La filiale d’InVivo dans l’expertise conseil en agroenvironnement Agrosolutions a présenté le 4 février un repositionnement de son offre. Elle vise non seulement les coopératives mais aussi d’autres acteurs des filières et de l’aménagement du territoire.
« Notre objectif est de conquérir de nouveaux clients au-delà de la sphère agricolo-agricole », a expliqué le directeur Antoine Poupart en conférence de presse. Jeune société de conseil, Agrosolutions (chiffre d’affaires : 5 millions d’euros) est composée d’une quarantaine de consultants « pour la plupart âgés de moins de trente ans ». Un grand nombre de profils composent l’équipe : agronomes, hydrogéologues, analystes de données ou encore juristes. Le portefeuille de clients est tout aussi varié. Seuls 40 % de l’activité concernent l’amont (spécialistes en vente de conseil, d’intrants), 15 % l’aval (première et deuxième transformation, grande distribution), 20 à 25 % les acteurs des territoires (collectivités locales, chambres d’agriculture, entreprises privées), le reste est à l’international, d’après une répartition « à la louche » d’Antoine Poupart.
Compensation écologique
L’offre de services a donc élargi sa cible au-delà des coopératives de l’union InVivo, premiers partenaires stratégiques. Agrosolutions est par exemple devenu opérateur de compensation écologique pour les aménageurs. « On a travaillé dernièrement pour le spécialiste de l’éolien Engie en Champagne-Ardenne, a signalé la responsable de l’équipe Expertises Carole Zakine. Une dizaine de contrats de compensation ont pu être signés avec des agriculteurs. Ils perçoivent une rémunération pour service environnemental rendu. » Au départ, une éolienne devait être compensée par 2 ha de jachères en vue de préserver les chauves-souris. Cette exigence générait des conflits d’usage sur le territoire et d’importantes tensions entre les acteurs. Agrosolutions a finalement proposé une autre mesure reposant sur un ensemble d’infrastructures paysagères (haies, buissons, bandes enherbées).
« Depuis quelques années, on identifie sur des territoires l’offre alimentaire pour les pollinisateurs », a-t-elle ajouté, précisant que 80 sites (50 000 ha) ont été passés au crible. Agrosolutions élabore des plans d’action, qui incluent l’implantation de haies, jachères, des recommandations pour travailler les bords de champs. « L’augmentation du nombre de pollinisateurs bénéficie aux agriculteurs, qui voient leur rendements progresser, a souligné Carole Zakine. C’est un cercle vertueux. »
Autre exemple, Agrosolutions conseille les acteurs de l’eau (collectivités, agences, industriels…) dans la préservation et la valorisation de cette ressource. L’entreprise revendique plusieurs dizaines de diagnostics d’aires d’alimentation de captage d’eau potable couvrant au total plus de 460 000 ha. Elle accompagne aussi l’intégration des questions agroenvironnementales dans les stratégies marketing, qualité, achat de plusieurs acteurs des filières agroalimentaires et de la grande distribution souhaitant améliorer la durabilité de leurs approvisionnements.
Des contrats de compensation rémunèrent les agriculteurs pour service environnemental rendu