Ce qui se passe chez les maïsiculteurs est extrêmement encourageant. Voilà un domaine fortement concurrentiel qui parvient à développer une alliance entre les producteurs des principaux pays européens. Et ceci malgré une situation dans laquelle l’élargissement de l’UE va d’abord signifier l’arrivée de nouveaux producteurs, la Hongrie en particulier, qui pourraient modifier les équilibres de marché. Plutôt que de s’étriper, les fédérations nationales préfèrent renforcer la CEPM (Confédération européenne des producteurs de maïs).
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Ce type de fédération européenne, structurée par produits, se compte sur les doigts d’une seule main, en tout cas pour celles qui sont les plus actives : les betteraviers, les producteurs d’oléagineux, les déshydrateurs ont su aussi jouer cette carte, souvent à l’initiative de la France, premier pays agricole de l’Europe. Pour le reste, on se prend à rêver d’une puissante fédération européenne d’éleveurs, de producteurs de lait et, pourquoi pas, de producteurs de porcs. Ce n’est pas parce que les producteurs sont concurrents, ou de structures fondamentalement différentes, qu’ils ne peuvent pas s’associer pour faire du lobbying sur des dossiers techniques voire même politiques. La réforme de la Pac n’aurait-elle pas été différente si, en plus du traditionnel Copa-Cogeca européen au pouvoir d’influence bien déclinant, de puissantes fédérations par produits s’étaient manifestées aux moments cruciaux. Le problème posé est bien celui du rôle respectif d’un syndicalisme à vocation générale et des syndicats à vocations spécialisées. Ces rôles vont évoluer. Les travaux de rapprochement entre organisations de grandes cultures en France vont y contribuer. Mais le véritable enjeu est bien la capacité à unir les producteurs européens pour peser sur les marchés et les politiques.