Les initiatives de la justice, du gouvernement, des experts de l’Affse (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement), voire d’une organisme aussi neutre, en général, que la MSA contre certains produits de l’agrochimie, doivent être prises très au sérieux par le monde agricole. Ces initiatives sont le reflet très concret d’un certain «ras-le-bol» de la population face à la présence souvent excessive de chimie dans les sols et dans les plantes. Elles permettent de penser que, demain, les agriculteurs devront faire autant d’agriculture avec moins d’agrochimie. Moins de traitements systématiques, cela signifie plus de savoir-faire agronomique qu’aujourd’hui.

Pourquoi les organisations agricoles ne profiteraient-elles pas de cette occasion pour lancer un mot d’ordre solennel ? Avec pour objectif, non pas de déclarer la guerre à l’agrochimie, mais d’engager les paysans à réduire, progressivement, leur recours à ces intrants.

Pourquoi les coopératives et négociants ne s’engageraient-ils pas à distribuer encore plus de savoir-faire agronomique et moins de chimie ? Le tout pour un meilleur revenu de leurs adhérents et clients.

Pourquoi les pouvoirs publics ne proposeraient-ils pas d’aider fiscalement ceux qui réduisent leurs intrants ?

Pourquoi l’enseignement agricole ne définirait-il pas comme priorité la formation à des techniques plus économes ?

Certes, il n’est pas question de crier haro sur l’agrochimie mais simplement de tirer les conclusions d’une nouvelle sensibilité de la population à cette question. D’une nouvelle exigence, face à de nouveaux risques avérés. Et puis, si l’on peut remplacer du produit par du savoir faire, pourquoi s’en priver ? Demain, l’agriculture sera, comme les autres activités économiques, faite autant de matière grise que de produits physiques.