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Bourse : résistance du secteur agroalimentaire européen en 2018

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L’IAA 80, l’indice des valeurs cotées de l’agroalimentaire en Europe de l’Ouest sélectionnées par Unigrains a abandonné 7,1 % au dernier trimestre 2018 et cède ainsi 10,6 % sur l’année. Mais sur 10 ans, les valeurs de l’agroalimentaire surperforment l’ensemble du marché, avec un gain de 10,1 %, alors qu’il n’est que de 4,7 % pour le MSCI Europe, l’indice de référence du marché boursier européen. Pour tenir compte de l’évolution des capitalisations boursières sur l’année écoulé, l’IAA 80 a subi quelques petits changements au 1er janvier 2019.

L’IAA 80, l’indice des valeurs cotées de l’agroalimentaire en Europe de l’Ouest sélectionnées par Unigrains a abandonné 7,1 % au dernier trimestre 2018 et cède ainsi 10,6 % sur l’année. Mais sur 10 ans, les valeurs de l’agroalimentaire surperforment l’ensemble du marché, avec un gain de 10,1 %, alors qu’il n’est que de 4,7 % pour le MSCI Europe, l’indice de référence du marché boursier européen. Pour tenir compte de l’évolution des capitalisations boursières sur l’année écoulé, l’IAA 80 a subi quelques petits changements au 1er janvier 2019.

Unigrain vient de publier le bilan du 4e trimestre 2018 de l’IAA 80, son indice des valeurs cotées de l’agroalimentaire en Europe de l’Ouest, qui dans le sillage du 3e trimestre 2018, a encore perdu du terrain. "Après une bonne année de croissance mondiale, le pessimisme s’est installé sur fond de hausse des taux et d’inquiétude quant à un potentiel ralentissement de l’économie, notamment lié à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine", estiment les experts d’Unigrains. L’IAA 80 a même accéléré sa chute sur les derniers mois de l’année, avec une baisse de 7,1 % sur la période (voir tableau ci-contre).

"Le secteur de l’agroalimentaire est néanmoins plus résistant que les entreprises européennes ou françaises dans leur ensemble", relève cependant Unigrains, le MSCI Europe (1) et le CAC 40 perdant respectivement 11,4 % et 13,5 % sur ces trois mois. Les experts d’Unigrains soulignent également que le Lead 11 (2), c’est-à-dire les plus grosses valeurs européennes de l’agroalimentaire, "est le seul à faire un peu mieux que l’IAA 80" sur ce dernier trimestre, avec une baisse limitée à 6,8 %. Et cela en dépit du plongeon d’ABInBev (-37 %), en partie compensé par la bonne tenue de Nestlé et d’Unilever, les deux plus gros composants de ce sous-indicateur sur la période.

De son côté, le Big 26 (3) chute de 10,8 %, affecté par les contre-performances de Fevertree (-41 %), Viscofan et Cranswick (-25 %). Une baisse à nuancer cependant selon Unigrains, puisque "Fevertree et Cranswick gardent selon les analystes de bons fondamentaux". Même constat pour Rémy Cointreau (-15 %) et Barry Callebaut (-16 %) dont les baisses ont pesé sur l’indice alors que "leurs perspectives de croissance pour 2019 restent bonnes".

Pour l’année 2018, le bilan de l’IAA 80 est certes négatif (-10,6 %), mais moins que celui du MSCI Europe (-15,1 %). À noter que le Mid 27 (4) et le Small16 (5) sont les grands perdants des 12 derniers mois, avec des baisses respectives de 24,8 % et 45,1 %. Mais globalement sur 10 ans les valeurs européennes de l’agroalimentaire continuent de surperformer le reste du marché européen. L’IAA 80 affiche en effet une progression annuelle moyenne de 10,1 %, alors qu’elle n’est que de 4,7 % pour l’indice phare européen.

Le Small 16 est certes dans le rouge sur les dix dernières années (-19,2 %), reflètant surtout selon Unigrains "la chute interminable de Deoleo (-41 %) et de Marie Brizard (-21 %), qui n’arrivent pas à résoudre leurs problèmes structurels". Sur 16 entreprises qui composent ce sous-indicateur regroupant les plus petites capitalisations du secteur, 10 affichent des croissances moyennes annuelles positives, parmi lesquelles le britannique Finsbury Food (+25 %), le français Eurogerm (+15 %) ou encore l’allemand Schloss Wachen (+14 %), relève encore l’expert.

Evolution de l’indice

Sans surprise, la valorisation des valeurs de l’IAA 80 a poursuivi sa tendance baissière, affichant au quatrième trimestre un multiple d’Ebitda moyen de 13,5x, contre 14,1x au troisième trimestre 2018. Un niveau à comparer à la valorisation moyenne des indices vedettes Euronext 100, FTSE 100 et SMI qui continue elle aussi de diminuer, à 9,6x au dernier trimestre 2018 contre 10,2x au trimestre précédent. "L’année 2017 aura constitué un pic dans les multiples d’Ebitda", note Unigrains, avec une descente amorcée à mi-année en 2018. Mais les multiples des IAA restent dans la fourchette haute sur les dix dernières années et largement au-dessus de la moyenne du marché européen.

Compte de l’évolution de la capitalisation boursière de valeurs composant l’IAA 80 l’an dernier, quelques petits changements sont intervenus au sein des 4 sous-indicateurs et de l’indice. Ainsi 9 sociétés ont été rétrogradées, note Unigrains. Aryzta, Bonduelle, Royal Wessanen et Savencia ont en effet quitté le Big pour intégrer le Mid et Marie Brizard, Hochdorf, Atria, Massimo Zanetti et Deoleo sont allés grossir les rangs de la catégorie Small. Seules 2 entreprises sont parvenues à améliorer leur classement sur le dernier trimestre 2018 : Grieg Seafood rejoignant le Big et Scottish Salmon le Mid. Ces deux valeurs bénéficient selon Unigrains "de la santé toujours florissante du secteur des produits de la mer". À noter aussi que le titre Hügli Holding, retiré de la Bourse à la suite de son acquisition par Bell Food, a été remplacé dans l’indice par l’italien BF spécialiste de produits à base de céréales et de légumineuses et des tisanes. Et enfin, dans le Small, le titre du chocolatier espagnol Natra a remplacé le brasseur danois Harboes Bryggeri, sorti de l’IAA80 alors que sa capitalisation boursière est passée sous la barre des 50 M€.

s et petites sont les grandes perdantes des 12 derniers mois

 

(1) Indice pondéré européen constitué de 439 valeurs tous secteurs d’Europe de l’Ouest.

(2) Lead : 11 valeurs affichant une capitalisation boursière supérieure ou égale à 10 Mrd€.

(3) Big : 26 valeurs affichant une capitalisation boursière comprise entre 1 et 10 Mrd€.

(4) Mid : 27 valeurs affichant une capitalisation boursière comprise entre 200 M€ et 1 Mrd€.

(5) Small : 16 valeurs affichant une capitalisation boursière inférieure à 200 M€.

Les valeurs américaines ont fait mieux que leurs homologues françaises l’an dernier

Comme l’IAA 80, l’US 52, composé des 52 plus grosses capitalisations boursières du secteur agroalimentaire du marché boursier américain, a cédé du terrain en 2018, "avec une accélération de la tendance en fin d’année" souligne Unigrains, mais dans des proportions un peu moindres. Ainsi, l’US 52 perd 4,9 % sur le dernier trimestre 2018 et 9,9 % sur l’année écoulée (contre respectivement - 7,1 % et - 10,6 % pour l’IAA 80). "Aux Etats-Unis, les acteurs qui restent dynamiques sont ceux qui répondent au mieux à l’appétit grandissant des consommateurs pour les régimes sains et personnalisés, que ce soit dans l’alimentation (Bridgford Foods Corp., Lancaster Colony Corp., The Simply Good Foods Co.) ou dans les boissons (The New Beverage Corp.)", explique Unigrains. En revanche, sur 10 ans, l’IAA 80 (+10,1 %) fait mieux que l’US 52 (+9,4 %).

À noter que l’indice US d’Unigrains a été réactualisé pour tenir compte de l’évolution au 1er janvier de la capitalisation boursière des valeurs qui le composent. Ainsi Rocky Mountain Chocolate Factory Inc. et Lifeway Foods, toutes les deux en très forte baisse (respectivement de -24 % et -76 %) ont été retirées. À l’inverse, The Simply Good Foods Company (aliments nutritionnels et en-cas), dont les actions ont été introduites sur le marché en juillet 2017 avec une capitalisation boursière (CB) supérieure à 700 M€ ont rejoint l’indice US. Un niveau rapidement dépassé, puisqu’elle affichait une CB de 1,3 Mrd€ au 1er janvier 2019. "L’entreprise a bénéficié de la croissance à deux chiffres de ses ventes, tirées par une forte demande", explique Unigrains. De même, Creek’s (50 M€ de CB au 1er janvier 2019) bien connu pour sa marque Ginger Beer, a fait son arrivée dans l’indice.