Dans une interview parue le 27 mars dans le Journal du dimanche (JDD), le p.-d.g. d’Auchan Retail International, Yves Claude, a défendu le choix de maintenir les activités du groupe en Russie. « Partir serait imaginable sur le plan économique, mais pas du point de vue humain », a-t-il justifié. Le groupe prévoit des pertes pour l’année 2022, mais assume de rester en Russie pour maintenir l’emploi de ses 30 000 salariés et l’approvisionnement de la population civile. « Nous avons un positionnement de discounter et nous pensons contribuer en période de forte inflation à protéger le pouvoir d'achat des habitants », affirme Yves Claude. Il rappelle que le groupe a suspendu ses investissements dans le pays, tout en arguant qu’un retrait serait une décision « contre-productive », car elle exposerait ses dirigeants locaux à des poursuites et renflouerait les capitaux russes.
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En réaction à cet entretien, le gouvernement ukrainien a appelé à boycotter les magasins du groupe. « Si Auchan ignore les 139 enfants ukrainiens assassinés pendant ce mois d'invasion russe, ignorons Auchan et tous ses produits », a tweeté le chef de la diplomatie Dmytro Kouleba. Mercredi 23 mars, devant le Parlement français, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait accusé l’enseigne d’être l’un des « sponsors de la machine de guerre russe ».