Les producteurs de banane antillaise ont fait le bilan d’une saison 2021 à la fois stable et mitigée, en termes de production et de marché. Mais ils montent en gamme. Sur 550 producteurs, l’UGPBan compte « 35 exploitations » certifiées en ce début d’année, contre « une dizaine » il y a un an.
Une production de bananes « stable » en 2021, mais des conditions de marché « très peu satisfaisantes » : tel est le bilan dressé par l’Union des groupements des producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique (UGPBan), lors d’une conférence de presse le 17 mars. Son directeur général Pierre Monteux a annoncé une mise en marché de 198 000 t, soit « une progression de l’ordre de 7 % par rapport à l’année 2020 ». Les volumes guadeloupéens bondissent de 14 % environ (à 57 700 t), et la production martiniquaise augmente de plus de 7 % (140 300 t). À cela, s’ajoutent « environ 5 000 t » produites pour le marché local.
Ces résultats sont à peu près en ligne avec les prévisions, même si « 10 000 ou 12 000t » ont été perdues à cause du cyclone Elsa en Martinique et de la sécheresse en Guadeloupe, et « à peu près 3 000t » supplémentaires lors des conflits sociaux qui ont secoué les Antilles en fin d’année, a indiqué Pierre Monteux. Côté marché, l’année 2021 a été « totalement déstabilisée », a poursuivi Pierre Monteux. Le prix moyen de la banane sur le marché européen est descendu « à 11,70€ » en caisse US (18,5 kg) alors qu’il était « sur l’année 2016 à plus de 15 € ».
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Prix stable sur le marché français
La banane antillaise a subi cette tendance baissière, bien que « dans des proportions moins importantes » avec un prix moyen de vente qui passe « de 671 €/t en 2020 à 640 €/t en 2021 ». Pour autant, le marché français est demeuré « stable » avec un prix moyen à 699 €/t en 2021 (700€/t en 2020) a relativisé Pierre Monteux, attribuant cela « aux progrès qualitatifs » et « à la segmentation » du marché tricolore. En 2021, l’UGPBan a mis 83 % de ses volumes sur le marché hexagonal (contre 90 % en 2020), le reste ayant été destiné aux autres pays de l’UE.
Côté HVE, l’UGPBan (550 producteurs) compte « 35 exploitations » certifiées en ce début d’année, contre « une dizaine » il y a un an. « Je pense que si on arrive à une centaine d’exploitations en 2023-2024, ce serait bien », a affirmé Pierre Monteux. L’essor de la certification HVE dépendra surtout de « la possibilité d’avoir des débouchés commerciaux sur ce produit-là », a complété la responsable des relations production Lina Renel. À l’heure actuelle, une banane HVE se vend 30 à 40 centimes plus cher au kilo qu’une banane conventionnelle, selon Pierre Monteux. Côté bio, l’UGPBan compte « quatre producteurs certifiés » et « sept producteurs en conversion ». En 2022, l’UPBAN table sur une production de 210 000 t.