Au-delà des incantations, les pays dits riches font preuve de la plus grande circonspection, et d’une impuissance certaine, face à la crise alimentaire qui frappe les régions pauvres du monde. Au sommet japonais des huit grandes puissances, c’est tout juste un constat de la situation qui a pu être dressé. A tel point que l’une des rares solutions proposées consiste à... « conclure rapidement un cycle de Doha ambitieux, global et équilibré ». L’OMC, une arme efficace contre la faim et la pauvreté ? Seuls les libéraux les plus durs l’affirment, se fondant sur des théories qui n’ont jamais été confrontées à la réalité. De plus, si l’on en juge par l’évolution des marchandages, ce « Programme de Doha pour le développement », lancé en novembre 2001, semble s’écarter sensiblement de son objectif premier. Et, à quelques jours de la réunion ministérielle du 21 juillet à Genève, chacun fait ses calculs dans son coin : « Le compte n'y est pas en l'état actuel des choses », a tranché, devant le Parlement européen, Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’UE, affirmant que « nous sommes unanimes en Europe pour (le) dire ». Au niveau européen, justement, le projet d’utilisation de fonds réservés à l’agriculture pour soutenir celle des pays en développement – 1 milliard d’euros sont en jeu – provoque aussi une certaine gêne. Comment résister à une telle initiative, comme c’est le cas du côté allemand entre autres, sans avoir l’air d’un comptable frileux et replié sur lui-même ? Sans doute les méandres de la machinerie budgétaire communautaire – et les motivations politiques qui s’y cachent – permettront-ils à certains de faire de la résistance. Dans ce contexte, et en attendant mieux, l’une des rares fausses portes de sortie, c’est de trouver un bouc émissaire. Les biocarburants – et leur impact supposé sur l’alimentation disponible – étaient tout désignés.
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