La résilience alimentaire aura bientôt un cadre normatif. L’Afnor (Association française de normalisation) et le CNRA (Conseil national de la résilience alimentaire) ont présenté, à l’occasion de la deuxième journée parlementaire organisée par le CNRA le 12 octobre, leurs travaux sur une future norme Spec de « résilience alimentaire » à destination des collectivités territoriales. Le document, corédigé par les parties prenantes, doit être publié en 2023. Intégrer la norme permettrait, par exemple, d’avoir accès à des taux d’intérêt réduits. « Les normes Spec sont un processus un peu nouveau, une sorte de prénormalisation qui donne un premier niveau de certification », a expliqué Sandrine Espeillac, responsable du pôle agroalimentaire à l’Afnor. Ce processus accéléré permet de publier une norme en moins d’un an. Il a été utilisé la première fois au début de la crise Covid pour créer rapidement une norme sur les masques en tissu.
Pour élaborer la norme sur la résilience alimentaire, les parties prenantes « partent de l’existant, des bonnes pratiques sur les territoires », précise Sandrine Espeillac. Des représentants des filières sont associés à l’élaboration de la norme, comme le marché d’intérêt national (MIN) de Toulouse. « Le but est d’objectiver la résilience alimentaire sans exclure. Souvent, quand on normalise, on pénalise, notamment les petits producteurs qui n’ont pas les moyens de suivre, souligne sa directrice, Maguelone Pontier. L’avantage de la Spec, c’est qu’elle se base sur le volontariat. » L’Afnor espère que les travaux français inspireront à l’avenir d’autres pays. Une norme Spec sur le gaspillage alimentaire dans la grande distribution est également en cours de finalisation.