Abonné

Résultats/Légumes Bonduelle pénalisé par les effets de change et la météo

- - 5 min

Bonduelle a publié ses comptes annuels dont l’évolution est une nouvelle fois marquée par l’impact défavorable des variations de change. Le résultat opérationnel courant baisse de 7,2 % à 103,5 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 1,96 milliard (-0,7 %). Et compte tenu de très mauvaises campagnes agricoles dans certaines zones de production, les perspectives pour l’exercice ne sont guère encourageantes.

L’impact défavorable des devises, principalement du rouble russe et du réal brésilien, a une fois encore pénalisé Bonduelle lors de son exercice 2015/2016 (clos le 30 juin). Le spécialiste des légumes en conserve, frais et surgelé qui compte 54 sites dans le monde a annoncé le 4 octobre un chiffre d’affaires de 1,967 milliard d’euros, en recul de 0,7 % en publié, mais en hausse de 2,4 % à taux de change constants. Quasi stable à données comparables, le résultat opérationnel courant baisse quant à lui de 7,2 % à 103,5 millions d’euros. En publié, la marge opérationnelle se tasse à 5,3 % (contre 5,6 % en 2014/2015). À noter qu’au final sur l’exercice écoulé, l’impact de change a pesé pour 61,1 millions d’euros sur le chiffre d’affaires et pour 9,6 millions sur le résultat opérationnel courant.

Très bonne rentabilité de la zone hors Europe

Dans le détail, l’évolution des ventes par zones géographiques est assez contrastée, avec une croissance de 8,2 % (à taux de change et périmètre constants) hors d’Europe, de 0,9 % en Europe hors de France, mais une baisse de 1,8 % dans l’hexagone. À noter que ces trois zones représentent respectivement 35 %, 34 % et 31 % des ventes totales de Bonduelle sur l’exercice passé. L’activité des marques (Bonduelle, Cassegrain, Artic Gardens et Globus) qui occupent 51 % des ventes reste prédominante. À l’inverse, les ventes aux marques distributeurs sont en baisse, le groupe ayant décidé de limiter son activité sur ce segment en raison des mauvaises conditions de marché. D’ailleurs, « la baisse de 40 points de base de la marge opérationnelle courante de la zone Europe à 3,8 % s’explique par la baisse des volumes dans nos usines et une moindre rentabilité des contrats (en MDD NDLR) que nous avons conservé », a souligné Grégoire Sanson, le directeur financier de Bonduelle. À noter que la zone hors Europe qui représente 35 % des ventes s’affiche non seulement comme le moteur de la croissance, mais qu’elle représente aussi plus de la moitié de la rentabilité du groupe.

Reprise des acquisitions

Côté bilan, Bonduelle a en revanche encore amélioré son profil financier, renforçant ses fonds propres, maîtrisant son BFR et réduisant son endettement net. Le gearing (dette nette sur fonds propres) est ainsi passé à 0,78 en 2015/2016 (contre 0,98 lors de l’exercice précédent). Le groupe qui s’est désendetté de plus de 160 millions d’euros depuis les dernières acquisitions réalisées en 2012, « conserve une dette très qualitative, pour un coût moyen très compétitif (3,08 % NDLR) », selon Grégoire Sanson. Le groupe qui dispose d’une bonne flexibilité au niveau de son endettement pour saisir des opportunités de croissance externe, peut ainsi mobiliser « entre 250 et 300 millions », a précisé le directeur financier. Bonduelle est assez ouvert tant sur les différents segments d’activité (fruits, algues..), que géographiquement « pour peu que cela s’inscrive dans notre stratégie », a souligné Christophe Bonduelle, énumérant ainsi l’Amérique centrale ou encore l’Amérique du Sud. « Le tout est de prioriser. Nous ne sommes pas prêts à faire n’importe quoi, à n’importe quel prix », a-t-il encore précisé, faisant référence à une flambée des coûts d’acquisition observée dernièrement sur certains dossiers, avec des ratios bien supérieurs aux 7, 8 ou 9 fois l’Ebitda que le groupe est généralement prêt à payer.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Prudence sur 2016/2017

Le groupe qui aspire à devenir le référent mondial de l’alimentation végétale a, dans cette optique, créé un pôle « prospective et développement ». Celui-ci vise à piloter le développement sur le long terme, en regardant aussi bien du côté de l’amont agricole que des nouveaux circuits de vente, en passant par les nouveaux usages (apéritifs, santé/compléments alimentaires) et les linéaires dans lesquels les produits du groupe ne sont pas.

Et pour tenir compte de l’évolution de ses marchés, Bonduelle a également décidé de créer une nouvelle business unit, "Euro-Asian Market" (130 M€ de CA), dédiée aux activités commerciales et agro-industrielles en Russie, au Kazakhstan, où il a maintenant une filiale, et en Biélorussie.

Côté prévisions, les dirigeants sont excessivement prudents. Compte tenu de campagnes agricoles « catastrophiques », a souligné Christophe Bonduelle, dans plusieurs régions de production sous l’effet de conditions météo désastreuses, le groupe vise « une stabilité de sa rentabilité opérationnelle courante à change constant » pour son exercice 2016/2017. Les dirigeants évaluent le coût de l'"effet campagne 2016", entre 7 et 8 millions d’euros. Ils comptent par ailleurs maintenir le niveau des dépenses marketing à un niveau élevé.

Un dividende stable à 0,43 € sera proposé lors de l’assemblée du 1er décembre. La déception causée par les derniers résultats et les perspectives moroses ont écorné l’image de valeur défensive de Bonduelle. Le titre cédait plus de 7 % en Bourse le 4 octobre, peu après la publication des comptes 2015/2016.