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Coopérative/Résultats Année de croissance pour Agrial

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Le groupe coopératif normand Agrial a réalisé un exercice 2006 en progression de 4,3 % à un peu plus de 1,5 milliard d’euros Une croissance due essentiellement au secteur agroalimentaire.

La semaine dernière en assemblée générale, les administrateurs d’Agrial (Caen, Calvados) avaient le sourire. Avec un chiffre d’affaires de 1,520 milliard d’euros, le groupe coopératif a tiré son épingle du jeu.

Son résultat net s’améliore de 4,2 % à 27,1 millions d’euros, sa marge brute d’autofinancement se fixe à 51,3 millions, à peu près au même niveau que l’exercice précédent. 48 millions d’euros ont été investis sur l’exercice, plus de la moitié étant absorbés par la branche légumes (1ère et 4 e gamme), son premier métier avec 35 % du CA.

« C’est essentiellement le légume 1 ère gamme, lavé et conditionné qui a progressé » , à 450 000 tonnes, selon Michel Oriac, directeur de la communication, qui y voit la réussite de la filiale spécialisée Prim’Co : celle-ci développe « des produits services assemblés dans une barquette, par exemple pour un pot-au-feu ou une potée ».

La progression de Prim’Co de 3,5 % en volume et de 13 % en valeur s’explique aussi par « une année favorable au niveau des cours », selon Agrial. En d’autres termes, l’approvisionnement bas-normand en période de sécheresse dans d’autres régions l’a nettement favorisé.

Florette reprend une affaire de 4 e gamme en Suisse

Mais dans la branche légumes, c’est bien la 4 e gamme qui fait l’essentiel du chiffre d’affaires : 302 millions d’euros pour… 100 000 tonnes de légumes crus prêts à l’emploi (marque Florette principalement), contre 225 millions d’euros et 4,5 fois plus de marchandises en 1 èregamme.

Inventeur de la 4 e gamme il y a une vingtaine d’années, Florette n’a plus réalisé d’investissement d’accroissement de capacités depuis 2004 – construction de l’usine de Cambrai. En revanche, elle a pris le contrôle fin 2006 de la société suisse Muller dont l’unique usine rejoint le parc de cinq outils de Florette (trois en France, deux en Espagne et au Royaume-Uni). Aussi, les ventes de Florette hors de France, déjà supérieures à 50 % devraient-elles encore progresser. Selon Michel Oriac, la croissance du marché européen est supérieure à celle du marché français (6 % par an, selon, lui). La branche emploie 3 500 des 6700 salariés du groupe.

Dans les autres branches industrielles d’Agrial, aucun investissement déterminant n’a eu lieu en 2006. Ni dans la branche boisson, second métier industriel d’Agrial avec 108 millions d’euros de CA, essentiellement en cidre, ni dans la branche volaille.

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La première a progressé de 1,8 %, surtout grâce à des efforts marketing : repositionnement des marques « après l’importante structuration de la branche à partir de 2002 », selon Michel Oriac.

Bond de la branche volaille grâce à l’élaboré

La seconde a bondi de 8,3 % (75,3 millions d’euros), malgré une consommation en baisse sur le premier semestre, consécutivement à la crise de la grippe aviaire. En fait, Agrial a retiré en 2006 les bénéfices de son investissement dans un outil « produits élaborés » l’année précédente.

Cependant Agrial reste un « régional » dans le monde avicole, selon Michel Oriac, avec une production annuelle de 40 000 tonnes de viandes, une marque propre utilisée uniquement dans sa région et une collaboration importante avec des MDD.

Très actif sur le marché de gros, Agrial a, en volaille, racheté en 2006 un grossiste de Rungis pour sécuriser ses débouchés. Une opération de croissance externe réalisée pour conforter la branche « dans un contexte toujours plus concurrentiel », selon Agrial.

Quant aux activités d’amont dont le CA est légèrement supérieur au CA « agroalimentaire » chez Agrial, il faut noter que le rapprochement avec la coopérative Union Set (Indre-et-Loire) pourrait à terme permettre à Agrial de peaufiner sa stratégie en nutrition animale.

Agrial a enregistré en 2006 une progression importante des ventes d’aliments bovins (+ 13,8 %). Ce type d’aliments représente désormais la moitié de ses volumes (400 000 tonnes en 2006). Mais l’opérateur est proche de la saturation totale. Union Set, en revanche, dispose de capacités industrielles disponibles.

Premier actionnaire de Socopa (36 % de la holding de tête), le groupe normand constitue un important apporteur de bovins – 38 000 gros bovins, 42 000 jeunes bovins et 50 000 veaux –, et de porcs. Agrial s’appuie sur la production agricole de 6 000 agriculteurs actifs de la Basse-Normandie, Ille-et-Vilaine et Mayenne.