Les représentants des États membres auprès de l’UE ont approuvé le 10 juillet la position du Conseil sur le projet de budget communautaire 2020, prévoyant par rapport à l’exercice en cours une hausse de 0,6 % des crédits d’engagement, à 166,8 milliards €, et de 3,3 % des paiements, à 153,1 Mrd €. En baisse de respectivement 1,5 Mrd € et 508,8 millions € par rapport à la proposition présentée par la Commission européenne le 5 juin (1), ces chiffres reposent sur l’hypothèse selon laquelle le Royaume-Uni continuera à participer pleinement au financement et à la mise en œuvre du budget jusqu’à la fin de 2020.
Paiements directs et développement rural
La position arrêtée par les ambassadeurs, qui doit encore être formellement adoptée par les Vingt-huit début septembre, servira de mandat à la présidence finlandaise du Conseil pour les négociations à mener avec le Parlement européen sur le budget 2020, le dernier au titre du cadre financier pluriannuel actuel. Elle prévoit 43,293 Mrd € en engagements (+0,23 % par rapport à 2019) et 43,262 Mrd € en paiements (+0,34 %) pour les aides directes et les mesures de marché agricoles, contre 43,532 et 43,502 Mrd € proposés par la Commission. Un poste budgétaire pour lequel le plafond des dépenses annuel est fixé à 43,888 Mrd €.
14,709 Mrd € en engagements (-0,13 %) et 13,141 Mrd € en paiements (-0,05 %) sont prévus pour le développement rural, soit les mêmes montants que ceux proposés par la Commission.
(1) Voir n° 3696 du 10/06/19
(2) Voir n° 3698 du 22/06/19
(3) Voir même numéro
À l’ordre du jour de la Comagri
Le projet de budget 2020 de l’UE est à l’ordre du jour de la réunion du 23 juillet de la commission de l’agriculture du Parlement européen (Comagri). Son rapporteur, le social-démocrate italien Paolo De Castro, « regrette profondément » la réduction, même très faible, des crédits prévue pour le développement rural. Il « regrette » aussi la baisse des fonds destinés aux organisations de producteurs de fruits et légumes (-14,6 millions €) ainsi que « l’absence de crédits pour le secteur de la viande de volaille qui souffre d’une distorsion inéquitable des échanges avec l’Ukraine » (2).
En revanche, l’eurodéputé salue la proposition de la Commission européenne d’allouer 50 Mio € à des mesures pour la viande bovine afin de soutenir ce secteur en cas de difficultés de marché liées au Brexit. Un secteur qui, toutefois, devra faire face à une « pression supplémentaire » inquiétante du fait de l’accord commercial avec le Mercosur (3).