L’indice IAA 80 d’Unigrains, composé des 80 plus grosses valeurs de l’agroalimentaire en Europe, s’inscrit en hausse au premier trimestre 2021 (+1,6 %), mais freine un peu l’allure par rapport à la reprise observée en fin d’année dernière. La sous-performance de l’IAA 80 par rapport au MSCI Europe s’explique par la poursuite des arbitrages des investisseurs au profit des valeurs cycliques, portées par l’annonce des vaccins et les perspectives de reprise économique.
Après le bilan négatif de l’an dernier, les valeurs européennes de l’agroalimentaire ont démarré 2021 dans le vert. L’indice IAA 80 d’Unigrains (1) affiche en effet sur les trois premiers mois de l’année une hausse de 1,6 %. Une croissance cependant inférieure à celle observée au dernier trimestre l’année passée (+3,3 %). Même chose pour l’indice MSCI Europe qui progresse de 7,8 % au premier trimestre 2021, après une hausse de 10,3 % au dernier trimestre 2020. Un tassement qui reflète « l’arrivée d’une troisième vague pandémique en Europe, selon l’analyste d’Unigrains. Le retard induit du redémarrage de la consommation hors-domicile entraîne une décélération particulièrement prononcée de la composante Boisson ». De fait, le sous-indice qui avait repris 16,2 % au quatrième trimestre 2020 gagne seulement 1,9 % au premier trimestre 2021. De son côté, le sous-indice Food qui perdait 2,7 % au dernier trimestre 2020, gagne 1,4 % début 2021.
Les "blue chips" à la traîne
Comme à la fin de l’année dernière, la moindre performance des valeurs agroalimentaires par rapport au MSCI Europe s’explique par la stagnation du sous-indice Lead 13 (+0,5 %) regroupant les treize plus grosses valeurs de l’agroalimentaire européennes (capitalisations supérieures à 10 Mrd€). En effet, sept valeurs de cet indice, soit plus de la moitié affichent une performance stable ou négative au premier trimestre 2021. « Parmi elles Nestlé (-0,1 %), Unilever (-3,2 %) et AB-Inbev (-5,7 %), qui représentent à elles seules 63 % de la capitalisation du sous-indicateur au 1er janvier », précise encore Unigrains. Des contreperformances qui reflètent les doutes des investisseurs sur la capacité de ces entreprises à améliorer leur rentabilité à moyen terme sur fond de hausse des prix des matières premières et des changements d’habitudes de consommation (nouveaux produits, nouveaux canaux de distribution), amplifiés et accélérés par la crise sanitaire, auxquelles elles vont devoir s’adapter. « En revanche, tous les sous-indices regroupant les valeurs de taille inférieure surperforment le MSCI Europe, avec une croissance globale de +10,1 % », précise le spécialiste d’Unigrains.
Pour l’expert d’Unigrains, « le retard de l’IAA 80 (+14,3 %) sur le MSCI Europe (+36,5 %) sur un an masque une meilleure résilience de l’agroalimentaire à travers la crise sanitaire ». La plus faible progression de l’IAA 80 par rapport au MSCI Europe depuis un an est à relier à la moindre volatilité des valeurs de l’agroalimentaire à travers le cycle. Si son rebond est moins prononcé depuis avril 2020 c’est aussi parce que sa chute au premier trimestre 2020 avait été moins marquée : il avait reculé de -17,4 %, contre -23,1 % pour le MSCI Europe. » L’indice global européen profite également d’une rotation des portefeuilles vers les valeurs cycliques, au détriment des valeurs défensives, depuis les annonces des vaccins et d’une augmentation des campagnes de vaccinations. Sur dix ans, l’IAA 80 conserve son avance avec une hausse de 7,5 %, alors que le MSCI Europe ne gagne que 4 %.
(1) L’IAA 80 est constitué de 80 valeurs cotées de l’agroalimentaire basées dans 13 pays d’Europe de l’Ouest, dont la capitalisation boursière est supérieure à 50 M€