Le géant français de l'agroalimentaire Danone a annoncé cette semaine un plan d’économies assez conséquent qui vient s’ajouter à des mesures d’austérité déjà mises en oeuvre depuis trois ans. D’aucuns ont voulu y voir l’arrivée dans son capital de l’investisseur américain Nelson Pelz. Celui-ci n’est certes pas encore au conseil d’administration et n’a en main qu’un maigre 1 % du capital. Il est cependant entouré d’une réputation de « nettoyeur » ayant déjà exercé ses talents chez d’autres géants de la bourse américaine. Les investisseurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés et le cours de Danone a connu un solide rebond dès le 3 novembre, anticipant l’arrivée de ce fond. Danone réfute tout lien entre son plan et cette offensive boursière et invoque « une décision murie de longue date ». Quelle que soit la vérité, le fait est que Danone fait face à une conjoncture difficile et avait lancé dès le mois de juin un avertissement sur résultat. Le groupe est, de l’avis de nombreux observateurs, un groupe fragile confronté à l’inflation des coûts des matières premières et une dégradation rapide et conséquente de la consommation en Europe du Sud. Les divergences quant aux orientations stratégiques au sommet des instances dirigeantes du groupe, connues de tous, sont également un handicap. Le groupe dispose néanmoins de solides atouts : aucun groupe français n’est aussi présent partout dans le monde : 51% de ses ventes sont assurées dans les pays émergents et 58% de la croissance est le fait des six pays jugés prioritaires. Ce qui semble valider les choix stratégiques opérés jusque là. L’annonce de cette restructuration peut donc apparaître comme une anticipation salutaire des secousses économiques encore à venir et témoigne d’une réactivité plutôt rassurante.

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