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Ambition Aldi veut imposer son réseau en Espagne

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Tandis que ses rivaux allemands, Lidl et Plus Supermercados (groupe Tengelmann), sont présents sur ce marché de 40 millions d’habitants depuis le milieu des années 1990, Aldi fait figure, en Espagne, de nouveau venu. Après avoir réglé, courant 2001, un conflit qui l’opposait à la centrale d’achats IFA, jusqu’alors propriétaire de sa marque en Espagne, ses ambitions paraissent sérieuses : 23 unités ont ouvert ces derniers mois en Catalogne et en Andalousie, deux régions très peuplées avec six et sept millions d’habitants respectivement.

Le discount espagnol, dominé par Dia (2 400 magasins), Lidl (340) et Plus Supermercados (200) traverse une bonne phase. Les derniers chiffres publiés par Taylor Nelson Sofres dans son Master Panel font état d’une part de marché de 17,3 % en 2001 contre 15,9 % en 2000. Cette part est encore loin de celle des supermarchés et des libre-services (56,4 % de part de marché) mais elle est de plus en plus proche des 25,4 % des hypermarchés.

Le modèle commercial d’Aldi Espagne, qui cherche activement des locaux commerciaux avec aire de parking, dans plusieurs régions, est comparable à celui développé en France, où l’enseigne totalise plus de 500 unités. Les magasins espagnols commercialisent 700 références, dont la moitié sous marque propre.

Chasse gardée de Dia

Pourtant, rien n’est gagné pour le discounter allemand. D’une part, l’Espagne est un peu la « chasse gardée » de Dia, filiale de Carrefour, qui y contrôle huit magasins de discount sur dix. Ensuite, Lidl et Tengelmann, qui ont perdu beaucoup d’argent sur ce marché durant les premières années, en font une priorité stratégique. Enfin et surtout, les dix-sept Communautés autonomes qui se partagent le territoire, sont de plus en plus restrictives avec les « discounters » et « hard discounters ».

En Andalousie et à Madrid depuis 1999, il est aussi difficile d’ouvrir un magasin de ce type qu’un supermarché de 2500 m2 par exemple. En effet, l’administration autonome soumet à double autorisation toute chaîne de discompte remplissant les trois critères suivants : un chiffre d’affaires groupé de plus de 3 milliards d’euros, un magasin de plus de 500 mètres carrés commercialisant moins de 1 000 références et un pourcentage de marques propres supérieur à 30 %. Si ce type de législation se généralisait, Aldi pourrait avoir beaucoup de mal à atteindre la taille critique en Espagne.