Sur le salon Space de Rennes, mercredi 19 septembre après-midi. Dans le Hall 5, des vigiles costauds sont attentifs à prévenir toute violence, autour des stands de la Cooperl, de Terrena et du Crédit agricole. Il faut dire qu'il y a foule autour de ces stands. Celui de la Cooperl est assailli. Nombre d'éleveurs entendent avoir accès à cette coopérative tant décriée sur le marché porcin breton ces derniers jours. Mais ce n'est pas pour la mettre en procès ou lyncher ses dirigeants. Non. C'est pour venir discuter avec ses commerciaux, nouer des affaires, discuter qualité, prix, appro. Ils sont sans doute, en grande partie, de ses adhérents. Des éleveurs qui ne partagent pas le procès qui est fait à leur coop.
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Que se passe-t-il en fait dans le monde coopératif ? Il fut un temps où celles-ci étaient promptes à défendre le monde agricole en général, une philosophie globale, un peu vague mais correspondant bien à un certain esprit mutualiste qui règne en agriculture. Aujourd'hui, depuis la fin des régulations de marché, depuis la mondialisation et l'arrivée d'une période de risque économique, les coopératives défendent leurs adhérents avant tout. Avec une stratégie entièrement tournée vers la satisfaction de leurs besoins, soit par les prix payés, soit par les ristournes en fin d'année. De manière assez similaire à une entreprise capitaliste qui défend l'intérêt de ses actionnaires. Du coup, on voit une Cooperl se retirer du marché au cadran du porc de Plérin, tout en donnant à ses adhérents, à eux seulement, les prix qui y sont pratiqués. Une coop n'est pas moins coopérative mais elle ne l'est que pour ses adhérents. Une sorte de « capitalisme coopératif » en somme. Reste aux autres éleveurs à se débrouiller, à trouver leur propre structure, coopérative ou capitaliste, pour commercialiser leur production. Un éleveur qui restera seul face au marché risque de trouver la situation très dure.