Le groupe britannique Cadbury Schweppes a confirmé la semaine dernière la rumeur concernant la prochaine mise en vente de sa division européenne de boissons Le groupe se recentrerait ainsi sur son activité confiserie et sur les boissons en Amérique du nord et en Australie.
Outre le célèbre tonic Schweppes, la division boissons dont le groupe Cadbury Schweppes dit vouloir se défaire en Europe comprend de nombreuses marques fortes comme Orangina, Pampryl, Oasis, Gini, Apollinaris, etc. En annonçant officiellement leur mise en vente, le groupe britannique attise déjà les convoitises pour une activité évaluée à plus d’un milliard de livres.
« Notre division dispose d’un formidable portefeuille de marques, d’une direction talentueuse et d’une bonne pénétration sur le marché », a estimé Todd Stitzer, directeur général du numéro trois européen du secteur, avec 1,7 milliard de litres de sodas, jus de fruits et eaux minérales vendus en 2004.
« Cependant, le potentiel de croissance et de création de valeur des autres activités du groupe est meilleur », a-t-il ajouté, citant la confiserie (chocolat, chewing-gums) et les boissons non alcoolisées aux Etats-Unis et en Australie.
Recul des ventes de 6%
Le groupe compte utiliser les fruits de cette vente pour réduire sa dette, qui était fin juin de 3,47 milliards d’euros, mais aussi pour innover avec un nouveau parfum cerise-vanille de son soda Dr Pepper et de nouvelles versions de ses chewing-gums Trident (Freedent en France).
« Le marché des boissons non alcoolisées en Europe est en croissance, mais la situation dans certains pays n’est pas si bonne en ce moment », a expliqué une source proche du dossier, citant en particulier la France, l’un des deux principaux marchés du groupe sur le continent avec l’Espagne.
Les ventes de la division ont reculé de 6 % l’an dernier et Cadbury Schweppes a vu sa part de marché reculer en France, en Espagne et en Allemagne, où il réalise 85 % de son chiffre d’affaires européen, alors qu’elle a progressé aux Etats-Unis.
Abondance de candidats
Il n’empêche que les candidats à la reprise, qui incluera aussi les marques de boissons et d’eaux minérales TriNa, La Casera, Apollinaris, Pampryl, Gini et Vida, devraient être nombreux. Ce pourrait être une société de placement privé ou un groupe opérant dans le secteur alimentaire.
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On cite aussi les groupes britanniques Britvic (propriété d’InterContinental Hotels), l’autre grande marque de tonic du pays, et Whitbread, ainsi que Pernod Ricard, PepsiCo ou l’Irlandais C&C Group.
La candidature du groupe français Pernod Ricard serait néanmoins surprenante alors qu’il vient de mettre 7,4 milliards de livres (10,7 mds EUR) sur la table pour racheter Allied Domecq et qu’il avait vendu Orangina à Cadbury en 2003.
Le géant américain Coca-Cola quant à lui ne devrait pas se lancer dans la bataille car il se heurterait à de trop grands obstacles en matière de régulation et de concurrence, comme ce fut le cas en 1999 lorsque Schweppes avait essayé de lui vendre ses boissons européennes. PepsiCo n’aurait pas les mêmes problèmes mais peu d’analystes le voient se lancer dans la bataille.
« Les candidats au rachat les plus probables seront les sociétés privées de placement », avance-t-on chez les analystes, chez qui circulent les noms des fonds américains Carlyle et Kohlberg Kravis Roberts & Co.
Un prix envisagé de 1,5 milliard d’euros
Le marché parie sur une valorisation non négligeable de ces activités : on estime que la division boissons en Europe de Cadbury, qui réalise un chiffre d’affaires de 953 M EUR et dégage un bénéfice de 170 millions, devrait être rachetée entre 1,5 et 1,7 milliard d’euros. « Les boissons non alcoolisées sont une activité très rentable et Cadbury a de bonnes parts de marché en France et en Espagne », souligne-t-on. « Les tendances sont les mêmes en Europe que dans les autres pays développés, avec un déplacement des sodas traditionnels vers les boissons à faible teneur en calories, et les eaux minérales ».
La division mise en vente par Cadbury emploie 3 000 personnes. Le groupe possède des usines d’embouteillage en Allemagne, Espagne, Portugal et Belgique et dispose d’un accord avec San Benedetto en France. Dans les autres pays européens, il opère sous licence.