Depuis plusieurs mois, l’industrie de la viande allemande se considère victime d’une application exorbitante du principe de précaution. La Fédération qui la représente, la VDF, proteste contre l’obligation des tests ESB pour la viande de jeunes bovins de plus de 24 mois, alors que la réglementation européenne l’exige pour les seuls animaux âgés de plus de 30 mois. La grande distribution, soucieuse d’éloigner à tout jamais le spectre de la crise de 2001-2002, se satisfait, quant à elle, du dispositif actuel, bien qu’aucun cas d’ESB n’ait été constaté dans la tranche d’âge concernée. À Bruxelles, les experts pensent tout haut que la mesure coûte cher, et même que les consommateurs sont, à tout bien considérer, induits en erreur par des tests non significatifs. Reste que la sensibilité du public allemand au sujet est telle que les services européens se gardent bien de la moindre critique ouverte vis-à-vis de ces tests. Comme la réglementation européenne s’applique aux échanges transfrontaliers, et donc aux viandes importées, l’Allemagne tolère donc deux poids et deux mesures. VDF estime à 60 millions d’euros les dépenses inutiles, supportées par les consommateurs.