Trois questions à Paul Rouche, directeur délégué du Sniv
Quelle stratégie sous-tend la restructuration de Danish Crown au Danemark ?
Danish Crown a une vision européenne de ses implantations et une vision mondiale de ses exportations, d'où une vision très libérale sur l'étiquetage par exemple. Les annonces de janvier sont dans la droite ligne de ce que fait le groupe depuis plusieurs années (fermeture de deux sites, réduction des effectifs dans l'abattage et ouverture de négociations dans deux abattoirs, ndlr). Les activités à fort besoin de main d'œuvre sont délocalisées en Allemagne et en Pologne, où Danish Crown a beaucoup investi ces cinq dernières années. Ça a commencé par la découpe et l'élaboré et ça se poursuit avec l'abattage.
Cette stratégie est-elle payante ?
C'est une des entreprises du secteur qui a gagné le plus d'argent l'an dernier (270 millions d'euros de résultat d'exploitation et 212 millions d'euros de résultat net pour 7,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2011/2012, ndlr). Je vous laisse comparer avec la situation en France. L'affaiblissement de Vion ou encore la suspension des exportations de Tönnies vers la Russie et vers la Chine pour des questions d'agrément a profité à Danish Crown, qui a gagné des parts de marché. Leurs exportations vers la Russie ont augmenté de 40 %. Rien ne va arrêter leur restructuration et leur progression. Ils ne se contentent plus d'exporter des porcs pour l'abattage, ils travaillent aussi avec l'élevage polonais.
La destruction d'emplois au Danemark ne risque-t-elle pas de susciter une opposition ?
C'est vrai, il y a moins d'emplois au Danemark mais le siège reste là-bas. Le porc est une activité très importante dans l'économie danoise et ils font rentrer de l'argent. Je ne pense pas que la question de l'emploi puisse inverser la tendance.