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Développement rural Bruxelles veut réduire la « fracture de l’internet à haut débit »

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Alors que 93% des Européens, en moyenne, peuvent accéder à l’internet à haut débit, ce chiffre n’est que de 70% dans les zones rurales, et dans certains pays, tels que la Grèce, la Pologne, la Slovaquie, la Bulgarie ou la Roumanie, le taux de couverture de la population rurale tombe à 50% ou moins. Partant de ce constat de « fracture », la Commission de Bruxelles a adopté le 3 mars une communication soulignant la nécessité et recensant les moyens de soutenir, au niveau communautaire et national, le développement des technologies de l’information et de la communication dans les régions déficitaires en infrastructures.

L’objectif est de parvenir au « haut débit pour tous » d’ici 2010, car, souligne la commissaire chargée de la société de l’information, Viviane Reding, « ces technologies représentent la moitié de la croissance de la productivité dans l’UE, et les pays européens ne peuvent pas se permettre d’en priver leurs zones rurales, à plus forte raison en cette période de crise économique ».

Dans son plan de relance économique, la Commission propose d’ailleurs d’augmenter la dotation du Fonds européen de développement rural (Feader) de 1,250 milliard d’euros et de consacrer les deux tiers de cette somme au renforcement des réseaux d’internet à haut débit Voir n° 3192 du 02/03/09. Parallèlement, elle appelle les Etats membres, les régions et les collectivités locales à adapter leurs programmes de développement rural afin que les technologies de l’information et de la communication et les connexions internet y occupent une place adéquate, notamment lors de l’examen à mi-parcours des plans nationaux qui aura lieu en 2010.

Rompre l’isolement et améliorer la compétitivité

Une bonne connexion à l’internet peut rompre l’isolement des exploitations agricoles et des entreprises, notamment les PME, en milieu rural et améliorer leur compétitivité parce qu’elle permet d’accéder aux marchés internationaux et de travailler plus efficacement, souligne la Commission.

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80 % des exploitations suédoises, par exemple, ont accès à l’internet, un tiers d’entre elles l’utilisant quotidiennement et un tiers y ayant même recours pour introduire des demandes d’aide communautaire. En revanche, dans d’autres régions, par exemple en Toscane ou en Hongrie, les trois quarts des exploitants agricoles n’utilisent pas l’internet, ce qui rend plus difficiles la planification de la production, la commercialisation des produits et l’accès aux prix sur les marchés internationaux, la consultation des prévisions météo ou encore l’établissement d’accords de coopération avec d’autres acteurs du marché.

Les exploitants agricoles ne sont pas seuls dans cette situation : dans l’ensemble de l’Europe, 22,5% seulement de la population rurale utilise des services gouvernementaux en ligne tels que la déclaration fiscale par internet, alors que ce chiffre est de 32,9% dans les zones urbaines. La Commission organise une conférence sur le haut débit à Turin les 2 et 3 avril prochains.