Les principaux acteurs français du négoce de biomasse ont signé une charte de bonnes pratiques pour que l’approvisionnement en matières premières pour la méthanisation soit « raisonné ».
Sept opérateurs français du négoce en matières premières (1) ont lancé une charte pour un « approvisionnement raisonné » en matières premières des méthaniseurs, afin de « prévenir les tensions » sur ces marchés, lors de Bio360 Expo, salon consacré à la bioénergie, à Nantes les 30 et 31 mars. Ils se sont engagés pour cet approvisionnement raisonné autour de quatre grands principes. Conseiller les fournisseurs et les acheteurs des matières organiques, grâce à leur expertise du marché. Assurer aux acheteurs une « transparence » sur les ressources vendues, en affichant l’origine des ressources vendues (culture dédiée ou non, cultures ou produits issus de l’agriculture biologique, etc). Rechercher les ressources les plus proches géographiquement pour favoriser « les circuits courts ». Enfin, promouvoir un « partage de valeur équitable » entre apporteurs de matières et méthaniseurs tarifs « raisonnables » à la fois pour le producteur et l’utilisateur.
Les objectifs volontaires de l’État de porter la production de biométhane injecté de 4,3 TWh en 2021 à 22 TWh à l’horizon 2028 nécessitent une « mobilisation de plus en plus de biomasse de diverses origines, qui si elle n’est pas bien gérée pourra conduire à des tensions sur les territoires », indique leur texte commun.
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Dénicheurs de gisements
Ces sept entreprises agissent comme des « dénicheurs de gisements ». « Nous sommes des salariés, de formation agronomique, dont le métier est d’identifier de nouveaux gisements de matières premières. La France contient un potentiel de plus de 130 millions de tonnes de biomasse utilisable, déduction faite de la valorisation en alimentation animale et en retour au sol », témoigne Amaury de Souancé, co-fondateur d’Agricarbone. Ces matières sont des fumiers, lisiers, des pulpes de betteraves, pommes de terre ou paille déclassées, herbe ensilée. Le principe qui prévaut est la hiérarchie des usages, selon lui : ne vont à la méthanisation que les matières qui ne peuvent servir à autre chose. Enfin, les entreprises comme Agricarbone incitent les producteurs de grandes cultures à « optimiser leurs Cive (Cultures intermédiaires à vocation énergétique) pour à la fois conforter leur revenu et capter du CO2.