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Champagne/Résultats Boizel Chanoine Champagne se rapproche de son objectif de rentabilité

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Le groupe Boizel Chanoine Champagne (BCC), numéro deux mondial du champagne depuis sa reprise de Lanson et Burtin, prévoit d’augmenter sa rentabilité cette année, après une amélioration de ses marges en 2007, dopées par les volumes et les prix. A l’appui de sa stratégie de montée en gamme, le groupe a investi dans le vignoble et dans ses outils de production ; malgré son retrait du marché américain, il compte bien accroître davantage la part de ses ventes à l’étranger.

Le groupe BCC, qui réunit les champagnes Boizel, Chanoine, de Venoge et maintenant Besserat de Bellefon et Lanson, a achevé le processus d’intégration des Maison Burtin et Lanson acquises il y a deux ans.

En 2007, premier exercice entier où le groupe présente son nouveau périmètre, BCC a enregistré un bénéfice net de 21,4 millions d’euros en 2007, en hausse de 44,3 % par rapport à 2006 et un bénéfice opérationnel de 52 millions (+39,5 %).

La marge opérationnelle est montée à 14,5 % du chiffre d’affaires, contre 12% un an plus tôt.

Le groupe, qui exporte 46 % de sa production, explique cette performance par une « meilleure maîtrise des coûts dans les nouvelles filiales Maison Burtin et Champagne Lanson, acquises en mars 2006, par l’augmentation des prix de vente des bouteilles commercialisées par ces filiales ainsi que la bonne tenue des volumes commercialisés ».

Le chiffre d’affaires de BCC, déjà publié en février, a augmenté en 2007 de 15,4 % à 359,4 millions d’euros. L’exercice a supporté le coût de 12 mois de financement de l’acquisition de Burtin et Lanson ainsi que celui des stocks des nouvelles filiales (contre 9 mois en 2006), ce qui rend plus significatifs des résultats pro-forma : ceux-ci ressortent en hausse de 51,7 % pour le résultat net et à +29,3 % pour le résultat opérationnel.

Pour Bruno Paillard, ces résultats rendent quasi certaine la réalisation d’un objectif de rentabilité nette de 10 % du chiffre d’affaires en 2009, voire même dès 2008.

10 M EUR d’investissements

Dans un marché des vins de Champagne favorable (+5,3 % en volume, selon le CIVC), la progression de BCC, outre l’effet de ses opérations de déstockage (37 M EUR après 45 M déjà en 2006), a été de 3,3 % en volume à 21,6 M de bouteilles. Le groupe a concentré son développement sur les segments haut de gamme. Le repositionnement des marques Lanson, Besserat de Bellefon et Alfred Rothschild a été accompagné des hausses de prix nécessaires (de 10 à 15 % l’an passé et de 6 à 7 % maintenant) et soutenu par des actions marketing adéquates en fin d’année.

Pour l’avenir, le groupe confirme sa stratégie de « pure-player » du champagne toute orientée vers la création de valeur. BCC veille ainsi à la solidité de ses approvisionnements en raisin avec 80 hectares de vignes en propriété (dont 8,9 ha acquis encore récemment et « à prix raisonnables ») et plus de 1 800 ha sous contrats. Il a investi de l’ordre de 5 M EUR dans les outils de Burtin et Lanson en vue de dégager des gains de productivité et autant dans le doublement de la capacité de Chanoine Frères et l’installation de sa nouvelle cuverie. A l’exportation, malgré une déception aux Etats-Unis où le groupe ferme son bureau commercial, le groupe nourrit l’ambition d’aller plus loin et de réaliser 60 % de ses volumes à l’étranger d’ici huit à dix ans.