Abonné

Bovins vifs : un bateau recalé du port d’Alger, les conditions de transport critiquées

- - 2 min

Parti du port de Sète début septembre, un navire transportant plusieurs centaines de bovins français a vu son débarquement refusé au port d’Alger par les autorités locales pour une « différence d’interprétation » de documents sanitaires, a expliqué le cabinet du ministre de l’Agriculture lors d’un point presse le 21 septembre, réagissant à une alerte de l’ONG Welfarm. Le différend porterait sur l’interprétation des documents joints au certificat d’exportation de trois animaux, indiquant « IBR positif » en raison de leur vaccination contre la rhinotrachéite infectieuse bovine, selon le cabinet. Le navire doit revenir prochainement au port de Sète, où les animaux seront euthanasiés en raison du risque d’introduction de la fièvre aphteuse lié à leur affouragement dans le port d’Alger.

L’ONG Welfarm a alerté publiquement les autorités sanitaires, françaises, communautaires et internationales, s’inquiétant notamment des « souffrances infligées aux animaux » en raison de la durée du trajet, et des conditions de vie dans ces navires qu’elle qualifie de « cargos-poubelle ». L’association craignait que ne se renouvelle le scénario des navires Elbeik et Karim Allah : « En 2021, ces deux bateaux étaient partis d’Espagne et s’étaient vu refuser l’accès aux ports de destination pour une suspicion de fièvre catarrhale, retrace Welfarm. Les animaux avaient passé des mois à errer en mer Méditerranée, avant d’être tués à leur retour en Espagne. »

Le cabinet du ministère assure que le navire a été contrôlé à son départ, que les animaux ont été alimentés en eau et fourrage durant tout le transport, et promet une inspection à l’arrivée du navire en France. La France exporte chaque année 1,5 million de têtes de bovins vifs, dont 80 000 à 100 000 à destination de l’Algérie.

Welfarm s’inquiète de la durée du trajet