« Laissez nous produire à armes égales avec nos concurrents ! » Voilà ce que semblent dire, en résumé, les agriculteurs à l’adresse des hommes politiques et notamment de celui (ou celle) qui sera élu président (e) de la République.

En somme, et assez naturellement maintenant, les agriculteurs, ceux qui ont survécu à la concentration massive des dernières années, raisonnent en agents économiques, en entreprise, exactement comme on fait au sein du Medef ou de la CGPME. Les conditions environnementales sont vécues comme une contrainte bien réelle, légitime certes, mais qu’il faut minimiser ou rendre sans douleur. Témoin la protestation des éleveurs bretons face à un nouveau resserrement des contraintes d’épandage des nitrates.

Du côté des politiques, l’angle de vue est sensiblement différent. Pour eux – et cela reflète sans doute une partie de l’opinion –, les agriculteurs restent des personnes qui ont un rôle multiple : social, économique, environnemental, en aménagement du territoire, etc.

De fait, bien des agriculteurs se plaignent de voir les hommes politiques évoquer l’agriculture sous l’angle environnemental. Pourquoi ne pas reprendre la balle au bond et démontrer, preuves à l’appui, ce qu’a réalisé et ce que peut réaliser le monde paysan sur ce plan ? Les biocarburants, la captation de C02, la mise en valeur de territoires isolés sont déjà des exemples majeurs. Il y en a certainement d’autres. Le Salon de l’agriculture devait être, sans doute, l’occasion d’en présenter. Mais pourquoi ne pas faire un bilan d’ensemble des retombées sociétales de l’agriculture ? Un « audit » en quelque sorte, qui constituerait la vraie base d’une politique agroenvironnementale française qui se cherche encore.