Tout le monde se levait pour Danone, mais la remontée actuelle de son cours de bourse ne provoque plus guère d’émotion. D’autre part, on dit maintenant que l’Elysée (qui a démenti, il est vrai) serait intervenu sur le dossier Taittinger pour barrer la route au Belge Albert Frère et permettre à la famille d’emporter le morceau auprès de l’américain Starwood et de redevenir propriétaire de ses champagnes avec l’appui notamment du Crédit agricole du Nord-Est.

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Cherchez l’erreur. Car il est quand même plus facile aujourd’hui de convoiter, voire d’emporter une proie dans l’industrie française que de gérer à sa guise ensuite la société acquise. Tel est sans doute le sentiment des dirigeants californiens d’HP, vu la vigueur des réactions françaises contre leur plan de suppression d’emplois chez Hewlett-Packard à Grenoble. Si non seulement les élus locaux, mais même le chef de l’Etat, là encore, veut faire barrage en appelant la Commission européenne à la rescousse, on ne voit pas très bien en fait au nom de quelle logique. Car sur quelles bases a été menée jusqu’ici la politique à l’égard des investissements étrangers que s’emploie à rabattre la Datar par exemple ? Et pour en revenir à l’agroalimentaire, on ne sache pas que le rachat de Flodor, de Vico ou du Cabanon, pour ne prendre que quelques cas – et de réussite très inégale – aient eu l’air de faire problème. Mais a-t-on toujours posé nos conditions (en termes de pérennité, de maintien des emplois ou de liens avec l’amont agricole) ? Dans nombre de secteurs, on est parfois réduit à s’en mordre les doigts…