Par décret, on aurait pu baisser les prix de 2%. C’est à coup de tables-rondes que Nicolas Sarkozy a pu arriver à -1,97%… L’écart est minime, la méthode Coué mise en œuvre le 17 juin dernier sur les grandes marques n’est pas bien différente : elle consistait à très exactement anticiper la vague déflationniste. Las, ce résultat s’est fait attendre jusqu’en janvier, à un moment où l’on ne sait plus si les engagements solennels ont encore de l’effet et où l’ex-ministre d’Etat n’est plus là pour en tirer gloire. Mais qui dit mieux ? Son ancien patron, Jean-Pierre Raffarin, qui nous propulse sur la voie des -5%… C’est là un « objectif possible » dans le cadre, nous assure-t-il, de la révision du mode de calcul du seuil de revente à perte (SRP) qui serait inscrite dans la prochaine loi sur le commerce.

Quand même, le « coup de baguette magique » sera cette fois moins assuré, pensons-nous, surtout si l’indice repose sur les produits fabriqués chez nous – avec les charges afférentes – et si, au Parlement, d’aucuns se mettent, comme Jean-Paul Charié, à proposer d’autres recettes que celles concoctées par la mission Chatel en plein accord avec Matignon. Une seule méthode, au fond, serait vraiment sûre : nationaliser la distribution, et l’on arriverait à ses fins ! L’ennui, c’est que tout cela ne change pas grand chose au pouvoir d’achat et rien du tout au niveau de consommation alimentaire des Français qui a encore reculé en janvier de 1,5% en hypers et de 2,2% en supermarchés.