«Les récoltes sont en fortes baisses et les éleveurs rencontrent des difficultés en terme d’alimentation », se sont alarmées les délégations allemandes, françaises, autrichiennes et italiennes auprès de la Commission le 18 juillet. Elles appelaient Bruxelles à « rechercher les solutions appropriées » pour faire face à la canicule et plus largement à la sécheresse qui touche l’Europe depuis le mois de mars. Une des mesures prises alors par la Commission est la suspension des restitutions à l’exportation pour les céréales. La mesure n’a pas été sans faire grincer des dents du côté des gros producteurs céréaliers français, malgré les baisses de production. Elle vise à décourager les exportations de blé tendre, d’orge et de seigle. Mais suffira-t-elle pour éviter une pénurie sur les marchés européens ? Selon les expertises de la Commission, l’impact de la sécheresse sur les récoltes s’élèvera à 2 % de baisse des rendements pour les pommes de terre et jusqu’à 25% en moins pour le tournesol. La perte de production attendue pour le blé est de quelque 10 millions de tonnes par rapport à la dernière campagne agricole, soit environ 10 %. Outre la quantité, la qualité des récoltes devrait aussi s’en ressentir, particulièrement dans le centre et le sud de l’Europe.