La France devient-elle un mauvais élève de la classe européenne ? Non contente de se faire tirer les oreilles par Bruxelles pour non respect du Pacte de stabilité, elle hausse le ton de jour en jour pour réclamer la TVA réduite pour la restauration. Or, la Commission européenne ne semble pas prête à lui donner satisfaction. Sa proposition de prolonger pendant deux ans l'expérience de taux réduit de la taxation pour certains services grands employeurs de main d'œuvre, comme les travaux à domicile, exclut à court terme l'application du taux de 5,5 % à la restauration. L'un des opposants à la mesure, qui doit être adoptée à l'unanimité des Quinze, est l'Allemagne de Gerhard Schröder, qui, sur de nombreux autres points, se montre si proche de la France, que d'aucuns n'hésitent plus à parler d'un projet d'intégration politique plus poussée entre les deux pays.
Le désaccord serait-il de nature à provoquer une querelle dans ce couple ? La réalité est peut-être tout autre. L'Allemagne, dit-on, redoute de voir diminuer ses recettes fiscales. Mais pourquoi n'en irait-il pas de même pour la France, pour laquelle la mesure promise par Jacques Chirac lors des dernières élections présidentielles, représenterait un coût annuel de 3 milliards d’euros, dont elle n'a pas vraiment besoin. Tous comptes faits, le gouvernement pourrait bien, comme certains l'en soupçonnent, espérer « in petto » que l'Allemagne maintienne sa position.
La baisse de la TVA apporterait sans doute un appel d'air à la restauration, qui déplore tout particulièrement les 35 heures. S'il est vrai que la vente à emporter bénéficie d'un avantage certain, pour autant, une diminution de TVA se traduirait-elle pas la création d'emplois dans un métier qui peine à en trouver, et par une baisse du prix de l'assiette ?