Le caractère impressionnant de l’agriculture brésilienne est un fait entendu. Dans les couloirs des organisations internationales comme sur les marchés de denrées, le Brésil est l’objet de tous les commentaires, de toutes les craintes.

Ce qui impressionnera bientôt tout autant, ce sera de voir à quel point les investisseurs vont faire irruption dans ce pays-continent aux dimensions et opportunités agricoles quasi-illimitées. Déjà, les agriculteurs américains, les industriels français, les financiers argentins, les importateurs japonais ou chinois commencent à déverser des capitaux pour s’assurer quelques parts de développement. Le mouvement est encore modeste mais il montre tous les signes d’une future ruée vers cet or vert. Il arrivera peut-être un jour où des agriculteurs français jugeront bon d’aller eux-mêmes acheter quelques centaines d’hectares en l’Amazonie.

Voilà pourquoi, notamment dans les négociations internationales, il faut savoir distinguer, derrière la nation dirigée par le pugnace Lula, le poids des capitaux étrangers ou des grandes compagnies dirigées par des sociétés brésiliennes aux intérêts parfois multinationaux. Lorsque ce pays obtient une avancée majeure, vis-à-vis de l’Europe comme du monde, ce n’est pas toujours, loin de là, le petit paysan qui en profite. Le grand public ne le sait peut-être pas assez. Aujourd’hui, dans les relations économiques internationales, est-ce que ce sont encore les différents pays qui s’affrontent ? Ou différentes formes d’entreprises ?