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Galeries Lafayette et Casino s’opposent sur la valorisation de Monoprix. Les négociations ont commencé entre les deux groupes qui co-contrôlent le distributeur, le second étant prêt à reprendre les parts du premier. Mais elles ont achoppé sur la valorisation, et pris un tour juridique. « Peu après avoir évalué sa participation à 1,95 Md EUR dans le cadre du processus d’évaluation, Galeries Lafayette a en effet adressé à Casino une offre de vente à 1,35 Md EUR, que Casino a rejetée, sa banque conseil ayant, durant le processus, évalué la participation de Galeries Lafayette à 700 M EUR», indique Casino dans un communiqué. Devant l’impossibilité de parvenir à un accord sur la valorisation, Galeries Lafayette a assigné Casino en justice pour faire valoir sa valorisation, et a fait voter la prorogation du mandat de président-directeur général de Philippe Houzé, p.-d.g. des Galeries Lafayette, alors que ce poste devait revenir à Casino à partir du mois de mars. Ce dernier « va saisir les juridictions compétentes pour faire respecter par Galeries Lafayette ses engagements », a-t-il indiqué dans un communiqué. Le chiffre d’affaires 2011 de Monoprix s’établit à près de 4 Mds EUR, en hausse 3,2%. Le bénéfice net, à 175,5 M EUR, a légèrement reculé (- 2,5 %). L’enseigne se félicite dans un communiqué d’une année 2012 qui « démarre très positivement » avec une croissance des ventes comparables supérieure à 5,5% sur les sept premières semaines. Monoprix est présent dans plus de 200 villes en France avec 440 magasins et 20 000 collaborateurs.
Le conflit entre les deux partenaires a toutes les chances de se prolonger. Lors de la présentation des résultats de son groupe, devant la presse et les analystes financiers, Jean-Charles Naouri, président-directeur général de Casino, a avoué « ne pas comprendre la tactique de Galeries Lafayette et attendre que la sérénité revienne ». Interrogé sur la réaction de l’Autorité de la concurrence en cas de succès de la prise de contrôle de Monoprix qui donnerait une position largement dominante à Casino sur Paris intra-muros, déjà mise en cause il y a quelques mois par l’administration, Jean-Charles Naouri a assuré « qu’il se plierait aux éventuelles décisions de l’Autorité, car son groupe a toujours respecté la loi ». Il fait cependant remarquer qu’il réfute les chiffres faisant état d’un contrôle de 60% du marché de l’alimentation parisienne par les divers magasins du groupe. Il fait également remarquer que bon nombre de Parisiens vont faire leurs courses dans les hypermarchés au-delà du périphérique à Auteuil ou Levallois Perret et que ces achats devraient être pris en compte.