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Crèmes glacées / Innovation Boncolac emmène Disney dans les bacs à glace

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En quelque 50 ans, le petit atelier de lait chocolaté de Bonloc, près de Toulouse, est devenu une PME de 105 millions d’euros, qui s’est diversifiée sur trois marchés : les crèmes glacées, les pâtisseries surgelées et les produits traiteur. Numéro trois du marché des glaces derrière deux multinationales, Maison Boncolac, filiale du groupe 3A, est parvenue à s’imposer comme le leader des glaces sous licences, grâce aux marques Oasis, Candia, puis Mont Blanc. Une stratégie payante, puisque c’est maintenant Disney Consumer Products qui a décidé de lui faire confiance. Dès l’été prochain, Winnie L’Ourson, Nemo et Pirates des Caraïbes viendront égayer les bacs.

Pour qui veut souhaiter une bonne année à la Maison Boncolac, il suffit de faire le vœu que l’été sera chaud. Car en 2007, la société toulousaine de crèmes glacées, pâtisseries surgelées et produits traiteur joue un gros coup. Un coup aussi gros que le numéro un mondial du divertissement familial, Disney ! Dès avril prochain, Winnie L’Ourson, Nemo et les Pirates des Caraïbes feront leur arrivée dans les bacs à glace, pour séduire petits et grands enfants. «  Nous proposons des produits familiaux, mais il nous manquait une présence dans l’univers de l’enfant », explique Serge Garcia, directeur général de Maison Boncolac. Avec des personnages Disney choisis pour leur immense notoriété auprès des enfants de 3-11 ans, ou leur succès auprès des adolescents, la PME, troisième acteur français du marché des glaces, espère relever le défi.

Des produits nouveaux, rafraîchissants, diverstissants

Pour les plus petits, Winnie prendra la forme de petits pots de crème glacée aux parfums de vanille ou de miel, les personnages du Monde de Nemo illustreront des glaces à l’eau, tandis que les fanas des Pirates des Caraïbes (dont le numéro 3 sortira en mai) goûteront une innovation signée Maison Boncolac, les glaces granitées conditionnées en shaker, avec, pour fidéliser les consommateurs, des tatouages illustrés à collectionner. «  Nous sommes résolument innovants sur nos segments », affirme le directeur, un positionnement de challenger pour pouvoir concurrencer les deux géants Nestlé et Unilever.

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Une stratégie de licences

Et la stratégie semble fonctionner. Sur un marché des glaces en croissance de 4 % en 2006, Maison Boncolac détient 3 % de part de marché volume à marque en GMS et 25 % du marché en MDD. Mais surtout, la PME toulousaine est le leader des glaces sous licences (4 % du marché total des glaces), avec 41 % de part de marché. Rien d’étonnant, donc, à ce que Disney l’ait choisi pour ses produits. Dès 1998, en effet, Maison Boncolac s’est lancé sur ce segment de marché avec la gamme Oasis Sorbet, aujourd’hui leader sur les bâtonnets aux fruits avec plus de 60 % du marché. Le succès continue avec la gamme Candia, lancée en 2002, qui propose cônes, bâtonnets et coupes. En 2006, si Maison Boncolac se voit forcée d’abandonner la gamme Orangina, dont la déclinaison en glace « n’a pas été comprise par les consommateurs », la société innove en s’associant à la marque Mont Blanc. Ensemble, ils créent des maxi bâtonnets, qui, en une saison, et malgré les 44 % de part de marché de Magnum et le lancement au même moment, des maxi bâtonnets La Laitière, ont réussi à capter 2,5 % de ce segment. «  Un résultat satisfaisant », estime Françoise Birre, responsable marketing, qui laisse envisager de nouveaux développements à marque Mont Blanc en 2008.

Une forte présence en MDD

Quant aux produits Disney, l’existence de plus de 150 personnages connus depuis plus de 80 ans, laisse entrevoir de belles perspectives de développement. Témoins de la facilité d’adaptation de l’univers Disney dans l’alimentation, les steaks hachés de bœuf Bigard en forme de tête de Mickey. En 2008 déjà, de nouveaux personnages seront pris dans la glace. S’ensuivra un premier bilan des résultats à la suite duquel le contrat initial de deux ans pourrait être renouvelé. Boncolac mise donc fortement sur ses marques, mais n’en oubliera pas pour autant de travailler sur les MDD. Les marques de distributeurs comptent pour 56 % de son activité glace, qui pèse elle-même près de 58 millions d’euros, soit 55 % des 105 M EUR de chiffre d’affaires de l’entreprise en 2006. Un chiffre d’affaires qui a progressé de plus de 30 % en 10 ans, bien que les Français ne soient pas de gros consommateurs de glaces : 6 litres par an et par habitant contre 22 litres aux Etats-Unis. Dommage pour Boncolac que la glace ne s’exporte pas aussi bien que ses pâtisseries à la française !