Le danois Carlsberg, qui a racheté en 2008 Scottish&Newcastle avec son concurrent Heineken, a affiché des résultats solides sur cet exercice, avec un chiffre d’affaires en hausse de 33,9 % à près de 60 Mds de couronnes et un bénéfice annuel de 7,9 Mds. Toutefois, face au spectre mondial de la récession économique, la direction reconnaît la nécessité de se serrer la ceinture en 2009, en restructurant les activités et en réduisant ses dettes.
Les résultats du groupe danois Carlsberg, 5 e brasseur mondial, s’ils ont montré sur l’exercice écoulé des hausses notables sur toute la ligne, les plus élevées des cinq dernières années, n’en ont pas moins été affectés par la crise économique, résultant en une perte avant impôts de 1,24 milliard de couronnes (166 millions d’euros) au quatrième trimestre.
Le bénéfice net part du groupe a progressé sur l’ensemble de l’exercice de 14,5% à 2,63 milliards de couronnes (353 millions d’euros) contre 2,29 Mds en 2007. Le résultat net a bondi de son côté de 23,5% à 3,20 Mds de couronnes. Le bénéfice d’exploitation EBIT a augmenté simultanément de 51,6% à 7,97 Mds pour 5,26 milliards lors de l’exercice précédent. Les exceptionnels en 2008 ont influé négativement sur le résultat de -1,64 milliard de couronnes contre -427 millions en 2007 en raison de coûts de licenciements suite à la vente de Türk Tuborg, de restructurations en France et de tests de brasseries en Angleterre et en Allemagne.
Forte croissance en Europe de l’Est
Le chiffre d’affaires s’est affiché en hausse de 33,9% à 59,94 Mds de couronnes contre 44,75 milliards en 2007. Les ventes de bière en volume ont atteint 109,3 millions d’hectolitres contre 82 millions en 2007, avec 51 millions vers l’Europe occidentale (+14,8%) et 46,8 millions en Europe de l’Est (+68,9%). Carlsberg, leader sur le marché russe, s’est renforcé dans ce pays, en dépit d’un marché de la bière en recul de 0,4% en 2008, détenant 38,3% de parts de marché contre 37,6% en 2007.
Le groupe brassicole, en se portant acquéreur de Scottish&Newcastle avec son concurrent Heineken, a pris entre autres le contrôle du français Kronenbourg. Peu après, il du faire face à une détérioration « pire que prévu » des conditions sur les marchés d’Europe du Nord, de l’Ouest et de l’Est au cours des trois derniers mois de l’année dernière, suite à un ralentissement de la consommation.
Face aux incertitudes en 2009, le groupe, tout en maintenant sa stratégie à long terme, a décidé de lancer un nouveau plan d’action afin d’assurer de meilleurs résultats qu’en 2008. Le groupe prévoit ainsi pour 2009 un chiffre d’affaires d’environ 63 Mds de couronnes, un résultat d’exploitation de plus de 9 milliards et un bénéfice net de plus de 3,5 Mds.
« Nous reconnaissons qu’il y a une crise qui touche les consommateurs et qui nous affecte. C’est pourquoi nous regardons de très près nos dépenses, nos restructurations (...) afin d’avoir de bons résultats en 2009 aussi », a déclaré à la presse le p.-d.g. de Carlsberg, Joergen Buhl Andersen. Carlsberg est, selon lui, « bien armé » pour relever « une année 2009 pleine de défis », et le groupe est « prêt à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le mieux possible ses activités ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Plans de restructurations
En 2009, « nous devons par conséquent nous concentrer pour améliorer notre cash flow, assurer nos gains, et réduire nos coûts et nos investissements d’infrastructures », a-t-il ajouté. Pour y parvenir, Carlsberg va « continuer à augmenter son efficacité, à restructurer ses activités et à fermer des brasseries », selon son directeur financier Joern P. Jensen, sans donner plus de détails à ce sujet.
Carlsberg veut également réduire plus rapidement sa dette nette qui s’élevait à la fin de l’année dernière à 44,2 milliards de couronnes, grâce à un cash flow de plus de 6 milliards de couronnes attendu en 2009.
Carlsberg est ainsi déterminé à étendre ses plans de restructuration annoncés le 15 janvier dans les pays nordiques et baltes à tous les marchés « en raison de conjonctures mondiales défavorable ».
Ces restructurations à venir « concerneront tous les marchés et toutes les fonctions du groupe dans le but de compenser le faible développement macro-économique » selon la direction.
Le p.-d.g. de Carlsberg ne regrette pas l’acquisition coûteuse de Scottish&Newcastle (SN), « réalisée au bon moment et qui a fait de Carlsberg une entreprise d’une autre dimension aujourd’hui, présente sur des marchés en expansion ». « Dans les conditions de financement actuelles, a-t-il estimé, ce rachat d’une telle ampleur aurait été impensable aujourd’hui ».