Ensemble à la barre, le nouvel équipage de Bayer Crop Science a présenté le 18 septembre à Monheim (Allemagne) la stratégie du groupe après l’intégration trois semaines plus tôt de l’américain Monsanto. L’agriculture numérique y occupe une place importante.
La numérisation combinée à la protection phytosanitaire et la sélection via les biotechnologies vont révolutionner l’agriculture, ont expliqué les dirigeants face à plus d’une centaine de journalistes. Sur le pont à cet évènement chez Bayer Crop Science, l’historique patron de la branche Liam Condon était accompagné du nouveau chef R&D Bob Reiter, en provenance de Monsanto. Les nouveaux mariés rassemblent le portefeuille de produits phytos du groupe allemand, les semences et traits, la plateforme numérique de la firme américaine. Soit 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires au total.
« Les outils numériques ont façonné de nombreux secteurs d’activité et nous ne faisons qu’entrevoir l’impact de ces outils sur l’agriculture, a déclaré Liam Condon. Grâce à la puissance des nouveaux outils numériques et de l’analyse des données, nous sommes en mesure d’augmenter la productivité et de favoriser une agriculture durable. »
Telle est la stratégie de Bayer pour les années à venir. Il s’agit non seulement de fournir aux agriculteurs des semences et phytos, mais aussi de les aider lors des prises de décisions concernant les cultures. Ainsi, la filiale The Climate Corporation, rachetée avec Monsanto, a lancé ce mois-ci en Europe sa plateforme numérique de gestion de l’exploitation. Egalement disponible aux États-Unis, au Canada et au Brésil, elle permet aux agriculteurs de recueillir et de visualiser facilement les données relatives à leurs parcelles, d’analyser et d’évaluer les performances de leurs cultures, et de gérer la variabilité de leurs champs grâce à des plans de fertilisation et de semis personnalisés.
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Bayer compte investir 10 % de son chiffre d’affaires dans la R&D, a annoncé Liam Condom. Cela concerne une équipe de 8 000 chercheurs. Lors des six prochains mois, le chef de la R&D Bob Reiter va tous les « mettre en réseau » afin de favoriser l’« interaction entre des scientifiques qui ne se parlaient pas », a-t-il dit. « Nos experts en sélection variétale, en biologie, en chimie et en science des données » vont s’efforcer de « concevoir des solutions sur mesure pour les agriculteurs ». L’intégration de Monsanto dans Bayer leur permet d’avancer de conserve. En accélérant le cycle de l’innovation : pour le contrôle des mauvaises herbes, Bayer à lui seul mettait 10/14 ans pour lancer de nouveaux phytos, Monsanto de son côté 10 ans de plus pour en améliorer l’efficacité à l’aide des biotechnologies, selon Bob Reiter. Désormais réunis, les deux groupes proposeront « beaucoup plus tôt » des innovations par rapport aux plus de 20 ans nécessaires jusque-là.
Des partenariats extérieurs sont engagés. Une coentreprise a été créée avec la société de biotechnologie américaine Ginkgo Bioworks, a-t-il rappelé. Objectif : développer des solutions pour l’agriculture à l’aide de la biologie synthétique. Dans le domaine de l’édition de génome, le groupe allemand s’est rapproché de la start-up américaine Pairwise. Son président Tom Adams a considéré le 19 septembre que « la génomique, l’informatique peuvent changer fondamentalement la sélection des semences ». En matière de protection des plantes, Bayer collabore avec la start-up allemande Targenomix. L’idée est de « trouver de nouveaux modes d’action chimique ».
Le nouvel ensemble pèse 20 Mrd € de chiffre d’affaires