Des activistes internationaux soutenus par plusieurs centaines d’associations ont lancé le 14 octobre à La Haye (Pays-Bas) l’Assemblée des peuples, un tribunal citoyen informel chargé de juger le géant américain Monsanto, accusé de violer les droits de l’homme et de commettre un « crime d’écocide ». Cinq juges professionnels internationaux ont entendu trente témoins, scientifiques, agriculteurs et apiculteurs, durant trois jours. Monsanto, qui n’était évidemment pas représenté, a publié un communiqué estimant qu’il s’agissait d’une « parodie de procès » qui « détourne l’attention de discussions essentielles sur les besoins en alimentation et en agriculture du monde entier ». Le tribunal rendra début décembre un avis consultatif légal destiné à alimenter les lois existantes, notamment via la création d’une jurisprudence au sein du droit international.
Les juges doivent répondre à plusieurs questions : Monsanto a-t-il violé les droits à un environnement sûr, à l’alimentation ainsi qu’aux plus hauts standards de santé ? ; est-il complice de crimes de guerre en produisant le défoliant Agent Orange utilisé durant la guerre du Vietnam ? ; et ses activités pourraient-elles constituer un crime d’écocide, en provoquant de sérieux dégâts à l’environnement ? Parmi la vingtaine d’organisateurs de ce projet : l’ancienne eurodéputée française Corine Lepage, le militant anti-OGM Arnaud Apoteker, ou encore l’ancien rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter.