Brioche Pasquier vient de conclure le rachat de la société Albatros, PME vendéenne devenue en 20 ans le leader européen du croûton et du mini-toast. Réalisant 18,8 M EUR de chiffre d’affaires avec un résultat positif de 14 %, Albatros avec son site de Fontenay-le-Comte (100 personnes) vient renforcer le pôle biscottes et pain braisé récemment constitué au sein du n°1 de la viennoiserie.
La croissance externe n’est jamais finie chez Brioche Pasquier. Du moins, l’année 2006 aura été riche en acquisitions et la dernière en date, signée le 1er septembre par Serge Pasquier, un mois exactement après son retrait complet de la Bourse, a ciblé une petite entreprise vendéenne fort enviable, Albatros, n°1 national des croûtons et mini-toasts et fort bien implantée déjà dans une dizaine de pays étrangers.
François Gousseau, qui avait repris la biscotterie Albatros à son fondateur il y a vingt ans, a opté pour cette cession à 100 % au groupe angevin Brioche Pasquier, parce que « à 56 ans, sans solution de transmission familiale, et à la tête d’une entreprise performante mais trop petite à terme », il n’y avait pas, à ses yeux, de meilleure issue. Même si des financiers auraient pu ravir l’affaire au vu de ses lauriers passés, ils n’auraient sans doute pas pu faire jouer aussi vite les synergies envisagées par le repreneur industriel .
François Gousseau conserve néanmoins la Société languedocienne de panification à Saint-Martin de Londres, près de Montpellier (biscottes et notamment la marque « bio » Borsa) qui réalise quelque 6 M EUR de chiffre d’affaires et dans laquelle un investissement avait été effectué récemment cf Agra Alimentation n° 1899 du 06/10/05,p. 22 .
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« Stratégique »
Pour le groupe Pasquier, acquéreur coup sur coup cette année de Sopafi (marque L’Angevine), n°2 de la biscotte, et de Picard (Auga), le rachat d’Albatros conforte encore plus son pôle de panification sèche « biscottes et pain braisé européen » et lui apporte des spécialités nouvelles, croûtons et mini-toasts braisés – un marché en croissance en France de 5 à 10 % (grâce à la vogue des soupes, des salades et des tapas). L’entreprise, dont François Gousseau était le seul propriétaire, est reprise à un prix qui n’est pas révélé mais qui tient compte de ses performances, un chiffre d’affaires qui a été multiplié par quatre en 20 ans pour s’établir à 18,8 M EUR et un résultat d’exploitation d’un peu plus de 13 %, soit 30 fois celui qu’il dégageait en 1986. Elle a été recentrée sur ses spécialités afin de ne plus lutter avec les géants du marché de la biscotte (tandis que Vico et Flodor renonçaient à leur activité croûtons), et a bénéficié d’investissements réguliers afin de suivre ses nouveaux marchés, McDo notamment, ainsi que des exportations aussi bien au Canada qu’en Scandinavie ou en Australie et bien sûr dans nombre de pays d’Europe (soit au total quelque 45 % de son chiffre d’affaires).
Serge Pasquier se félicite d’adjoindre à son groupe « une activité de niche ouverte au grand export » et prévoit de dynamiser rapidement l’entreprise acquise, « puisqu’elle pourra fournir sa filiale espagnole Recondo, qui commercialisait jusque-là des mini-toasts qu’elle ne produisait pas, tandis que Auga était en fait client …d’Albatros ». Ce rachat, qui correspond bien toujours au métier de boulanger des dirigeants de Pasquier, continue aussi de rééquilibrer leurs activités, désormais aussi importantes en panification sèche qu’en pâtisserie (un quart du chiffre d’affaires chacun) face à son pôle d’origine, la viennoiserie préemballée, qui pèse la moitié du total. Calculé en triple net, le groupe angevin, dont les comptes annuels ne seront établis que dans un mois, a porté son chiffre d’affaires (hors coopération commerciale donc) à 480 millions d’euros et entend se ménager en principe une pause pour digérer ces derniers développements.