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Produits laitiers/Résultats Bongrain améliore sa rentabilité

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Le groupe Bongrain a retrouvé des couleurs l’an dernier. Même si son chiffre d’affaires a été quasiment stable, à 3,33 milliards d’euros, il a amélioré de manière sensible son résultat opérationnel courant et son résultat net a fait un bond de 78 %. L’année 2007, qui semble bien commencer, devrait contribuer à l’amélioration de la rentabilité.

Pour le 5e fromager mondial, l’exercice 2006 a bénéficié d’un contexte globalement plus favorable, a expliqué Alex Bongrain, président du groupe. Après une année 2005 difficile, marquée notamment par la chute des cours du veau, Bongrain a procédé à plusieurs recentrages qui se traduisent dans les résultats 2006. Ainsi, son chiffre d’affaires s’est retrouvé en léger retrait (-0,3 %) à 3,33 milliards d’euros à cause de la cession de Lactos et de Lactos Fresh en Australie, mais il a connu de bons développements à l’international et ses ventes hors de France ont représenté 62 % du chiffre total.

Le résultat opérationnel courant du groupe a progressé l’an dernier de 9,7 % à 147,7 M EUR, la marge opérationnelle s’établissant à 4,4 % du chiffre d’affaires, en hausse de 0,4 point.

Cette amélioration est due au développement des volumes à l’international, aux efforts de compétitivité industrielle qui ont atténué la forte hausse des coûts de l’énergie, à la baisse du prix du lait sur la plupart des marchés et à la bonne tenue des cours des produits industriels qui a compensé la baisse des subventions tandis que le premier semestre voyait se redresser le cours de la viande de veau qui avait fortement pesé sur les résultats en 2005.

Bonne résistance des marques

En France, la forte pression sur les prix n’a pas empêché les marques majeures de résister, la loi Dutreil réduisant quelque peu les avantages des MDD. Les ventes en Europe de l’Ouest, où le marché a été en croissance de 2 %, ont été satisfaisantes, en particulier en Allemagne pour la marque Géramont qui est devenue n°1 du marché, mais la filiale ukrainienne a souffert de la fermeture des frontières russes.

Globalement, ce sont les nombreuses innovations qui ont contribué à ces bons résultats, Bongrain jouant de plus en plus la carte nutrition et santé comme cela était déjà visible dans ses 18 produits sélectionnés au Sial (Fine Bouche Oméga 3, P’tit Louis Calcium, Carré Frais au yaourt,…).

Au total, l’amélioration des performances et les cessions d’activités ont permis de diminuer l’endettement net du groupe de 573 à 422 M EUR, ce qui le fait passer en un an de 64 à 43 % des fonds propres.

Outre la cession des filiales australiennes qui a contribué au rebond du résultat net de 78,3 % à 112,1 M EUR, Bongrain a préservé sa rentabilité future en Argentine par l’alliance conclue avec Milkaut, n°3 de ce très grand bassin laitier, à qui il apporte sa filiale Santa Rosa contre une participation de 40 % dans le nouvel ensemble.

Réduction des coûts

Pour l’avenir, le groupe attend encore beaucoup des retombées de ses plans initiés il y a un an, usine par usine, pour en améliorer les performances (centralisation des achats, spécialisation des outils, optimisation logistique ,…) : ils doivent générer des économies de l’ordre de 15 M EUR et ils ont conduit à deux fermetures d’unités, l’usine de Saint-Méen et une unité en Hongrie. Pour autant, le groupe, qui emploie 18 600 personnes (dont 8 580 en France) ne s’est pas donné d’objectifs de réduction d’effectifs. En revanche, il ramène à un niveau d’environ 100 millions d’euros par an ses investissements industriels (contre 137 M en 2005) mais sans s’interdire de faire plus si nécessaire ni de saisir des opportunités d’investissements financiers.

Présent dans 26 pays, le n°1 mondial des spécialités fromagères occupe plusieurs positions majeures sur de nombreux marchés. Bongrain est ainsi n°2 des fromages en France, n°1 en Allemagne, n°1 des fromages frais en Espagne, n°1 des fromages français au Royaume-Uni, n°1 des fromages dans les PECO, n°1 au rayon Deli aux Etat.s-Unis, n°1 en fondus en Amérique du Sud.