atteindre des résultats, mais, à lire la déclaration finale du G8, on est séduit par les propos concernant le développement de la petite agriculture locale, de la gouvernance locale ou régionale, etc. On est moins séduit en revanche quand on voit que, en même temps, sur les mêmes documents, c’est toujours la libéralisation des flux de produits qui est prônée. Comme si on pouvait produire localement avec des coûts importants sans être un tant soit peu protégé des fluctuations considérables de prix des produits finis, des intrants ou des coûts du crédit.
Il est vrai qu’une cinquantaine de PMA (Pays les moins avancés) ont un statut à l’OMC les exonérant de pas mal d’obligations à s’ouvrir aux importations du reste du monde. Mais cette contradiction entre agriculture vivrière locale à encourager et l’ouverture des frontières montre que la communauté internationale ne va pas jusqu’au bout de sa logique. Hier, elle était tout dérégulatrice. C’était contestable mais c’était une option. Aujourd’hui, elle prend une orientation plus propice au développement mais sans en tirer toutes les conséquences. Il faudra bien qu’elle le fasse un jour, pourtant.

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